"Le football français exclut"

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"Le football français exclut"
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Les révélations du site Mediapart sur la mise en place d'une politique de quotas ethniques dans les centres de formation français a suscité bon nombre de réactions depuis jeudi soir. En voici quelques-unes...

Les révélations du site Mediapart sur la mise en place d'une politique de quotas ethniques dans les centres de formation français a suscité bon nombre de réactions depuis jeudi soir. En voici quelques-unes... Pour Pape Diouf, "le football français est raciste" Pape Diouf a réagi sur RMC aux révélations faites jeudi par le site Mediapart, qui affirme que les dirigeants du football français veulent mettre en place une politique de quotas dans les centres de formation pour limiter le nombre de joueurs d'origines africaine et maghrébine. "J'ai pris connaissance de ce débat qui est, à mon sens, un faux débat, a déclaré l'ancien président de l'OM. La vérité est simple. Le football français est à l'image de sa société. Il est raciste et il exclut. Quand on voit que des joueurs noirs dotés d'une grande capacité de suggestion prétendent un jour embrasser la carrière d'entraîneur, on n'en veut pas. Et qu'on ne vienne pas me citer les exemples de Jean Tigana et d'Antoine Kombouaré pour contredire mes propos. Je ne dis pas que [ces accusations] sont vraies mais, en tout cas, elles reflètent totalement la réalité de l'heure et du moment." Blanc: "C'est un mensonge" Le sélectionneur de l'équipe de France, Laurent Blanc a de nouveau démenti ce vendredi les accusations faites par le site Mediapart concernant la mise en place de quotas ethniques dans les centres de formation. "Le 8 novembre, il y a eu effectivement une réunion. Une constatation a été faite, non pas sur les centres de formation des clubs professionnels, mais sur les pôles espoirs et les centres de pré-formation. C'est la seule réunion que j'ai eue avec la DTN, a-t-il expliqué, selon Sud Ouest. Le but était de parler d'un projet de jeu, de ce que la formation doit mettre en place pour avoir les meilleurs résultats dans cinq ans. Ce que je dis là, c'est la vérité. Je n'ai jamais entendu parler de projet de quotas ! C'est un sujet sensible. Pour moi, il n'y a pas de projet de quotas, c'est faux. Et c'est un mensonge de dire que le sélectionneur y a participé. [...] Qu'on m'associe à une discrimination, ça me dérange, c'est contraire à mes valeurs." Henri Emile nie les quotas ethniques Henri Emile, coordinateur de l'équipe de France, a nié en bloc les accusations de racisme de Mediapart visant la direction technique nationale de la FFF. "C'est scandaleux d'avoir écrit ça, estime sur 20minutes.fr celui qui fut membre de la DTN jusqu'en 2010. A la DTN, dont le but est de faire des bilans au niveau des sélections, de la projection sur le football de demain, l'encadrement des stages, des compétitions de jeunes et la formation des cadres, les éléments de réflexion ne sont jamais de ce style. Je trouve plus que choquant ce que j'ai entendu là-dessus. Par contre, qu'il y a ait des discussions sur les jeunes qui sont dans les pôles espoirs qui passent par des centres de formation et vont dans des pays étrangers, c'est normal, cela pose des questions. La formation à la française n'est pas protégée. Mais cela n'a rien à voir avec le fait de prendre des positions telles que celles qu'on a entendues." Chantal Jouanno prête à sanctionner le DTN Interrogée sur Le Monde.fr, la ministre des Sports Chantal Jouanno a déclaré qu'elle n'osait pas croire les conclusions de l'enquête du site Mediapart, selon lesquelles la Fédération française de football souhaiterait "moins de noirs et d'arabes" dans les centres de formation. "Pour l'heure, nous sommes dans le domaine de la rumeur. [...] Nous ne condamnons pas la fédération dans l'attente d'éléments plus précis. Aussi, j'ai demandé une inspection aux services de la Jeunesse et des Sports afin de faire toute la lumière sur cette affaire, a-t-elle indiqué. Le directeur technique national (François Blaquart, ndlr) a été nommé très récemment par le ministère des Sports. Si les faits étaient avérés, on prendrait des sanctions contre le DTN." Blaquart (DTN): "Rien à voir avec la couleur de peau" François Blaquart a tenu à démentir les accusations de Mediapart, à propos de soi-disant quotas ethniques qui entreraient dans les réflexions de la DTN (Direction technique nationale) en matière de formation. Le directeur technique national a notamment précisé que la Fédération n'avait aucun pouvoir sur les centres de formation des clubs. "A partir du projet de jeu, nous avons pour mission de faire un état des lieux, qui ne concerne que les sélections. Donc pas les écoles de foot, ni les centres de formation. Plusieurs témoignages de responsables de ces structures reconnaissent déjà qu'il n'y a pas eu de directives dans ce sens-là." Pour Blaquart, le seul souci qui inquiète la Fédération à propos des origines des joueurs est la double nationalité. "Ça n'a rien à voir avec la couleur de peau, il y en a aussi qui viennent des pays de l'Est ou de pays latins (...) Sur les cinq dernières promotions, 20% des jeunes internationaux français ont changé de sélection ensuite." Démenti de Laurent Blanc sur les quotas ethniques Suite aux accusations du site Mediapart, selon lesquelles les dirigeants du football français, dont Laurent Blanc, auraient approuvé début 2011 le principe de quotas officieux dans les centres de formation et les écoles de foot du pays, le sélectionneur national, qui s'est dit "indigné", a démenti avoir approuvé cette mesure par la voix de son chef de presse, Philippe Tournon. Il "dément formellement qu'il ait pu cautionner des sélections basées sur des critères ethniques ou de couleur", a dit Philippe Tournon. "Cela est contraire à sa philosophie de vie, lui qui est hostile à toute discrimination", a-t-il ajouté. Selon le site internet d'information, qui cite "des sources" à la Fédération française de football (FFF), des consignes ont été données par la Direction technique nationale (DTN) pour que le taux de jeunes footballeurs français d'origine africaine ou maghrébine soit limité à 30% lors des épreuves de sélection. Didier Deschamps (entraîneur de Marseille): "On ne peut pas croire à de telles réunions et à de telles décisions. Regardez notre équipe, il y a des joueurs qui viennent d'Afrique noire, d'Afrique du Nord ou encore d'Amérique du Sud. Ça créé le buzz, mais je suis comme Saint-Thomas, je ne crois que ce que je vois. Après, ce n'est que du bla-bla. Il est très grave de porter de telles accusations. Laurent Blanc, je l'ai côtoyé comme joueur dans le groupe France 98 qui fut une équipe multiraciale. Je ne peux pas penser qu'il puisse être associé à de telles décisions. On était fier et on l'est toujours de cette identité". Jean-Pierre Louvel (président de l'Union des clubs professionnel de football): "Au nom de l'UCPF, je souhaite que la lumière soit faite le plus rapidement possible sur ces graves accusations. Nous oeuvrons tous les jours, tant dans nos clubs que dans nos centres de formation, à l'intégration dans tous les sens du terme et à l'éradication de tout type de discrimination (...) Aucun de nos dirigeants n'a jamais eu connaissance officiellement ou officieusement de pratiques de cet ordre.".