Le Brésil comme l'Argentine !

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Le Brésil comme l'Argentine !
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Au lendemain de l'élimination de l'Argentine, la Copa America a connu un deuxième séisme avec le Brésil qui passe à la trappe après sa défaite face au Paraguay aux tirs au but (0-0, 2 t.a.b. à 0). Une séance surréaliste, marquée par les quatre échecs des tireurs brésiliens sur quatre tentatives. Le Paraguay se hisse dans le dernier carré, alors que les jours de Mano Menezes à la tête de la sélection auriverde semblent comptés.

Au lendemain de l'élimination de l'Argentine, la Copa America a connu un deuxième séisme avec le Brésil qui passe à la trappe après sa défaite face au Paraguay aux tirs au but (0-0, 2 t.a.b. à 0). Une séance surréaliste, marquée par les quatre échecs des tireurs brésiliens sur quatre tentatives. Le Paraguay se hisse dans le dernier carré, alors que les jours de Mano Menezes à la tête de la sélection auriverde semblent comptés. Elano, Thiago Silva, Andre Santos, Fred... Quatre joueurs confirmés, bourrés de talent, qui partagent depuis dimanche soir un point commun dont ils se seraient bien passés : avoir raté un tir au but dans un quart de finale de la Copa America. Quatre tireurs pour autant d'échecs, le fait est assez rare pour être noté. Surtout lorsqu'il s'agit du pays du football. Ces quatre échecs laisseront à n'en pas douter des traces, ils permettent peut-être déjà au peuple argentin de se consoler quelque peu, quelques heures après avoir pleuré l'élimination des Albicelestes, également aux tirs au but. Au moins, côté argentin, seul Carlos Tevez aura manqué sa tentative... Cette élimination prématurée des deux cadors de la compétition laisse la porte ouverte à des prétendants inattendus, parmi lesquels il faudra donc compter le Paraguay. A condition que la sélection dirigée par Gerardo Martino ne propose autre chose sur le plan du jeu que face aux Auriverde. Car en vérité, il n'y aura eu qu'une équipe sur le terrain. Sur le plan offensif du moins, le Brésil aura été, 120 minutes durant, la seule formation dangereuse. Les artistes associés que sont Neymar, Pato, Robinho et Ganso, relayés ensuite par Fred et Lucas, auront tenté, tant et plus, de forcer la décision, mais Justo Villar, le portier paraguayen, auteur d'une superbe prestation, aura tout repoussé. Et quand le dernier rempart paraguayen aura été exceptionnellement battu, sa défense ultra-solidaire l'aura parfaitement suppléé. C'est ainsi qu'Alcaraz repousse une frappe de Neymar (49e), ou que Barreto, entré en jeu quelques minutes auparavant, sauve de la tête sur sa ligne face à Fred (84e). L'opposition de styles aura donc bien eu lieu, à un point que les observateurs n'attendaient certainement pas. Car le Paraguay, en phase de poules, avait montré un visage bien plus conquérant, récompensé par un match nul (2-2) qui aurait pu être une victoire sans l'égalisation in extremis de Fred. Cette fois, Nelson Valdez et ses coéquipiers se seront contentés du strict minimum sur le plan du jeu, opposant aux individualités brésiliennes une solidarité collective de tous les instants. Menezes, un avenir en suspens? Une recette payante donc, n'en déplaise aux défenseurs incessants du beau jeu que ne symbolise plus vraiment le Brésil. Oui, aujourd'hui, on peut se qualifier en ne cadrant aucun tir, sans se montrer dangereux une seule fois, essayant seulement d'inquiéter Julio Cesar par trois tirs aussi lointains que non cadrés. Alors, l'issue de cette rencontre est cruelle pour le Brésil, plus encore peut-être pour Mano Menezes, son sélectionneur. Déjà décrié pour ses choix tactiques et l'amalgame entre jeunes (Neymar, Ganso, Lucas) et cadres de l'ère Dunga (Lucio, Maicon, Lucas Leiva) qui tarde à prendre, Menezes pourrait bien voir son plan contrarié par cette élimination prématurée. Ce plan consiste à amener à maturité sa sélection pour la Coupe du monde 2014, qui se déroulera au Brésil. Car il est fort probable que la presse brésilienne oubliera bien vite le contenu intéressant de ce quart de finale, au profit de son issue. A moins que cette désormais historique séance de tirs au but ne focalise, à juste titre, toute l'attention des critiques. Dommage, il y aurait presque de quoi en rire.