Le handball à un tournant

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Le handball à un tournant
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A l'aube de cette saison 2011-12, qui démarre jeudi, la Ligue nationale de handball aborde un exercice crucial. Désormais diffusé par le groupe Canal +, le championnat français bénéficie également de la présence de nombreux internationaux. L'opportunité de décoller définitivement, dans le sillage des résultats de l'équipe de France.

A l'aube de cette saison 2011-12, qui démarre jeudi, la Ligue nationale de handball aborde un exercice crucial. Désormais diffusé par le groupe Canal +, le championnat français bénéficie également de la présence de nombreux internationaux. L'opportunité de décoller définitivement, dans le sillage des résultats de l'équipe de France. "Tous les voyants sont au vert". A l'heure d'inaugurer la saison 2011-12, Philippe Bernat-Salles aborde ce nouvel exercice avec la gnaque. "On est dans une situation rassurante. Les clubs ont désormais réellement l'envie de se structurer. J'y vois un très bel avenir", explique celui qui se lance dans sa deuxième année à la tête de la Ligue nationale de handball. Preuve de ce nouvel élan pris par le handball français, le budget médian des clubs a augmenté de 12% par rapport à la saison dernière, de Montpellier et ses 6,5 millions d'euros, à Cesson, et ses 1,5 million d'euros. "Entre la saison 2004-2005 et la saison 2009-2010, le handball a connu une croissance de 12%, précise Frédéric Bolotny, économiste du sport. Seul le rugby a fait mieux. A titre de comparaison, le basket et le volley ont eu une croissance de 3%. La hausse du sponsoring explique presque à lui seul cette croissance, puisque le sponsoring prend désormais 33% des budgets, pour 23% il y 8 ans. Les clignotants sont au vert". Un essor que la LNH, consciente de ne pas encore être arrivée, espère voir continuer en confiant ses droits TV à Canal +. Linette: "Canal est là pour défricher le sport, le porter" Pour 1,2 million d'euros, la chaîne cryptée s'est en effet offert la D1, pour les quatre années à venir. "Canal est là pour défricher le sport, le porter, explique Cyril Linette, le directeur des sports. On a pu le voir sur la Ligue 1 il y a 25 ans, ou le Top 14 depuis dix ans, l'impact est bénéficiaire". Déjà diffuseur des équipes de France et de la Ligue des champions, Canal ne veut cependant pas se fixer d'objectifs d'audience pour son match du jeudi soir, sur Canal + Sport. Du moins en façade. "On se donne une année pour voir. Si on est autour des 80-100 000 spectateurs pour le match du jeudi soir, ça sera très bien", précise Linette, alors que Canal + Sport proposera également un magazine, type "Les Spécialistes". Une nouvelle accueillie avec bonheur et espérance par le monde du handball. "Pour les sportifs, Canal représente énormément, se réjouit Daniel Costantini, l'ancien sélectionneur des Bleus. "C'est une joie de collaborer avec Canal, reprend Patrice Canayer, l'entraîneur de Montpellier. Mais Canal seul ne suffira pas pour faire avancer le championnat. Il y a une nécessité pour les clubs de développer le pilier marketing. Si les joueurs français reviennent dans notre championnat, il faut leur proposer des contrats à la hauteur de de leur talent, et leur proposer un championnat attractif". Un constat que la LNH ne nie pas. "La totalité des clubs se rend compte qu'il faut aller démarcher les partenaires. Les collectivités ne suffisent plus, reconnaît Philippe Bernat-Salles, qui évoque également le chantier des grandes salles, à même d'accueillir le plus grand nombre de supporters, comme la Park&Suit Arena à Montpellier, ou le Phare de Chambéry. "Si on a des installations de qualité, on les remplit, lance Rémy Lévy, le président de Montpellier et de l'Union des clubs professionnels de handball. Des chantiers encore à défricher, avant de voir le handball définitivement trouver sa place dans le paysage du sport français.