Le Cam: "Une belle aventure"

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Le Cam: "Une belle aventure"
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Malheureux sur le dernier Vendée Globe où il a dû abandonner son bateau au large du Cap Horn, Jean Le Cam, après une Transat Jacques-Vabre 2009 sur un Multi50 trop vite écourtée sur chavirage, est de retour dans la classe Imoca au départ de la Barcelona World Race, sur Président, et avec un co-skipper catalan, Bruno Garcia. Un premier tour du monde en double dont il espère être le point de départ vers un nouveau Vendée Globe.

Malheureux sur le dernier Vendée Globe où il a dû abandonner son bateau au large du Cap Horn, Jean Le Cam, après une Transat Jacques-Vabre 2009 sur un Multi50 trop vite écourtée sur chavirage, est de retour dans la classe Imoca au départ de la Barcelona World Race, sur Président, et avec un co-skipper catalan, Bruno Garcia. Un premier tour du monde en double dont il espère être le point de départ vers un nouveau Vendée Globe. Jean, comment vous êtes-vous retrouvé à la barre de Président au départ de cette Barcelona World Race ? Président est partenaire de l'organisation et voulait avoir un bateau au départ de la course. Donc Andor Serra, l'organisateur de la Barcelona, a trouvé un bateau. Et il lui fallait un skipper français et un skipper espagnol. Sachant que j'avais dit à Andor que j'étais très intéressé pour faire ce tour du monde en double, ça s'est fait comme ça. C'est un concours de circonstance. Qu'est-ce qui vous attirait dans cette course ? C'est une belle aventure. Et je n'avais jamais eu l'occasion de faire ce tour du monde en double. Qui plus est, c'est un projet espagnol. Et sortir de chez soi, je trouve que ça ne fait pas de mal. Ça me fait des liens avec l'Espagne. Et ça me fera peut-être mieux parler espagnol quand je rentrerai (sourires). Il y a plein de choses positives dans cette aventure. Qui vous amène à prendre le départ sur un bateau et avec un co-skipper, Bruno Garcia, que vous avez découverts il y a peu. N'est-ce pas trop inconfortable de se lancer dans un tour du monde dans ces conditions ? Non, parce que le bateau, c'est quand même celui de Mike Golding qui a fait ses preuves par le passé, notamment sur la dernière Jacques-Vabre (transatlantique en double). Donc c'est un bateau qui a déjà été éprouvé. Et puis ça reste un bateau à voiles, avec un mât, une quille et des safrans... A partir de là, on sait faire. Et puis avec Bruno, on a été concurrent à l'époque sur la Solitaire du Figaro (trois participations de l'Espagnol, ndlr), après, il a fait la Mini Transat (5e en 2003). Bon, son métier, c'est cardiologue, mais sa passion, c'est la voile. En septembre, on a préparé le bateau et Bruno est resté plus d'un mois en Bretagne. Et puis derrière, on a fait la qualification (2800 milles) plus tous les entraînements à Port-la-Forêt et enfin le convoyage jusqu'à Barcelone. Donc, il n'y a pas de souci particulier. "Si on ne se supporte pas, ça peut tourner au vinaigre rapidement" Vous n'êtes pas inquiet sur votre bonne entente qui sera, de l'avis de tous, un des gages de réussite sur cette Barcelona World Race ? C'est une des clés, c'est sûr. Si on ne se supporte pas, ça peut tourner au vinaigre rapidement (rires). Dans ce contexte, il vaut mieux deux personnes qui n'ont pas forcément besoin d'exister, même si l'un d'eux n'est pas professionnel, que deux champions du monde qui ont toujours raison et la vérité en eux. Celui qui ne sait pas s'adapter à l'autre dans un couple comme celui-là, ça peut vite dégénérer. Personnellement, je n'appréhende pas. Bruno, je commence à bien le connaître. C'est une personne de qualité, avec des valeurs humaines qui me vont bien. Vous connaissez bien le parcours du Vendée Globe avec la descente du Golfe de Gascogne. Là, le départ se fait de Barcelone. En quoi ce parcours change-t-il la donne ? La Méditerranée est une mer fermée. Donc jusqu'à la sortie à Gibraltar, il y a peut-être des pièges qu'on ne retrouve pas en Atlantique, du moins qui sont différents. Donc la stratégie sera peut-être un peu différente. Enfin, on a quand même des infos météo avant le départ sur les trois ou quatre jours qui nous seront nécessaires pour sortir de la Méditerranée. C'est plutôt sur le retour où ça pourrait changer la donne. Pour moi, c'est peut-être un avantage de partir avec un Catalan, car Bruno connaît très bien la Méditerranée. Ce n'est pas pour nuire... Avec quels objectifs prenez-vous le départ ? Le principal objectif sera de finir premier des bateaux espagnols. Et puis ensuite, on verra bien... "Les bateaux neufs, il faut qu'ils arrivent au bout..." Pour vous, les favoris sont les bateaux français ? Il y a quand même des bateaux qui viennent d'être mis à l'eau. Avec les avantages et les inconvénients que ça représente. Mais, comme sur chaque course, il faut d'abord arriver pour espérer gagner. A partir de là, tout est ouvert. On l'a vu sur la Route du Rhum. Il y avait quand même PRB (Vincent Riou), Virbac-Paprec 3 (Jean-Pierre Dick) et Foncia (Michel Desjoyeaux) comme bateaux récents. Bon, ils n'ont pas brillé par leurs exploits. Ce sont deux anciens bateaux qui ont fait un et deux, avec « Bilou » (Roland Jourdain sur Véolia, l'ancien BT de Sébastien Josse) et Armel (Le Cléac'h sur Brit Air). Ça veut dire que la classe arrive à une certaine maturité au niveau des performances des bateaux, d'où une certaine homogénéité, ce qui est une bonne chose. Maintenant, les bateaux neufs devraient quand même avoir un potentiel supérieur. Après, il faut qu'ils arrivent au bout... D'où l'avantage de partir sur un bateau éprouvé... Peut-être. Avez-vous eu le temps justement d'apprivoiser ce bateau ? Ah, oui, oui, il commence à parler français et espagnol (rires). Plus sérieusement, il y a des choses que je n'aurais pas faites sur ce bateau-là. Mais on l'a loué à Mike Golding donc, si on s'est permis de faire quelques modifications, le pont reste le pont de Mike Golding. Ce tour du monde peut-il vous conduire directement vers le prochain Vendée Globe ? Pour le moment, on a un accord pour faire cette Barcelona World Race et c'est tout. Bon, j'espère que ça débouchera éventuellement sur autre chose... Moi, je suis à la recherche quoiqu'il arrive d'un partenaire pour faire le Vendée Globe. Cette course, ça me permet de rester au contact avec la flotte et de faire un tour du monde deux ans avant la prochaine édition. C'est un bon entraînement. A partir de là, j'active grandement (il insiste) la recherche d'un partenaire pour le prochain Vendée Globe. Parce que le temps est déjà compté. Ça serait bien que ça se dénoue avec un partenaire, Président ou un autre.