Le ciel et les joueurs grondent à New York

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Le ciel et les joueurs grondent à New York
@ REUTERS
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TENNIS - Nadal et ses collègues ont protesté mercredi contre des conditions de jeu indignes.

D’ordinaire plutôt discret hors des courts, Rafael Nadal a surpris son monde mercredi soir à l’US Open. Le joueur espagnol, numéro 2 mondial, a lancé une fronde de joueurs en sortant de sa réserve pour critiquer les organisateurs du tournoi américain. Leur tort : avoir profité d'une (très légère) accalmie, vers 12h30 locales, pour faire débuter trois matches comptant pour les huitièmes de finale messieurs dans des conditions limites. Quinze minutes après, le jeu était suspendu par une nouvelle pluie, définitivement cette fois. Les matches devraient tout de même reprendre jeudi. Jo-Wilfried Tsonga affrontera Roger Federer pour une place en demi-finales.

"Je passe pour un rebelle, ce que je ne suis pas"

"La décision de nous envoyer sur le court alors qu'il pleuvait était inacceptable", a tempêté le d’ordinaire placide Rafael Nadal. "On ne peut pas mentir aux joueurs et au public. Les deux méritent un peu de respect. A mon sens, les tournois du Grand Chelem ont trop de pouvoir. Ils ne se soucient pas des joueurs. Il y a trop d'intérêts en jeu."

Le tenant du titre était visiblement perturbé puisqu’il a perdu les trois seuls jeux disputés contre le modeste Luxembourgeois Gilles Müller. Puis, visiblement en colère, il a quitté le court sous les sifflets des quelques spectateurs présents dans les gradins du court Arthur-Ashe, la plus grande enceinte de tennis au monde avec 23.157 places."Je n'apprécie pas de devoir être là devant les caméras à dire ces choses car je passe pour un rebelle, ce que je ne suis pas, mais je quand je sens que quelque chose est injuste, je dois le dénoncer", s’est justifié le joueur espagnol.

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© MAXPPP

Rafael Nadal n’est pas le seul à avoir pesté. "Les lignes deviennent glissantes, les balles sont humides, le fond des courts est mouillé", a énuméré Andy Murray, numéro 4 mondial, qui était mené 2-1 par Donald Young au moment l’interruption définitive. "Les joueurs sont les premiers à vouloir jouer, mais pas quand c'est dangereux." Le local Andy Roddick, vainqueur du tournoi en 2003, a abondé : "je comprends qu'il faille montrer du tennis à la télévision, je comprends les intérêts en jeu, mais il faut d'abord garantir la protection des joueurs", a affirmé l’Américain. "Nous avons fait savoir que nous ne voulions pas être remis dans cette position."

Quatre matches en quatre jours

La fédération américaine de tennis, l’USTA, s'est défendue par communiqué : "à midi, les infos en notre possession indiquaient la possibilité d'une fenêtre de deux heures sans pluie. Malheureusement, la bruine et l'humidité ne sont pas toujours visibles sur le radar", écrit l’instance. "Nous avons des arbitres expérimentés qui décident si les courts sont jouables. Les conditions peuvent ne pas être idéales mais jouables quand même."

Après avoir échauffé les esprits, la météo devrait se charger de ramener le calme, puisque le jeu devrait pouvoir reprendre jeudi. Mais une autre polémique menace. Car en raison du retard accumulé les joueurs de bas de tableau devront disputer quatre matchés en quatre jours pour espérer remporter  tournoi. "Enchaîner quatre matches en cinq sets en quatre jours, c'est un gros désavantage pour celui qui se situe dans le bas de tableau", a dit Rafael Nadal. Mais le directeur du tournoi ne veut pas entendre parler d’un report de la finale hommes de dimanche à lundi. "Les joueurs sont suffisamment préparés physiquement", a asséné Jim Curley. Un argument fort peu diplomatique, qui pourrait faire définitivement perdre leurs nerfs aux joueurs.