Le coup d'éclat d'Innerhofer

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Le coup d'éclat d'Innerhofer
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Si on pouvait espérer voir briller Adrien Théaux, le Super-G des Mondiaux de Garmisch-Partinkerchen a bien souri à un outsider: Christof Innerhofer. Avec son ski sans retenue, l'Italien a tiré son épingle du jeu et remporté mercredi le plus beau succès de sa carrière devant Hannes Reichelt et Ivica Kostelic. Théaux, premier Français, échoue à la dixième place, à plus de deux secondes du nouveau champion du monde.

Si on pouvait espérer voir briller Adrien Théaux, le Super-G des Mondiaux de Garmisch-Partinkerchen a bien souri à un outsider: Christof Innerhofer. Avec son ski sans retenue, l'Italien a tiré son épingle du jeu et remporté mercredi le plus beau succès de sa carrière devant Hannes Reichelt et Ivica Kostelic. Théaux, premier Français, échoue à la dixième place, à plus de deux secondes du nouveau champion du monde. C'était assurément l'une des courses les plus ouvertes de ces Mondiaux de Garmisch-Partinkerchen. Avec ses cinq vainqueurs en autant d'épreuves cet hiver, le Super-G n'avait pas encore trouvé son maître, d'autant que l'Autrichien Georg Streitberger, leader de la Coupe de monde de la spécialité, s'est fracture le tibia fin janvier, et sera absent jusqu'à la fin de la saison. Bref, une (demie) surprise était à prévoir. L'exigence de la piste, très technique, et plutôt glacée dans son ensemble, s'est chargée de faire le tri entre tous les prétendants. Et c'est en toute logique que le skieur ayant su prendre le plus de risques - et sans sortir !- a été sacré champion du monde. Avec son palmarès vierge de médaille en grand championnat, et de podium cette saison en Super-G, Christof Innerhofer, puisqu'il s'agit de l'heureux élu, est parvenu à créer l'exploit en remportant, de loin, le plus beau succès de sa carrière. L'Italien a laissé la plus belle impression de vitesse sur le saut, en milieu de parcours, que les chronos n'ont pas trahie. Quand la plupart des concurrents ont subi la piste, le skieur du Trentin l'a dominée, pour finalement devancer Hannes Reichelt, Ivica Kostelic et Didier Cuche, auquel il succède. Théaux trop timide Longtemps, l'attraction de ce Super-G aura été la piste, longue, exigeante, glacée par endroits, et proposant un enchaînement de courbes, qui en ralentira plus d'un dans sa partie intermédiaire. Ted Ligety (dossard n°2) et le Français Tomas Frey (n°3) ou encore Patrik Jaerbyn (n°5) ont été plus que bousculés. Le temps que les équipes, "en haut", soient prévenues, il a fallu attendre le huitième passage, celui de l'Autrichien Romed Baumann, pour voir établi le premier temps de référence (1'39"79). Vainqueur à Hinterstroder juste avant les Mondiaux, Hannes Reichelt a été le premier à réaliser une course sans grosse erreur (1'38"91). Il ne sera devancé que par... Innerhofer. Par la suite, Carlo Janka (1"72), Michael Walchhofer (2"20), Didier Cuche (1"03), le tenant du titre, et Ivica Kostelic (+0"72) se sont cassés les dents sur le chrono de l'Italien, auteur de la course parfaite. Mais puisqu'il était dit, enfin, que cette course devait être l'une des plus spectaculaires de la saison, Bode Miller ne pouvait pas rester dans l'ombre. L'Américain a accroché une porte, perdu un bâton, continué l'air de rien, pris un seconde d'avance sur le leader provisoire (Baumann, alors), puis commis une nouvelle erreur, avant de terminer, au train de sénateur, avec le 3e chrono provisoire, à la 12e place finale. Côté Français, l'entame de ces Mondiaux s'avère décidément compliquée, même si ce n'est pas en Super-G que les exploits étaient attendus. Avec la blessure de Yannick Bertrand, touché à la cuisse lors d'un entraînement, et qui n'a pas pris le départ pour se réserver pour la descente, samedi, les principaux espoirs reposaient sur Adrien Théaux. Deuxième à Beaver Creek cet hiver, le skieur de Val-Thorens s'est montré timide dans le milieu du parcours, pour finalement échouer à 10e place, à plus de deux secondes d'un Innerhofer déjà sur son nuage.