Le golf, un sport très smart

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Le golf, un sport très smart
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A LA DECOUVERTE DE… - Le Masters d'Augusta débute jeudi. Europe1.fr décrypte ce sport.

L’origine. Très "british" le golf ? Pas du tout. Si on retrouve quelques racines de sports assez similaires au XVe siècle en Irlande, ce sont les Hollandais qui ont inventé le "colf", comprenez le jeu du bâton. Les Ecossais ont quand même repris le concept pour le moderniser. A partir de 1870, ils ont eu la bonne idée de changer de balle. D’une coque de cuir plutôt lourde, on est passé à une balle en caoutchouc beaucoup plus maniable. Les clubs se sont également modernisé et de nombreux terrains de golf ont vu le jour un peu partout en Europe (32.000 aujourd’hui). D’abord réservé à une certaine élite, le golf s’est peu à peu démocratisé dans la deuxième moitié du XXe siècle.

Le principe. Même pour les allergiques des greens, la règle est assez simple à retenir : il faut rentrer la balle dans le trou en un minimum de coups. Après ça se corse un peu… Sur chaque parcours, il y a un "par", soit un nombre de coups standard fixé pour terminer. Sur un 18 trous, le par classique est de 72. Si un joueur réalise un coup en-dessous du par, c’est un "birdie". Deux coups, un eagle. Trois, un albatros. A la fin du parcours, on sort les calculettes et on fait le décompte. Le joueur qui a réalisé le moins de coups sort vainqueur.

9 ou 18 trous. Le parcours est essentiel en golf. Les difficultés sont nombreuses et c’est pour cette raison que vous pourrez apercevoir des golfeurs en train de taper une balle dans des situations plutôt cocasses. Tous les moyens sont bons pour compliquer la vie des concurrents. Des fausses perspectives, des buttes, du sable, des arbres mal placés, etc. Selon leur grandeur, les parcours peuvent compter 9 ou 18 trous.

Le Masters, un tournoi à part. Comme en tennis, le golf possède quatre tournois du Grand Chelem. Mais le Masters, aussi appelé le "Tournoi des Maîtres", est bien le plus prestigieux. C’est la "Rolls" des compétitions de golf. Les 96 meilleurs joueurs du monde s’y affrontent pendant une semaine. C’est aussi le tournoi qui possède le plus de traditions. D’abord, tous les vainqueurs ont l’honneur de porter la fameuse veste verte. Ensuite, un dîner de gala est organisé après le tournoi en présence des anciens vainqueurs. Enfin, un dernier rite très élitiste : les billets d’entrée pour ce tournoi sont réservés chaque année aux mêmes familles. Il est quasiment impossible de s’en procurer. Certains présidents américains s’y sont même cassés les dents.

Le Français. A 34 ans, Grégory Havret participera pour la première fois de sa carrière au Masters d’Augusta. Le numéro deux français aura ce privilège grâce à sa deuxième place, l'an passé, à l'US Open, l'un des trois autres tournois du Grand Chelem. Pourtant 115e joueur mondial, Grégory Havret espère bien passer le cut (être dans les 44 premiers à l'issue des deux premiers jours ou être à moins de 10 coups du leader pour pouvoir continuer dans le tournoi -ndlr).

La légende. Si on ne devait retenir qu’un nom dans le golf, avant même celui de Tiger Woods, ça serait celui de Bobby Jones. Avocat de profession, Robert Tyre Jones Junior était seulement un joueur amateur. Mais ce handicap ne l’a pas empêché de remporter les quatre tournois les plus prestigieux de l'époque (l'Open Britannique, l'Open Américain, le Championnat International amateur des États-Unis et le Championnat International amateur de Grande-Bretagne) et de ridiculiser des joueurs pros à maintes reprises. Surnommé le "Mozart du golf", Bobby Jones s’est même payé le luxe de refuser le statut de joueur professionnel. Après avoir mis un terme à sa carrière en 1930, il a énormément œuvré à la création du fameux Masters d’Augusta.

La star. Comment parler de golf sans évoquer le nom de Tiger Woods. Le prodige américain n’est pas pour rien le sportif le mieux payé au monde. Dans son sport, il a tout remporté (14 tournois du Grand Chelem, 70 titres PGA, sept European Tour, etc). Capable de coups incroyables dans des situations improbables, il est devenu un symbole pour le golf. Capable aussi d’exulter sur le green là où aucun golfeur n’aurait osé le faire, le "tigre" a rendu ce sport beaucoup plus populaire. Ces dernières années ont été beaucoup plus difficiles pour l’Américain. Revers de la médaille de son immense popularité après la révélation de ses infidélités conjugales. Tiger Woods a annoncé en 2009 une pause dans sa carrière avant de revenir pour le Masters d’Augusta, l’année dernière.

Un des plus beaux coups de Tiger Woods :

Le caddie. Toujours impeccablement habillé, le golfeur peut aussi bénéficier d’un caddie en tournoi. Rien à voir avec un vulgaire porteur de sac. Son rôle s’apparente plus à celui d’un copilote en rallye. Si on oublie ses tâches classiques (préparer les clubs, ratisser le bunker, tenir le drapeau, etc), le caddie doit conseiller le joueur dans son choix de clubs et dans ses éventuelles tactiques. Dans un tournoi, le caddie est la seule personne autorisée à parler au golfeur.

La golfette. Les petites voitures électriques qui roulent sans faire de bruit ne sont pas uniquement le moyen de locomotion préféré du colonel Mouammar Kadhafi. La golfette sert également à minimiser les trajets entre chaque trou. Mais rassurez-vous, tous les golfeurs ne sont pas des feignants. Les puristes ne l’utilisent même jamais.