Le chef-d'oeuvre de la Liquigas

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Le chef-d'oeuvre de la Liquigas
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Un coup de maître ! La Liquigas a réalisé une démonstration de force sur la Vuelta en réussissant un superbe coup tactique lors de la 6e étape, entre Ubeda et Cordoba. En compagnie de trois de ses coéquipiers, dont Peter Sagan, Vincenzo Nibali s'est enfuit dans une descente profitant d'un coup de bordure. A l'arrivée, Sagan s'est offert sa 12e victoire de la saison, tandis que Nibali a repris du temps à tous les autres favoris.

Un coup de maître ! La Liquigas a réalisé une démonstration de force sur la Vuelta en réussissant un superbe coup tactique lors de la 6e étape, entre Ubeda et Cordoba. En compagnie de trois de ses coéquipiers, dont Peter Sagan, Vincenzo Nibali s'est enfuit dans une descente profitant d'un coup de bordure. A l'arrivée, Sagan s'est offert sa 12e victoire de la saison, tandis que Nibali a repris du temps à tous les autres favoris. Si la Katusha avait marqué les esprits mardi et mercredi, avec les victoires d'étape respectives de Daniel Moreno puis Joaquim Rodriguez, c'est bel et bien la Liquigas qui a frappé un grand coup sur cette Vuelta 2011, ce jeudi lors de la 6e étape entre Ubeda et Cordoba (193 kilomètres). Le sprint final a ainsi vu quatre coureurs de la formation italienne, plus Pablo Lastras (Movistar), déjà vainqueur d'une étape, se disputer la victoire. Si Peter Sagan, fort de sa pointe de vitesse, s'est logiquement imposé, le très jeune (21 ans) Slovaque faisait la fine bouche à l'arrivée, au micro d'Eurosport: "Cela aurait été meilleur si Vincenzo (Nibali, Ndlr) avait pu gagner, pour avoir les bonifications." Finalement 4e, le Transalpin reprend 17 précieuses secondes à Joaquim Rodriguez et Michele Scarponi. Nibali est désormais 3e d'un classement général toujours dominé par Sylvain Chavanel, 10e de l'étape à 17 secondes. Le Poitevin compte désormais 15 secondes d'avance sur son dauphin, Daniel Moreno. Tout n'avait pourtant pas commencé pour le mieux ce jeudi pour le vainqueur de l'édition 2010 du Tour d'Espagne. Le début de la 6e étape est ainsi extrêmement rapide, entrainant des cassures multiples au sein d'un peloton dans lequel ne figurent plus, ce jeudi soir, Nicolas Vogondy (Cofidis), Matti Breschel (Rabobank), Kurt-Asle Arvesen (Sky) et Johan Tschopp (BMC), qui ont tous abandonné. Vincenzo Nibali mais aussi Bradley Wiggins et Denis Menchov se font une belle frayeur lorsqu'une cassure les relègue dans un deuxième groupe. Plus de peur que de mal finalement pour ces trois cadors, qui réintègrent rapidement le peloton. Après une première heure de course complètement folle (50,2 km/h de vitesse moyenne), la 6e étape reprend une configuration classique, une échappée de quatre coureurs se formant au km 60. Moncoutié tente encore, la Liquigas écoeure la concurrence Adrian Palomares (Andalucia), Martin Kohler (BMC), Aleksejs Saramotins (Cofidis) et Yukihiro Doi (Skil Shimano, premier Japonais à disputer la Vuelta) prennent la poudre d'escampette sans pour autant inquiéter un peloton mené par la Quick Step, puis Leopard-Trek et la Garmin-Cervélo. De 8 minutes d'avance à 93 kilomètres de l'arrivée, l'écart se réduit comme peau de chagrin jusqu'à n'être plus que d'une petite minute à 31 kilomètres du terme, moment que choisi Martin Kohler pour fausser compagnie à ses trois compagnons d'échappée et tenter un dernier baroud d'honneur. Le champion de Suisse du contre-la-montre (en l'absence de Fabian Cancellara) prend un éclat sur des longs faux-plats montants et se fait avaler par un peloton mené par la Leopard-Trek, à 27 kilomètres de l'arrivée, au pied de l'unique difficulté du jour, l'Alto del Catorce por Ciento, classée en 2e catégorie. Déjà à l'attaque dans le final mercredi, sans réussite, David Moncoutié (Cofidis) en remet une ce jeudi à deux kilomètres du sommet, empochant 5 précieux points supplémentaires au classement de la montagne, toujours dominé par Daniel Moreno (Katusha). Dans la descente vers Cordoba, un quatuor se forme, composé, en plus du Tricolore, de Tony Martin (HTC), David de la Fuente (Geox) et Kevin Seeldrayers (Quick Step). Derrière, l'effort de la Liquigas, avec Sylvain Chavanel dans la roue, s'avère fatal aux quatre fuyards à 8 kilomètres du terme. Le final voit Vincenzo Nibali, accompagné de Peter Sagan et deux autres équipiers, profiter d'une descente effrénée et d'un fort vent de côté pour prendre les devants, en compagnie du seul Pablo Lastras (Movistar). Peter Sagan décroche au sprint le 12e succès d'une saison 2011 déjà bien rempli. Surtout, Vincenzo Nibali envoie un signal fort aux autres prétendants à la victoire finale sur cette Vuelta, en montrant qu'il pourra compter sur une équipe fin prête. Sylvain Chavanel connaîtra vendredi son 3e jour consécutif en rouge lors d'une 7e étape qui devrait voir un sprinteur s'imposer. Avant que la haute montagne, dès samedi, ne pointe le bout de son nez.