Le Dakar tourne en rond

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Le Dakar tourne en rond
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Sans surprise, Marc Coma et Nasser Al-Attiyah ont remporté le Dakar 2011, ce samedi, accompagnés dans leur triomphe par l'indéboulonnable Vladimir Chagin. Une issue qui ne faisait guère plus de doute ces derniers jours, tandis que les lauréats caracolaient en tête de leurs classements respectifs. Comme en 2010, le plus célèbre des rallyes-raids s'est joué sur des détails certes, mais sans véritable suspense.

Sans surprise, Marc Coma et Nasser Al-Attiyah ont remporté le Dakar 2011, ce samedi, accompagnés dans leur triomphe par l'indéboulonnable Vladimir Chagin. Une issue qui ne faisait guère plus de doute ces derniers jours, tandis que les lauréats caracolaient en tête de leurs classements respectifs. Comme en 2010, le plus célèbre des rallyes-raids s'est joué sur des détails certes, mais sans véritable suspense. Au-delà des triomphes certainement mérités de Marc Coma et Nasser Al-Attiyah dans les catégories moto et auto, un constat s'impose au terme de cette 33e édition du Dakar: KTM et Volkswagen sont au-dessus du lot. Au détriment de la course sans doute. A l'image du Kamaz d'un Vladimir Chagin consacré pour la septième fois de sa carrière en camion, avec 63 succès d'étape au compteur, les montures respectives de Coma et Al-Attiyah ont fait la différence face à une concurrence réduite à la portion congrue. Une explication en interne, en somme. Flanqués d'une même KTM 450cc - avec des spécifications et des réglages différents certes - Marc Coma et Cyril Despres ont ainsi confisqué la course moto, se partageant la tête du classement général aux dépens des Francisco "Chaleco" Lopez, Helder Rodrigues, Paulo Gonçalves, Jonah Street et Frans Verhoeven, lesquels ont dû se contenter d'une victoire d'étape chacun. Pénalisé à hauteur de 10 minutes pour une étourderie au départ du quatrième chrono, le pilote francilien, tenant du trophée, n'a cependant pu contester la gagne à un Catalan qui s'est très vite évertué à gérer son avance. Un "Conquistador" qui, comme son rival, compte désormais trois succès sur le Dakar à son palmarès, après 2006 et 2009. BMW n'a pas pu lutter S'il a laissé cinq scratches à son homologue espagnol durant la quinzaine, Cyril Despres s'est néanmoins octroyé trois étapes, portant à 26 son total de victoires sur l'épreuve tout en se calant dans la roue de Jordi Arcarons, et à six longueurs du recordman absolu en la matière: Stéphane Peterhansel. Un "Cannibale" qui n'a pu s'exprimer à sa convenance cette année chez les autos, laissant les pilotes Volkswagen bien seuls aux commandes du rallye. Avec, comme l'an dernier, un triplé pour les troupes de Kris Nissen à Buenos Aires. Cette fois cependant, Mark Miller a laissé sa place sur le podium à Giniel de Villiers, et ce n'est pas Carlos Sainz qui a eu le dernier mot mais Nasser Al-Attiyah. Vainqueur à quatre reprises sur la piste sud-américaine lors de cette édition 2011, le Qatari a eu beau s'incliner sept fois devant le lauréat sortant, la casse de suspension du "Matador" jeudi entre Chilecito et San Juan a eu raison des velléités de l'Espagnol, lequel s'était imposé pour 2'21" seulement l'an passé. Sacré avec 49'41" de marge vis-à-vis de Giniel de Villiers, et 1h20 par rapport à Sainz, Nasser Al-Attiyah signe donc sans contestation possible sa première page dans le livre d'or du Dakar. Avec d'autant plus d'aplomb que le X3 de BMW, rival annoncé des Touareg troisième génération, n'a pas fait le poids. Si Stéphane Peterhansel a certes été le seul à arracher une spéciale aux bolides de Volkswagen, son véhicule a trop souffert de surchauffe moteur et de soucis pneumatiques pour prétendre inquiéter les équipages bleus. Et Carlos Sainz affiche désormais plus de victoires d'étape que lui dans la catégorie auto (24 contre 23). De quoi le décider à changer de camp l'an prochain ? Possible... Mais alors le suspense, donc l'intérêt même de la course, n'en sortirait pas grandi.