Le gang des quatre

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Le gang des quatre
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Djokovic, Nadal, Federer, Murray. Ces quatre joueurs se sont partagés les sept dernières Rogers Cup. L'an passé, les quatre gros bras du circuit n'avaient laissé à aucun autre joueur le soin de se glisser dans le dernier carré. A l'aube de cette édition 2011, organisée à Montréal, ils sont encore les plus épiés. Et pour cause, on ne les a pratiquement pas vus depuis Wimbledon...

Djokovic, Nadal, Federer, Murray. Ces quatre joueurs se sont partagés les sept dernières Rogers Cup. L'an passé, les quatre gros bras du circuit n'avaient laissé à aucun autre joueur le soin de se glisser dans le dernier carré. A l'aube de cette édition 2011, organisée à Montréal, ils sont encore les plus épiés. Et pour cause, on ne les a pratiquement pas vus depuis Wimbledon... Djokovic, un trône à honorer Visiblement, tout va bien pour le Serbe. On l'a vu embrasser un dauphin à Dubaï, profiter du soleil de Saint-Tropez avec sa petite amie Jelena Ristic, ou encore danser avec l'actrice Katie Holmes sur le plateau de Jay Leno sur NBC... Après son début d'année exceptionnel, Novak Djokovic s'est offert au mois de juillet un repos (bien mérité), que la Coupe Davis n'est pas venue perturber. Touché au genou, le "Djoker" a renoncé aux simples en Suède et n'a disputé que le double (perdu avec Zimonjic). En clair, c'est à Montréal, probablement face à Davydenko, que Djokovic étrennera son statut de numéro un mondial, conquis à Wimbledon. L'histoire récente montre que ce n'est pas chose aisée. Des cinq anciens numéros un mondiaux encore en activité (Hewitt, Ferrero, Roddick, Federer, Nadal), aucun n'a remporté le tournoi suivant sa première accession au trône. Federer avait commencé par un quart de finale à Rotterdam en 2004, Nadal par une demi-finale à l'US Open en 2008. Malgré un tableau compliqué (Del Potro dès le 3e tour ?), Djokovic espère sans doute faire mieux, lui qui affiche un bilan faramineux de 48 victoires pour 1 seule défaite, en neuf tournois. Vu son rendement sur dur (il y a conquis 18 de ses 26 titres), il n'y a pas de raison que ça se passe mal. Et alors, peut-être, commencera-t-on à parler du record de 16 titres de Guillermo Vilas en 1977... Nadal au service de la nation Pour la première fois depuis quatorze mois, Rafael Nadal aborde un tournoi dans la peau du n°2 mondial après la prise de pouvoir de Novak Djokovic au lendemain de Wimbledon. Comme les trois autres membres du « Big Four », l'Espagnol s'est accordé une pause de cinq semaines avant de rejoindre mardi dernier le Canada, où il a obtenu ses meilleurs résultats dans la tournée nord-américaine précédant l'US Open (titres à Montréal en 2005 et à Toronto en 2008). Une pause, c'est bien ce dont il avait besoin pour attaquer une nouvelle période importante qui le mènera jusqu'à New York pour défendre son titre, puis à Cordoue où il devrait s'aligner avec l'Espagne en demi-finales de Coupe Davis contre la France (16-18 septembre). Un programme intense qu'il a alourdi en s'alignant en double avec son compatriote Marc Lopez. Preuve de son implication à un peu plus d'un mois de la rencontre face aux Bleus ? Ou alors un moyen pour lui de travailler son service et son jeu vers l'avant dans l'optique de l'US Open ? Un peu des deux sans doute. Federer, la trentaine fringante Lundi, Roger Federer va fêter ses trente ans, comme tous les ans à l'époque de la bien nommée Rogers Cup (organisée en alternance à Montréal et Toronto). Ce n'est pas encore le moment de faire une introspection, mais un bilan des derniers mois s'impose. "Je pense que j'ai connu une bonne saison jusqu'à présent, a expliqué le Suisse au cours d'une conférence de presse téléphonique jeudi. Mon jeu est bien en place, j'ai même le sentiment d'être beaucoup mieux qu'il y a un an. A Wimbledon, je pense que j'ai manqué de réussite. Mais je n'y ai pas trop pensé. Je préfère regarder devant moi. Je me sens très bien physiquement, et j'ai faim." Finaliste l'an dernier à Toronto, Federer s'était imposée dans la foulée à Cincinnati. Mais forcément, c'est l'US Open qu'il vise en premier lieu. Sans titre à New York, ce serait une première saison sans victoire en Grand Chelem depuis 2002. "Je n'aborde pas l'US Open en me disant que c'est ma dernière chance. Ma dernière chance cette année, oui, mais il y en aura plein d'autres à venir", nuance le Suisse, qui estime avoir "toujours le feu sacré". Suffisant pour battre Djokovic, Nadal et Murray ? Murray, façon "Djoko" ? Il fut un temps, pas si lointain, où Andy Murray était plus ou moins l'égal de Novak Djokovic, dans l'ombre de Nadal et Federer. Aujourd'hui, c'est presque un euphémisme de dire que la donne a changé. De 1600 points en aout dernier, l'écart entre les deux hommes au classement ATP est passé à 6400. Un gouffre. Agé de 24 ans comme le Serbe, Murray attend toujours de franchir le cap ultime, celui que Djokovic a effacé ces 12 derniers mois. Coïncidence ou non, l'Ecossais semble avoir appliqué les mêmes recettes qui ont (magnifiquement) réussi au nouveau patron du circuit. Premièrement, Murray a soigné son moral en Coupe Davis. C'était face au modeste Luxembourg, mais cela a visiblement chamboulé le n°4 mondial qui, ému, a versé quelques larmes. La dernière fois qu'on l'avait vu pleurer, c'était après sa défaite contre Federer à l'Open d'Australie il y a dix-huit mois. Peut-être une façon de conjurer le mauvais sort... Deuxièmement, comme Djokovic, Murray a énormément travaillé physiquement. Pas de régime sans gluten cher au Serbe, mais plutôt 4 heures d'entraînement par jour depuis deux semaines. On saura rapidement quel effet cela pourra avoir sur Murray, qui retrouve un tournoi où il s'est "toujours senti très à l'aise". Double tenant du titre, il peut devenir le premier joueur à réaliser la passe de trois depuis Ivan Lendl (1987-89).