Le GP de Grande-Bretagne dans le rétro

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Le GP de Grande-Bretagne dans le rétro
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Pour la première fois cette saison, c'est une Ferrari qui a coupé en tête la ligne d'arrivée du Grand Prix de Grande-Bretagne. 60 ans après le premier succès de la Scuderia en F1, Fernando Alonso s'est offert ce succès devant un Sebastian Vettel victime des stands, un Mark Webber frondeur et un Lewis Hamilton toujours aussi combatif. Jenson Button, lui, n'a pas eu de veine.

Pour la première fois cette saison, c'est une Ferrari qui a coupé en tête la ligne d'arrivée du Grand Prix de Grande-Bretagne. 60 ans après le premier succès de la Scuderia en F1, Fernando Alonso s'est offert ce succès devant un Sebastian Vettel victime des stands, un Mark Webber frondeur et un Lewis Hamilton toujours aussi combatif. Jenson Button, lui, n'a pas eu de veine. LE MOMENT CLÉ : Le 27e tour Relégué derrière son coéquipier Mark Webber sur la grille de départ, Sebastian Vettel n'a pas manqué de prendre les devants dès l'extinction des feux, déposant la monoplace d'un Australien patinant sur le côté le plus humide de la piste britannique. Comme à son habitude, l'Allemand a alors creusé l'écart, filant droit vers son septième succès de l'année. Seulement à l'heure d'observer son deuxième arrêt, à l'issue du 27e tour, le champion du monde a déchanté. Victime de la précipitation de ses mécaniciens, lesquels ont reposé sa RB7 alors qu'un écrou de la roue arrière gauche restait à fixer, Vettel a perdu 11"4 dans la bataille, voyant son premier dauphin, Fernando Alonso, lui griller la politesse dans la voie des stands. Le circuit retrouvé, le leader du championnat devait ensuite composer avec le pugnace Lewis Hamilton devant son bolide, tandis que la Ferrari de l'Espagnol s'envolait. Red Bull a sans conteste perdu le Grand Prix de Grande-Bretagne dans les stands ce week-end. DANS LE BAQUET DE : Lewis Hamilton Il sera passé par tous les états ce week-end. Furibard au terme d'une séance de qualifications sacrifiée par son team sur un choix pneumatiques discutable, parti de la cinquième ligne sur la grille, Lewis Hamilton peut être à la fois satisfait et frustré à l'issue de son Grand Prix national. Satisfait car le champion du monde 2008 a tout de même récolté les 12 points de la quatrième place dimanche. Frustré car il aurait pu prétendre à davantage. Remonté au cinquième rang dès le deuxième tour, le pilote anglais s'est payé le luxe de doubler à la régulière le futur vainqueur, Fernando Alonso, dans la 15e boucle, cédant cependant face à ce même rival neuf tours plus tard. Après la deuxième salve d'arrêts aux stands, à mi-course, il se retrouve deuxième, parvenant à contenir les assauts de Sebastian Vettel jusqu'à son troisième changement de pneus. Le carburant venant à manquer, le podium lui échappe finalement au profit de Mark Webber, tandis qu'il se voit contraint de lever le pied. Ce qui ne l'empêche pas de défendre bec et ongle sa quatrième place, quitte à se frotter de près à la Ferrari de Felipe Massa dans le dernier virage... LA PERF : Fernando Alonso Sevré de succès depuis octobre 2010, Fernando Alonso s'est rappelé à ses meilleurs souvenirs dimanche en s'imposant à Silverstone. Une 27e victoire en carrière - la deuxième pour lui dans le temple britannique - obtenue grâce à son audace et à sa fougue naturelles, mais également à une erreur du clan Red Bull lors du deuxième arrêt aux stands de Sebastian Vettel. "Ça a sans doute été un bon coup de main", consent l'intéressé, qui a du reste réalisé une course pleine et sereine. "Je savais qu'il fallait rester calme, maintenir la voiture dans les bonnes trajectoires, sans erreur, sans sortir de la piste car l'herbe était trempée. Et sauf erreur de conduite, je savais que la voiture était capable de combattre pour la victoire, et ce qui devait arriver arriva", juge-t-il. Troisième sur la grille de départ, le Taureau des Asturies a subi pour seule contrariété un dépassement de Lewis Hamilton dans le premier tiers du Grand Prix. Simple contre temps. "On savait que notre chance pouvait venir vers la fin de la course", explique-t-il, avant de conclure: "C'est un gros coup de « boost » pour nous. La confiance revient car ce n'était pas une course qu'on avait cochée dans notre agenda. Les enchainements de virages rapides ne nous réussissant pas trop d'habitude, on savait que ce serait difficile pour nous, donc la victoire apporte beaucoup de motivation dans les rangs, ce qui je suis sûr se fera ressentir sur les prochains rendez-vous." LA SORTIE DE PISTE : Jenson Button La poisse. Qualifié en cinquième position et crédité d'un bon départ, Jenson Button s'est illustré par sa combativité dimanche à Silverstone, bataillant ferme avec Felipe Massa notamment en début de course. Alors qu'il briguait légitimement un podium, à la lutte avec son coéquipier Lewis Hamilton et les deux RB7 tandis que Fernando Alonso prenait le large, le récent vainqueur du Grand Prix du Canada a été coupé dans son élan, contraint à l'abandon à sa sortie des stands au 39e tour alors que sa roue avant droite, mal fixée, se faisait la malle. "C'est vraiment très décevant, réagissait après coup le champion du monde 2009, déjà victime d'un souci de Kers deux semaines plus tôt à Valence. J'étais sur mes terres et mon rythme était bon. Espérons que ce genre de problèmes ne se reproduise plus. Tous ceux qui étaient dans le bon tempo à la fin avaient une chance de podium et j'avais assurément la mienne." Ce premier zéro pointé de la saison n'est pas sans conséquence pour l'Anglais. Deuxième ex-aequo avec Mark Webber avant ce week-end, Button pointe désormais au cinquième rang du classement général. LA STAT : 60 Il y a 60 ans de cela, l'Argentin José Froilan Gonzalez offrait à la Scuderia Ferrari son tout premier succès en F1, au volant d'une F 375 flanquée d'un V12. Cette grande première, le cheval cabré la célébra à Silverstone, 30 ans avant la naissance de celui qui ce week-end a permis à Ferrari de retrouver des couleurs. Un parallèle qui n'a pas échappé à Fernando Alonso: "C'est une victoire très spéciale. Je pense que Silverstone reste un événement à part pour chaque pilote de F1. On connaît tous l'importance de l'histoire du sport automobile ici en Grande-Bretagne, ce qui en fait un Grand Prix particulier. C'était cette année l'anniversaire de la première victoire en F1 de Ferrari, il y a 60 ans. Et aujourd'hui on monte sur la plus haute marche du podium sur le même circuit, avec la même passion, le même groupe de personnes qui travaillent pour cette équipe mythique. C'est la fibre de Ferrari, la passion, la victoire et l'amour de la compétition." Alonso a signé six des 216 victoires de la Scuderia en F1, autant que Jacky Ickx et Gilles Villeneuve. Seuls Rubens Barrichello (9), Kimi Räikkönen (9), Felipe Massa (11), Alberto Ascari (13), Niki Lauda (15) et surtout Michael Schumacher (72) ont fait mieux sous la bannière de Maranello. LA PHRASE : "Bien sûr que j'ai ignoré l'équipe", de Mark Webber Mark Webber n'accepte pas son rôle de n°2 officieux au sein du team Red Bull. Dimanche, alors que Sebastian Vettel semblait devoir se diriger tranquillement vers la deuxième marche du podium du Grand Prix de Grande-Bretagne, son coéquipier australien s'est fendu de deux attaques dans le dernier tour pour tenter de lui griller la politesse. Christian Horner en personne s'est alors employé à recadrer son pilote, lui intimant l'ordre de maintenir l'écart entre les deux RB7. En vain. "Si Fernando abandonne dans le dernier tour, on se bat pour la victoire. Alors bien sûr que j'ai ignoré l'équipe, je voulais gagner une place. Seb faisait de son mieux et moi aussi", a expliqué Webber devant la presse à l'issue de la course. Son manager, lui, a dit "pouvoir comprendre la frustration" de l'intéressé mais a justifié son intervention par la nécessité de "ne pas prendre le risque de perdre des points. Nous ne voulions pas voir nos deux pilotes partir dans les barrières à un moment ou à un autre pendant les deux derniers tours. C'est ce qui risquait de se passer." L'an dernier en Turquie, les deux hommes s'étaient accrochés en plein Grand Prix. Webber avait fini sur le podium mais Vettel avait dû jeter l'éponge.