Le Giro pleure Weylandt

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Le Giro pleure Weylandt
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Victime d'une lourde chute dans la descente du Passo del Bocco, le Belge Wouter Weylandt est mort sur la route du Tour d'Italie, lors de la 3e étape entre Reggio nell'Emilia et Rapallo. Le coureur de la formation Leopard-Trek a perdu beaucoup de sang et n'a pu être réanimé par les médecins. Dans l'attente des nouvelles, l'étape est allée à son terme. Angel Vicioso s'est imposé, et David Millar s'est emparé du maillot rose.

Victime d'une lourde chute dans la descente du Passo del Bocco, le Belge Wouter Weylandt est mort sur la route du Tour d'Italie, lors de la 3e étape entre Reggio nell'Emilia et Rapallo. Le coureur de la formation Leopard-Trek a perdu beaucoup de sang et n'a pu être réanimé par les médecins. Dans l'attente des nouvelles concernant Weylandt, l'étape est allée à son terme. Angel Vicioso s'est imposé, et David Millar s'est emparé du maillot rose. Il a suffi d'une seule image, brève mais interminable, de la télévision italienne pour comprendre la gravité de la situation. Celle de Wouter Weylandt, inconscient dans une mare de sang, avec un service médical s'affairant autour de son corps pour lui prodiguer un massage cardiaque, a immédiatement suscité les pires inquiétudes avant que la direction de la course n'annonce son décès une heure plus tard. Le Belge, tombé à plus de 80km/h dans la descente du Passo del Bocco, aurait effectué une terrible cabriole après que sa pédale ait touché un muret le long de la route. "Nous sommes intervenus une trentaine de secondes après la chute mais la situation était déjà désespérée. C'était un cas gravissime. Quelques instants plus tard, l'ambulance de réanimation est arrivée sur place. Nous avons essayé de le réanimer sur la route", a déclaré à la Rai le médecin du Tour, le Dr Giovanni Tredici, au sujet du coéquipier de Fabian Cancellara et des frères Schleck, vainqueur sur ces mêmes routes transalpines l'an dernier. L'expérimenté Angel Vicioso aurait certainement souhaité un tout autre contexte pour fêter sa première victoire sur un Grand Tour, lui qui dispute sa douzième année de coureur professionnel. Mais à la place des vivas de la foule, le coureur espagnol d'Androni a dû se contenter d'un protocole réduit à son minimum par respect pour le Belge, pas mort sur le coup de la chute mais dont les multiples traumatismes subis étaient tels qu'il était impossible de le sauver. Un transfert vers l'hôpital était même inutile, ce qui explique l'atterrissage tardif des hélicoptères. Pour David Millar, dépassé par le vainqueur du jour au terme d'un sprint en petit comité, mais qui se pare de rose en raison d'un meilleur résultat lors du contre-la-montre par équipes, l'essentiel est également ailleurs: "Ce maillot rose ne signifie rien. Je n'ose imaginer ce que traverse sa famille, c'est terrible." Cette étape, beaucoup plus courte que celle de la veille mais disputée sous un soleil de plomb, aurait pu se décanter plus tôt si certains puncheurs, qui avaient coché cette arrivée sur leur feuille de route, avaient pris leurs responsabilités. Mais Stefano Garzelli ou Giovanni Visconti, pour mettre des noms sur les faux-fuyants, n'ont pas souhaité exploiter la première ascension de ce Giro, le Passo del Bocco (3e catégorie), préférant attendre les pourcentages du Madonna delle Grazie (3 km à 6,4 %), situé à huit kilomètres de l'arrivée. Alors que Mark Cavendish perdait toute chance de conserver son maillot de leader, et que Carlos Sastre se résignait à lâcher du terrain, plusieurs coureurs dont Christophe Le Mével profitaient de cette bosse pour prendre la poudre d'escampette et creuser l'écart sur une tête de peloton régulée par les Liquigas de Vincenzo Nibali. Un écart, qui sous l'effet du travail de sape du grimpeur français, bûchant comme un forcené pour son coéquipier Millar, présent dans ce groupe de cinq audacieux, est vite devenu irrémédiable pour les équipes de sprinteurs, piégés par cette échappée propice. Mais l'effort du 10e du Tour de France 2009 est resté vain, du moins pour la victoire d'étape, revenue au malin et rapide Vicioso devant l'Ecossais et Pablo Lastras. Ceux de l'assistance médicale sont également restés infructueux mais avec des conséquences autrement plus dramatiques pour un coureur de seulement 26 ans, disparu dans des circonstances particulièrement tragiques.