Le début d'une nouvelle ère

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Le début d'une nouvelle ère
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C'était attendu tôt ou tard, ça a été rendu officiel ce lundi lors de la publication du classement ATP: Novak Djokovic est le nouveau patron du tennis masculin. Le Serbe et ses huit titres en 2011 (et quels titres !) semble capable, sur le niveau de jeu qu'il affiche depuis plus de six mois, de s'installer durablement au sommet. Il n'a que 24 ans et l'ascendant psychologique qu'il a pris sur ses principaux rivaux, Nadal et Federer en premier lieu, pourrait bien être lourd de conséquences.

C'était attendu tôt ou tard, ça a été rendu officiel ce lundi lors de la publication du classement ATP: Novak Djokovic est le nouveau patron du tennis masculin. Le Serbe et ses huit titres en 2011 (et quels titres !) semble capable, sur le niveau de jeu qu'il affiche depuis plus de six mois, de s'installer durablement au sommet. Il n'a que 24 ans et l'ascendant psychologique qu'il a pris sur ses principaux rivaux, Nadal et Federer en premier lieu, pourrait bien être lourd de conséquences. Ne nous trompons pas, Novak Djokovic est bien né le 22 mai 1987 à Belgrade. Mais le champion, entendez le grand champion qu'il est aujourd'hui, est né en décembre dernier, toujours dans la capitale serbe au soir du succès historique des siens en Coupe Davis face à la France. "Après cette Coupe Davis, j'étais plein d'énergie, expliquait-il dimanche après avoir brigué son premier titre à Wimbledon, j'avais une envie incroyable de rejouer, de remporter d'autres tournois. Dans un sens, j'ai perdu ma peur. J'ai cru en mes chances plus que jamais." Ce surplus de confiance en lui en a fait le "Djoko" 2011, ce joueur quasiment imbattable, vainqueur de deux des trois levées du Grand Chelem disputées jusque-là et de quatre Masters 1000 sur cinq (sachant qu'il n'a pas joué à Monte-Carlo). Son accession à la première place mondiale, officieuse depuis sa qualification pour la finale à Londres vendredi dernier, était d'ailleurs attendue de tous, même par l'ancien propriétaire du rang, Rafael Nadal, qui annonçait début avril: "Djokovic sera n°1 mondial". Restait à connaître la date et, de manière assez cocasse, c'est à l'issue de son premier titre acquis sur herbe, une surface qu'il a mis plus de temps à apprivoiser, qu'il a touché son graal. "J'ai atteint l'objectif de toute une vie, et j'ai rendu mes rêves réalité, le tout en l'espace de trois jours, savoure-t-il. C'est une sensation incroyable, que je ne pourrai jamais oublier. C'est le plus beau jour de ma carrière. N'importe quel athlète rêve d'être n°1 mondial. C'est ce qui nous motive tous. Donc lorsque tu y arrives, et lorsque tu sais que tu es à ton meilleur niveau, c'est juste un accomplissement fantastique.""Je ne compte vraiment pas m'arrêter en si bon chemin" Un accomplissement on ne peut plus logique donc, qui soulève dès maintenant la question sur la possible durée de ce nouveau règne. S'il a toutes les chances de finir l'année à ce nouveau rang, le Serbe aura tellement de points à défendre dans les six premiers mois de 2012 qu'une baisse de régime, ou pire une blessure, pourrait provoquer une descente assez vertigineuse. Mais au-delà de ces considérations purement mathématiques, Djokovic prouve actuellement sur le court qu'il maîtrise à la perfection tous les aspects de son sport. Même sa nervosité passagère n'affecte plus ses performances, preuve que le garçon a mûri dans son jeu. Au point qu'un écart semble s'être aujourd'hui créé avec Rafael Nadal, qu'il a dominé cinq fois en 2011, et Roger Federer, le seul à l'avoir battu cette saison mais au prix d'une partition flirtant avec le chef d'oeuvre sur la terre battue de Roland-Garros. "J'ai toujours cru que j'avais les qualités pour les battre, pour gagner des Grands Chelems. C'était la seule solution pour me retrouver un jour là où j'en suis aujourd'hui." Malgré "le plus grand respect (qu'il a) pour ces deux joueurs, pour tout ce qu'ils ont accompli", l'élève est en passe de dépasser ses maîtres. Le jeu de Nadal semble même atteindre ses propres limites quand il affronte le Serbe. La finale londonienne a une nouvelle fois démontré à quel point l'Espagnol se retrouve privé de solutions, débordé par les trajectoires bombées ou à plat du nouveau n°1, lequel peut également tenir tête à la régularité du Majorquin dans les rallyes du fond du court. Djokovic est le prototype du joueur du futur, hyper-complet et sans faille. A ce rythme-là, il pourrait bien faire tomber le record du plus haut pourcentage de victoires sur une saison, détenu par John McEnroe sur l'année 1984 (96.5% avec 82 victoires et 3 défaites). Mais aussi dominer la planète tennis pendant un petit moment. "Je veux gagner encore d'autres Wimbledon, d'autres titres du Grand Chelem, annonce celui qui a gagné 48 de ses 49 matches disputés cette année. C'est ce pour quoi je suis né. Je veux être un champion. Et je ne compte vraiment pas m'arrêter en si bon chemin." Celui de la gloire, évidemment.