Le jour d'après...

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Le jour d'après...
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Au lendemain du départ des six sacrifiés du désastre romain, l'équipe de France est entrée ce mardi, à Marcoussis, de plein pied dans la préparation de son dernier match du Tournoi face au Pays de Galles. Mais entre les actes de contrition des joueurs devant la presse et l'absence remarquée de Marc Lièvremont à l'entraînement, les stigmates du fiasco italien ne sont pas près d'estomper. Quoi qu'ils en disent...

Au lendemain du départ des six sacrifiés du désastre romain, l'équipe de France est entrée ce mardi, à Marcoussis, de plein pied dans la préparation de son dernier match du Tournoi face au Pays de Galles. Mais entre les actes de contrition des joueurs devant la presse et l'absence remarquée de Marc Lièvremont à l'entraînement, les stigmates du fiasco italien ne sont pas près d'estomper. Quoi qu'ils en disent... C'est un CNR baigné d'un doux soleil d'hiver qui accueille les six petits derniers du XV de France. On aimerait y voir le signe d'un nouveau départ... Mais que viennent-ils faire dans cette galère ?, serait pourtant plus de circonstance pour apprécier les retours des Estebanez, Papé, Schuster, Lapandry, Marty et Palisson, ces deux derniers étant conviés à débuter samedi, sur la pelouse du Stade d'un France qu'il s'agira de reconquérir. Bon courage ! Pourtant, Pascal Papé ne risque pas de faire la fine bouche, lui qui depuis 2007 et son éviction dans la dernière ligne droite avant la Coupe du monde en France connait mieux que quiconque la valeur d'une participation au tournoi mondial. C'est l'équipe de France quand même, dans un contexte particulier, mais c'est comme ça... Je n'allais pas dire non, non plus. Le Parisien, qui rongeait son frein depuis la tournée de juin dernier, privé des tests d'automne sur blessure, veut jouer sa chance à fond, le reste lui importe peu... J'ai ressenti un groupe frustré, abattu, énervé parce que l'équipe n'avait pas donné son maximum. Ça a gueulé, mais c'est normal, de la même façon que gueule en club. De ce point de vue-là, ça ne me change pas trop... (sourires) Mais depuis hier soir et aujourd'hui (mardi), on est passé à autre chose. Maintenant, c'est dans le rétro, ce match, on ne pourra plus le gagner, il y a un gros challenge qui nous attend samedi. Et d'ajouter: La motivation pour moi est vraiment extrême. Ça fait vraiment chier six mois sans équipe de France. J'éprouve en tout cas une grande fierté à être là. Ouf ! Le maillot bleu signifie encore bel et bien quelque chose. Bonnaire: "On ne dévoilera pas les secrets" Il y a donc la fraîcheur et l'envie des rentrants, conscients de jouer beaucoup à l'occasion de ce dernier match officiel avant l'annonce des trente pour la Nouvelle-Zélande, et puis il y a les autres, les battus, qui de retour face aux micros et aux stylos, avides de restituer l'intimité de ces dernières heures brûlantes au CNR, et notamment cette fameuse explication du dimanche soir avec le coach, multiplient les actes de contrition. Et appellent à la paix des braves autant qu'à la rébellion samedi face aux Gallois. La purge des rancoeurs et des frustrations a donc eu lieu dimanche soir au cours d'une réunion orchestrée dès le retour de Rome. Joueurs et entraîneur se sont refusés à entrer dans le détail de la discussion. "On ne dévoilera pas les secrets. On s'est dit des choses à l'interne du groupe et ça restera dans le groupe", oppose Julien Bonnaire, le seul Tricolore au coeur d'Italien, selon les propres termes du sélectionneur, pour exprimer le refus collectif de s'épancher. Au fil des déclarations, il apparaît que la discussion a été, selon l'entraîneur, "agitée" et même "assez violente en termes d'explication, en termes de déception, en termes de honte". (voir: Lièvremont: Il n'y a pas trahison) Au nom des joueurs, l'ancien capitaine Lionel Nallet confie: "On s'est dit ce qu'il y avait à se dire. Tout le monde était à l'écoute, tout le monde avait besoin de dire son ressenti. Forcément, il y a des choses qui ne font pas plaisir, ni à l'un, ni à l'autre, mais au moins ça fait avancer." "Tout le monde s'est remis en question, tout le monde a su s'insulter, se dire qu'on avait été minables", ajoute Vincent Clerc. "La discussion de dimanche a fait du bien, mais il y a eu d'autres discussions", complète Morgan Parra. Durant cette fameuse discussion, les joueurs ont répondu aux regrets de leur entraîneur par une autocritique. "L'autocritique du groupe, c'est qu'on est passé à côté du match, qu'on n'est pas rentré dans le combat", dit Nallet, auteur d'une analyse sans concession de sa performance. "Mon autocritique à moi est simple. J'ai peut-être un peu rêvé avant ce match de l'Italie. Je me voyais plus sur le fait de jouer un peu au ballon, de briller et, en fin de compte, je ne sais pas faire, je ne prends pas de plaisir à ça et je suis très déçu de mon match." Une démarche digne, dont on espère qu'elle aura inspiré plus d'un de ses coéquipiers. La rupture, quelle rupture ? A les écouter endosser ainsi un à un, sans rechigner, leurs responsabilités, les joueurs donnent la sensation d'avoir pardonné la violence des propos de leur entraîneur. "Ça ne correspond pas à Marc, ce n'est pas son état d'esprit", renchérit Nallet. "Forcément, suite à ce match, il s'est emporté avec une colère qui quelque part paraît légitime et dans ces moments-là, on dit des choses qu'on est parfois amené à regretter." "On ne peut pas avoir un discours plat, mielleux sur un match comme ça. C'est normal de se faire engueuler", abonde Clerc. "Ça nous est arrivé à tous en club et en équipe de France, mais ça n'a été qu'une petite portion dans le discours." Pas question donc de se laisser entraîner sur le terrain d'une "cassure entre joueurs ou entre joueurs et staff". "Il n'y pas de rupture. J'entends dire parfois qu'il y a des clans entre Clermontois, ex-Berjalliens, Biarrots, Toulousains. Tout ça c'est des conneries. Il faut arrêter", tient à mettre au point Parra. Le calme serait ainsi donc revenu à Marcoussis avec la promesse collective de ce que Vincent Clerc a appelé "une démarche constructive", d'un rachat, samedi, contre les Gallois.