Le GP du Canada dans le rétro

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Le GP du Canada dans le rétro
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Après plus de deux heures d'arrêt suite à un drapeau rouge au 25e tour pour cause d'averses trop importantes, le Grand Prix du Canada aurait pu être arrêté dimanche. Mais au vu du scénario fou de la fin de course, la direction a bien fait de faire languir l'assistance. Découvrez tout ce qu'il faut retenir de cette septième manche de la saison, achevée par l'incroyable victoire de Jenson Button.

Après plus de deux heures d'arrêt suite à un drapeau rouge au 25e tour pour cause d'averses trop importantes, le Grand Prix du Canada aurait pu être arrêté dimanche. Mais au vu du scénario fou de la fin de course, la direction a bien fait de faire languir l'assistance. Découvrez tout ce qu'il faut retenir de cette septième manche de la saison, achevée par l'incroyable victoire de Jenson Button. LE MOMENT CLÉ : La reprise de la course après 2h05' d'arrêt Boucler un tour en plus de deux heures, c'est possible. Evidemment, il faut en passer par des artifices forcés, et c'est ce que les pilotes ont dû faire à la fin du 25e tour à Montréal. Arrêtée par un drapeau rouge alors que la voiture de sécurité était à nouveau de sortie depuis six tours, la course n'a repris que deux heures et cinq minutes plus tard. Le dernier précédent du genre remontait au Grand Prix de Malaisie 2009, où la course avait été définitivement arrêtée pour n'attribuer finalement que la moitié des points aux pilotes rétribués. Mais cette fois, tout le monde est reparti, à 15h50 locales, 21h50 heure française. Et les courageux spectateurs restés braver la pluie ont pu assister à une deuxième partie de course nettement plus spectaculaire, avec en point d'orgue l'erreur de Sebastian Vettel, doublé par Jenson Button dans l'ultime tour. DANS LE BAQUET DE : Jenson Button Le très froid, avant le très, très chaud. Button est passé par tous les sentiments au volant de sa McLaren. D'abord, il accroche Lewis Hamilton au 7e tour et provoque l'abandon de son coéquipier. "J'ai roulé du côté gauche, qui est la ligne de course, puis j'ai senti un coup et j'ai craint que la partie était terminée pour nous deux, déclarait le champion du monde 2009 en conférence de presse, après la course. Lewis sait que je ne l'ai pas fait exprès, et je sais qu'il ne l'a pas fait exprès non plus." Rebelote ensuite avec Fernando Alonso, qu'il envoie dans le mur de manière encore très limite au 37e tour. Sous le coup d'une enquête pour une vitesse excessive alors que la voiture de sécurité était en piste, Button n'a finalement pas été sanctionné par la direction de course. Et a pu définitivement savourer son succès, acquis grâce à une magnifique remontée sur la dernière partie et conclue par trois dépassements sur Mark Webber, Michael Schumacher, et donc Sebastian Vettel, à un demi-tour du terme. LA PERF : Michael Schumacher A partir du moment où il était entendu que la course allait repartir, les pronostics allaient bon train. Et dans cette configuration, les vieux briscards sont souvent les plus à l'aise. Traditionnellement un des meilleurs sur piste mouillée, Michael Schumacher était évidemment l'homme idoine pour profiter des circonstances. Le septuple champion du monde était déchaîné dès le retrait de la voiture de sécurité, neuf tours après la reprise. Deuxième durant une petite dizaine de tours, le pilote Mercedes a tutoyé la tête de course, juste derrière Sebastian Vettel après la dernière apparition de la safety car, à dix tours de la fin. Mais dépassé successivement par Button puis Webber, "Schumi" n'a toujours pas réalisé le moindre podium depuis 2006. "Je ne sais pas si je dois être heureux ou triste. Ayant été à la deuxième place vers la fin, j'aurais évidemment voulu terminer là et être sur le podium. Mais même si ça n'a pas fonctionné dans la toute fin, nous pouvons être heureux du résultat." LA STAT : 6 Avec six apparitions au total, la voiture de sécurité a clairement joué un rôle déterminant dans le scénario assez ubuesque du Grand Prix. Elle a notamment permis à Jenson Button de revenir dans les roues de Webber et Schumacher à dix tours de la fin, avant d'aller chercher Vettel. Mais ces nombreuses présences ne se sont-elles pas transformées en fâcheuse omniprésence ? Ce n'est pas à exclure, et c'est notamment ce que doit penser le champion du monde. Le seul point positif pour lui aura été de bénéficier d'un étonnant départ lancé derrière la safety car, mais pour le reste... La voiture de sécurité a décrédibilisé la tenue des courses sur piste mouillée et n'a pas vraiment favorisé le spectacle, loin de là. Cerise sur le gâteau, cette nouvelle sortie de neuf tours à la reprise, après plus de deux heures de fébrile attente. C'en était un peu trop... LA SORTIE DE PISTE : Lewis Hamilton Etait-ce la pluie ou sa distance avec Vettel au général ? Probablement un peu des deux, mais la piste canadienne était censée convenir à Hamilton et aux McLaren. Jenson Button l'a prouvé. Résultat: le champion du monde 2008 a abandonné dès le 8e tour, après avoir déjà accroché Webber au début du 5e tour, à savoir le premier tour lancé. Sauf que dans l'incident avec son coéquipier, qui lui a donc été fatal, Hamilton n'y est pas forcément pour grand-chose. "Lorsque la course a été interrompue, Jenson est entré dans la pièce où on était pour s'excuser et je lui ai dit que c'était de ma faute, a curieusement expliqué le grand perdant du jour à la BBC. Nous restons de bons coéquipiers." Un aveu assez inhabituel de la part du pilote McLaren, peut-être plus blasé qu'autre chose. Désormais 5e du championnat du monde à 76 points de Sebastian Vettel, Hamilton va devoir sérieusement cravacher, lui qui a abandonné pour la première fois de la saison. LA PHRASE : "Je n'ai pas fait de faute", Fernando Alonso Décidément dans tous les coups, qu'ils soient bons ou mauvais, Jenson Button a donc provoqué la sortie de piste de Fernando Alonso au 37e tour, en plus de celle de Lewis Hamilton auparavant. Du coup, Vettel éprouve forcément un peu moins de regrets, au vu du pedigree des deux pilotes éliminés - que ce soit de sa faute ou pas - par Button. Pour le Taureau des Asturies, la situation était claire. "Je n'ai pas fait de faute. Moi j'ai dû m'arrêter, lui a pu continuer et vaincre." Un peu comme Hamilton, l'Espagnol n'a pas l'air plus déçu que ça par la tournure des évènements. "Le championnat? Il y a encore beaucoup de courses, alors..." Même si Vettel a commis une erreur, il se retrouve quand même avec 18 points de plus. Et il en avait déjà 74 d'avance avant le début de la course. Ça fait donc 92, soit beaucoup trop à ce stade de la saison pour un potentiel candidat au titre de champion du monde.