Le combat d'Aravane

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Le combat d'Aravane
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En proie à des problèmes depuis l'Open d'Australie au mois de janvier, Aravane Rezai a accepté de se livrer sur la période la plus difficile de sa vie. Dans L'Equipe, la Stéphanoise raconte la violente rupture avec son père, et la dépression qui s'en est suivie, et qui l'accompagne encore. A 24 ans, la Française ne veut pas lâcher, et continue de croire à un futur heureux.

En proie à des problèmes depuis l'Open d'Australie au mois de janvier, Aravane Rezai a accepté de se livrer sur la période la plus difficile de sa vie. Dans L'Equipe, la Stéphanoise raconte la violente rupture avec son père, et la dépression qui s'en est suivie, et qui l'accompagne encore. A 24 ans, la Française ne veut pas lâcher, et continue de croire à un futur heureux. La première information peut faire froid dans le dos. A l'heure d'aborder Roland-Garros, Aravane Rezai ne veut pas dévoiler son camp de base. "Pour des raisons de sécurité". A 24 ans, la Stéphanoise vit la période la plus douloureuse de sa vie. Depuis l'Open d'Australie, la jeune femme a en effet coupé les ponts avec sa famille. "Mon père a ses bons et ses mauvais côtés, mais ses mauvais m'empêchent de me réaliser en tant que femme. De mener la vie qui peut me permettre de m'épanouir dans mon tennis", démarre la Française, dans les colonnes de L'Equipe. "J'ai eu la chance de rencontrer quelqu'un que j'aime, et il m'a aidée. Mon père a voulu reprendre le contrôle et s'est montré encore plus dur avec moi. En Australie, on a eu une très grosse dispute, ça a été terrible, psychologiquement et physiquement", complète Rezai, qui a tout de suite reçu l'aide de la WTA, de la FFT et de la direction du tournoi. Interdit de circuit, son père ne peut plus l'approcher. "Pendant 24 ans passés auprès d'eux, mes parents m'ont appris que je devais être dépendante d'eux. Mais j'ai fait le choix de sortir de cette bulle." "Le combat que je mène, il est d'abord contre moi-même" Depuis, Aravane Rezai a dû couper les ponts avec sa famille. "Je viens d'une culture différente, et ce que je souhaite pour moi, à leurs yeux, ça représente une forme d'irrespect. Ce qu'ils n'ont pas compris, c'est que j'ai grandi en France (...) Ils m'ont donné une éducation iranienne et persane. Mon père m'interdisait de faire comme les autres filles occidentales (s'assoir, rigoler, avoir une bonne copine)", raconte la jeune femme, qui vit depuis des heures difficiles, forcément déchirée par ce choix. "J'ai délibérément coupé le cordon. Le combat que je mène, il est d'abord contre moi-même, contre la tentation d'arrêter de me battre pour ma liberté de femme." Et si elle en "pleure tous les jours", la Française veut servir d'exemple pour "les milliers de femmes - sans distinction d'origine ou de religion - qui, contrairement à moi, n'ont pas la chance de pouvoir dire stop à leurs souffrances, à leurs entraves". Désormais, en compagnie d'Alexia Dechaume, détachée par la FFT, Aravane Rezai tente de reconstruire son tennis qu'elle n'a pu vraiment travailler ces derniers mois. "Ma revanche serait d'être le plus heureuse possible. Aussi heureuse que j'ai pu être malheureuse avant", lâche-t-elle pour finir.