Le champion s'est fait peur

  • A
  • A
Le champion s'est fait peur
Partagez sur :

Clermont a décroché vendredi soir son billet pour les demi-finales du Top 14. Opposé au Biarritz Olympique sur sa pelouse, le champion de France en titre a souffert mais s'est imposé (27-17) avec un deuxième essai accordé après un long arbitrage vidéo, qui fera certainement couler beaucoup d'encre. En demi-finale, les Auvergnats affronteront Toulouse le 27 mai prochain au Stade Vélodrome de Marseille.

Clermont a décroché vendredi soir son billet pour les demi-finales du Top 14. Opposé au Biarritz Olympique sur sa pelouse, le champion de France en titre a souffert mais s'est imposé (27-17) avec un deuxième essai accordé après un long arbitrage vidéo, qui fera certainement couler beaucoup d'encre. En demi-finale, les Auvergnats affronteront Toulouse le 27 mai prochain au Stade Vélodrome de Marseille. Et Marcel-Michelin s'est tu... Pendant près de cinq minutes, l'antre jaune et bleu retient son souffle, 17000 personnes étant alors suspendues aux lèvres de M.Rebollal, qui vient de faire appel à l'arbitrage vidéo après que Lapandry a aplati dans l'en-but biarrot. 70e minute, le score est alors de 17 à 13 en faveur du BO, qui résiste aux assauts des joueurs locaux. Sur l'action, Marcelo Bosch semble aplatir dans son en-but sous la pression de Murimurivalu, mais les images laissent planer le doute sur le fait qu'il ait réellement aplati... C'est dans ces conditions que l'arbitre accorde l'essai, permettant alors à l'ASM de passer devant, 20-17, à dix minutes du terme. Il s'agit, bien évidemment, du tournant de ce premier match de barrages. Car avant cela, au cours de la première période, Biarritz avait parfaitement résisté à l'envie clermontoise, avant de contrer idéalement le jeu mis en place par Vern Cotter. A la 23e minute, d'abord, Julien Peyrelongue effectue un superbe sauvetage sur Julien Bonnaire, alerté en bout de ligne côté droit, mais repris in extremis au moment d'aplatir. Un essai refusé... sur arbitrage vidéo, fort logiquement. Dans la foulée, à la demi-heure de jeu, le premier essai de la rencontre est inscrit par Yachvili: Arnaud Mignardi transperce le rideau clermontois plein axe, James manque l'interception, Yachvili en profite et file à dam (3-10). L'intensité, déjà énorme, redouble encore, Clermont se rue à l'offensive mais voit Brock james se faire contrer par son homologue biarrot, Julien Peyrelongue s'échappe sur 60 mètres et double la mise. Contre toute attente, le BO mène 17 à 3, et c'est plutôt logique tant la pression défensive mise par les hommes du trio Gonzalez-Rodriguez-Isaac est grande. A trop vouloir jouer, Clermont s'est fait contrer, une leçon que vont méditer et assimiler les Auvergnats durant la pause. Dimitri Yachvili, lui, sait à quoi s'attendre: "On a 40 minutes à venir qui seront encore plus dures que les 40 précédentes", prédit-il au micro de Canal + au moment de regagner les vestiaires. Nul doute que le demi-de-mêlée international aurait aimé se tromper. La ruse de Brock James Car le second acte de ce premier barrage va être à sens unique, donnant lieu à un combat de chaque instant, avec des rôles bien définis: Clermont dans celui de l'assaillant et Biarritz campant celui du résistant, avec ses armes. En l'occurrence beaucoup de coeur et de discipline. Par trois fois, les champions de France en titre livrent des offensives de plus de trois minutes, mais chaque fois, la défense biarrote se montre imperméable, bien que souvent au bord de la rupture. Il faut au final toute la malice de Brock James pour relancer l'ASM: quelques secondes après un carton jaune reçu par Balshaw, l'ouvreur australien surprend tout le monde en jouant vite la pénalité et aplatit en coin, sans opposition. Clermont revient ainsi à quatre points, 13-17, et reprend espoir. D'intense, le combat devient alors dantesque. Clermont monopolise le ballon, à l'image de cette action qui voit l'équipe de Vern Cotter multiplier les départs au ras cinq minutes durant, grappillant centimètre par centimètre. Biarritz plie, courbe l'échine, mais récupère la balle et se dégage... Jusqu'à cette fameuse 70e minute, qui voit M.Rebollal voler la vedette à tous les acteurs de ce barrage absolument formidable. Le ressort biarrot est alors évidemment rompu, Julien Malzieu inscrit dans la foulée son onzième essai personnel de la saison et donne au score une plus grande ampleur. 27-17, Biarritz n'inscrit donc aucun point au cours de la seconde période et quitte la phase finale par la grande porte. Maigre consolation... Pour Raphaël Lakafia, le jeune troisième ligne biarrot appelé par Marc Lièvremont pour disputer la Coupe du Monde, le coup est rude. Et sa soirée, débutée par des larmes après la causerie d'avant-match de Sylvain Marconnet pour resserrer les rangs, se termine finalement comme elle avait commencé. Clermont poursuit, lui, son chemin, la route de la défense de son titre passera le 27 mai prochain par le Stade Vélodrome, pour y affronter le Stade Toulousain, premier du classement au terme de la saison régulière.