Le Cléac'h la passe de deux

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Le Cléac'h la passe de deux
@ Pen Duick/Transat AG2R
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VOILE - Armel Le Cléac'h a remporté pour la deuxième fois la Transat AG2R. Une première !

VOILE - Armel Le Cléac'h a remporté pour la deuxième fois la Transat AG2R. Une première !"Tant que les transats AG2R arriveront le 11 mai, Armel la gagnera, il va falloir changer la date de la Transat AG2R pour espérer gagner !" Deuxième de la dixième Transat AG2R, Jeanne Grégoire a tout dit au moment de débarquer dans la nuit antillaise sur le ponton de Gustavia: comme en 2004, c'est le jour de son anniversaire, en l'occurrence son 33e, qu'Armel Le Cléac'h a remporté la Transat AG2R, devenant le premier à signer le doublé sur une épreuve qui, cette dixième édition l'a encore prouvé, reste d'un très haut niveau de compétition. La preuve ? Jeanne Grégoire et Gérald Véniard (Banque Populaire), partis tenter dimanche une option de la dernière chance au sud de leurs concurrents, ne terminent que 50 minutes derrière Brit Air, tandis que Cercle Vert du duo Gildas Morvan-Bertrand de Broc complète le podium, environ 2 heures après le vainqueur.Et si la victoire revient finalement au tandem de Brit Air, c'est en grande partie parce qu'Armel Le Cléac'h est redevenu le «Chacal», capable de faire avancer son bateau plus vite que les autres. Hormis une erreur de trajectoire qui lui aura tout de même coûté une bonne vingtaine de milles en Atlantique, le skipper de Saint-Pol de Léon a quasiment toujours été plus rapide que ses concurrents, comme l'indiquait à l'arrivée le Rochelais Gérald Véniard: "La victoire d'Armel et de Fabien est largement méritée, on a eu le temps de se rendre compte qu'ils ne faisaient pas beaucoup d'erreurs, ils étaient toujours un tout petit plus rapides que nous. Je leur ai vu faire une erreur, le reste, c'était une école de navigation, ils nous ont donné une belle leçon. Pour aller plus vite, il faut bien le régler le bateau et surtout le régler dans la direction où on veut aller, c'est à ce jeu-là qu'ils sont été plus forts que nous."33 ans et un palmarès déjà impressionnantBel hommage mais mérité pour Armel Le Cléac'h qui, le temps de cette dixième Transat AG2R, avait délaissé son compère de toujours, Nicolas Troussel (skipper de Crédit Mutuel de Bretagne), pour faire équipe avec le jeune (25 ans) et prometteur Fabien Delahaye, premier bizuth de la dernière Solitaire du Figaro. L'association a fait des étincelles, les deux hommes figurant toujours dans le paquet de tête pendant les 3890 milles du parcours, partisans après les Canaries d'une option «sud-médiane» qui aura été la bonne, les quatre Figaro passés en tête à la marque de La Palma terminant également devant, mais dans le désordre, à Saint-Barth. Dans le désordre, car c'est au cours de cette traversée de l'Atlantique proprement dite que Brit Air, troisième aux Canaries derrière Savéol (Romain Attanasio-Sam Davies) et Banque Populaire, va prendre son envol, passant un à un ses concurrents, grâce à une meilleure vitesse de rapprochement. "On a toujours été en avance en terme de stratégie, on a réussi à faire le petit empannage ou le petit décalage qui nous ont permis de grappiller mille après mille", nous confiera deux heures après l'arrivée le vainqueur. Et si, un moment, Cercle Vert, avec à sa barre les expérimentés Gildas Morvan et Bertrand de Broc pour la reconstitution d'un duo qui avait parfaitement fonctionné dix ans plus tôt (deuxième en 2000), est passé en tête, le léger décalage dans son sud de Brit Air a permis à ses skippers de reprendre les commandes le 5 mai pour ne plus les lâcher lors du sprint final qui aura duré un peu plus de cinq jours. Joint lundi lors de l'ultime vacation, Armel Le Cléac'h refusait de crier victoire, même s'il pressentait l'heureuse issue: "Normalement, il y a du vent jusqu'à l'arrivée. Plus l'arrivée se rapproche, plus la pression monte, tout comme le stress de ne pas faire de bêtises. Ça va être un mode un peu plus régate jusqu'à l'arrivée. On est vraiment dans la concentration, ce ne sont pas les heures les plus rigolotes, c'est toujours stressant quand on est au contact avec les autres bateaux." Le franchissement de la ligne d'arrivée dans la nuit de lundi à mardi sur place (0h59), au petit matin en métropole (6h59) aura forcément été beaucoup plus rigolo pour un skipper qui, à seulement 33 ans, compte une ligne de plus à un palmarès déjà impressionnant. Prochaines escales de Brit Air ? La Solitaire du Figaro puis la Route du Rhum...