Le hangar de la peur

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Le hangar de la peur
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Alors qu'elle menait 2-0 depuis vendredi soir, l'équipe de France va devoir disputer un cinquième match décisif pour son premier tour de Coupe Davis en Autriche. Gilles Simon s'est en effet incliné ce dimanche en cinq manches contre Jürgen Melzer (7-6, 3-6, 1-6, 6-4, 6-0). Jérémy Chardy, opposé à Martin Fischer, a la lourde tâche de qualifier les Bleus pour les quarts de finale.

Alors qu'elle menait 2-0 depuis vendredi soir, l'équipe de France va devoir disputer un cinquième match décisif pour son premier tour de Coupe Davis en Autriche. Gilles Simon s'est en effet incliné ce dimanche en cinq manches contre Jürgen Melzer (7-6, 3-6, 1-6, 6-4, 6-0). Jérémy Chardy, opposé à Martin Fischer, a la lourde tâche de qualifier les Bleus pour les quarts de finale. La virée à Vienne de l'équipe de France se transforme doucement mais sûrement en cauchemar. Ce premier tour de Coupe Davis face à l'Autriche prenait les traits d'une promenade de santé, surtout avec un score de 2-0 vendredi soir à l'issue des deux premiers simples bien négociés par Jérémy Chardy et Gilles Simon. Au lendemain de la défaite en double de la paire Benneteau-Llodra, l'Autriche, revenue à 2-1, nourrissait l'espoir de pousser la France dans un cinquième match décisif et comptait pour cela sur son numéro 1, Jürgen Melzer, qui voulait se racheter de sa prestation manquée contre Chardy il y a deux jours. Dans un sursaut d'orgueil et poussé le public, le n°10 mondial a trouvé les ressources pour battre Gilles Simon en cinq manches (7-6, 3-6, 1-6, 6-4, 6-0) et offrir une dernière rencontre de tous les dangers pour les Tricolores. Atout principal dans la manche de Guy Forget, le Niçois s'était mué en véritable leader de substitution vendredi. Un rôle qu'il a accepté à contrecoeur mais dont il s'est largement accommodé en l'absence de Gaël Monfils, Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet. Sur le court, c'est l'attitude qu'il a choisi d'adopter, du moins pendant quatre sets. Mais Melzer et ses fulgurances ont placé le Français en situation délicate. Au cours des quatre heures de jeu, la placidité de Simon a tranché avec les sautes d'humeur de son adversaire, et c'est sans doute là que s'est joué le sort de la rencontre. Dans la gestion de ses temps forts et de ses temps faibles, il a peut-être offert plus de garanties que Melzer, trop irrégulier et victime de ses nerfs. Mais le grain de folie de l'Autrichien lui a ouvert la voie du succès. Simon explose dans le cinquième set Les quatre breaks au cours des quatre premiers jeux du match trahissaient bien la nervosité ambiante sur le court. Elle se traduisait encore un peu plus à la fin de la première manche, lorsque Melzer s'en prenait avec véhémence à l'arbitre sur deux décisions litigieuses. Coutumier du fait, surtout dans ses jeunes années, l'Autrichien y trouvait finalement les ressources nécessaires pour faire la course en tête dans cette rencontre en empochant la manche au jeu décisif, durant lequel Simon avait pourtant une balle de set (6-7). Mais le jeu de Melzer s'effilochait durant l'heure et demie suivante, le temps pour Simon d'empocher avec autorité les deuxième et troisième sets (6-3, 6-1), mais aussi de faire la course en tête dans la quatrième manche. Deux fois, le Français breakait son adversaire (2-1, puis 4-3), mais à chaque fois Melzer recollait. Simon, qui multipliait les erreurs grossières, venait de laisser passer l'occasion de conclure la rencontre. Il ne marquera plus un jeu (6-4, 6-0). Remonté comme un coucou et jouant "le feu", l'Autrichien touchait les lignes à chacune de ses frappes tandis que les balles adverses ne dépassaient plus la ligne des carrés de service. La partie venait de tourner, dans la tête surtout, et Simon s'enterrait dans le hangar de Vienne. Melzer, lui, ressuscitait et donnait à son pays une chance unique de franchir le premier tour. A Martin Fischer d'entrer dans l'arène et à Jérémy Chardy d'offrir une tournure plus séduisante à ce week-end à Vienne.