Le Débat: Faut-il rappeler Evra ?

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Le Débat: Faut-il rappeler Evra ?
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Après avoir purgé ses cinq matches de suspension pour sa participation active, en qualité de capitaine des Bleus lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, à la grève de Knysna, Patrice Evra est de nouveau sélectionnable en équipe de France. Pour Chantal Jouanno, la ministre des Sports, la latéral gauche de MU n'y a plus sa place. Qu'en pensez-vous ? La rédaction participe au débat.

Après avoir purgé ses cinq matches de suspension pour sa participation active, en qualité de capitaine des Bleus lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, à la grève de Knysna, Patrice Evra est de nouveau sélectionnable en équipe de France. Pour Chantal Jouanno, la ministre des Sports, la latéral gauche de MU n'y a plus sa place. Qu'en pensez-vous ? La rédaction participe au débat. OUI - Laurent Duyck La partie de ping-pong a été l'un des sommets du week-end. D'un côté, Chantal Jouanno, la ministre des Sports, qui, avant de rejoindre des champions du monde de handball autrement plus respectables que nos pauvres footballeurs et avec qui il vaut mieux s'afficher aujourd'hui, s'est insurgée contre le possible retour en équipe de France de Patrice Evra, coupable selon elle de ne pas avoir "défendu les valeurs du sport qui sont aussi celles de la République". De l'autre Fernand Duchaussoy, le président intérimaire de la Fédération française de football (FFF), ou de ce qu'il en reste depuis le fiasco de la Coupe du monde, qui rappelait que le principe de double peine n'existait pas dans le football. Un match arbitré par l'Union des footballeurs professionnels (UNFP)... "Faut-il rappeler à Mme Jouanno qu'en France, une fois sa peine purgée, on a payé sa dette envers la société ?", s'est fort justement interrogé le syndicat des footballeurs, prenant pour exemple le cas d'Alain Juppé, aujourd'hui ministre de la Défense, et donc coéquipier de la ministre des Sports au sein du gouvernement, malgré une peine de 14 mois de prison avec sursis et d'un an d'inéligibilité écopée en 2004. Ce qui est applicable pour les politiques ne le serait donc pas pour les footballeurs ? Aussi fautif a-t-il été en Afrique du Sud, ne prenant pas la pleine conscience de ses droits et devoirs en sa qualité de capitaine, qu'il ait conduit les Bleus à une honte éternelle ou qu'il se soit fait instrumentaliser par plus fourbes que lui, Patrice Evra a aujourd'hui purgé sa peine. Et postule logiquement, après cinq matches de suspension, à un retour en équipe de France. Reste à savoir si, à l'heure de la reconstruction, Laurent Blanc, qui dit avoir fait une croix sur Knysna, voudra s'appuyer sur le Mancunien qui, revenu à son meilleur niveau en club, devance, sportivement parlant, dans la hiérarchie des latéraux Gaël Clichy et Aly Cissokho. Pas moins irréprochable en Afrique du Sud que son concurrent direct même s'il a échappé à la sanction, Eric Abidal a prouvé contre l'Angleterre qu'il pouvait se fondre dans le moule. Pourquoi Evra n'aurait-il pas droit lui aussi à une seconde chance ? NON - Thomas Pisselet La première question à se poser n'est pas "faut-il rappeler Patrice Evra en équipe de France ?" mais bien "Patrice Evra est-il toujours assez compétitif pour être à nouveau convoqué en équipe de France ?". Sur ce point, l'avis de Chantal Jouanno et l'éventuelle réplique de Fernand Duchaussoy importent peu. Seul le terrain doit parler et Laurent Blanc, au moment d'annoncer sa liste pour le match amical France-Brésil du 9 février prochain, ne doit avoir que ce paramètre-là en tête. La grève de Knysna est de toute façon un souvenir qu'il a balayé de son esprit aussi vite que les Bleus ont quitté l'Afrique du Sud l'été dernier. Difficile de le nier, Patrice Evra réalise une bonne saison à Manchester United, actuel leader de Premier League. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que son nom a circulé du côté du Real Madrid cet hiver. Mais en équipe de France, le latéral gauche mancunien a rarement convaincu par sa science du placement, parfois aléatoire pour ne pas dire laxiste, et son application défensive. Un registre dans lequel Eric Abidal, installé à ce poste à Barcelone, s'est montré très rassurant lors de sa dernière sortie avec les Bleus à Wembley, à l'occasion de la victoire contre l'Angleterre (2-1) le 17 novembre dernier. En l'absence de Franck Ribéry, blessé, rappeler Patrice Evra serait un signe fort de la part du sélectionneur national. Mais quel rôle aurait l'ancien Monégasque dans ce collectif rafraîchi, qui souhaite se racheter une image auprès d'un public qui, lui, n'a pas oublié cette désastreuse Coupe du monde 2010 ? Celui d'un simple remplaçant ? L'acceptera-t-il sans broncher ? Sans aucun doute. Mais il vaudrait mieux, pour l'avenir des Bleus, qu'un jeune joueur comme Gaël Clichy ou Aly Cissokho, par exemple, gagne en expérience dans l'ombre d'Eric Abidal. En attendant son heure.