Layec: "Respecter celui qui a le sifflet"

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Layec: "Respecter celui qui a le sifflet"
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Manager des arbitres de Ligue 1, Bertrand Layec a profité de la première conférence technique de l'arbitrage de la saison organisée mardi pour dresser un bilan après les sept premières journées de championnat. Pour cette saison 2010-2011, la direction technique de l'arbitrage (DNA) a ainsi décidé de se concentrer sur un thème, celui de la protection: des joueurs, du jeu et des arbitres.

Manager des arbitres de Ligue 1, Bertrand Layec a profité de la première conférence technique de l'arbitrage de la saison organisée mardi pour dresser un bilan après les sept premières journées de championnat. Pour cette saison 2010-2011, la direction technique de l'arbitrage (DNA) a ainsi décidé de se concentrer sur un thème, celui de la protection: des joueurs, du jeu et des arbitres. Conspués, insultés, voire menacés ! Chaque week-end, c'est le lot quotidien des arbitres français officiant en Ligue 1. Pour cette première conférence de presse, Bertrand Layec, manager des arbitres, avait convié les médias au siège de la Fédération Française de Football (FFF) pour établir un premier bilan du corps arbitral après les sept premières journées de championnat. Une chose est sûre, entre la fin de la saison passée et le début de celle-ci, les "semelles" (67 après 7 journées cette saison, contre 41 en 2009-2010 à pareille date), les tacles (62 contre 50) et les coups de coude (20 contre 0) sont en augmentation. "Avec davantage de semelles et de tacles, mais aussi beaucoup de fautes de coude mettant en danger l'intégrité du joueur, une nouvelle manière de défendre se dessine. Constatée en 2009-2010, elle se confirme", confie Bertrand Layec. Pour tenter d'inverser la tendance, la DNA visionne ainsi tous les matches de Ligue 1 et établit des statistiques. "84% des semelles ont été justement sanctionnées, contre 96% pour les tacles et 65% pour les coups de coude" se félicite ainsi M. Layec. La graduation des sanctions est aussi fixée selon des critères précis. Ainsi, pour une semelle, "si le pied du défenseur est sous la cheville, son geste peut être sanctionné d'un avertissement, mais, au contraire, d'une expulsion si l'impact a lieu au-dessus. La vitesse, l'intensité et l'impact sont les trois critères devant être réunis. De même, pour les gestes du coude, un appui de l'avant-bras du joueur sur la tête de l'adversaire conduira à un carton jaune, et à une expulsion s'il y a utilisation du coude comme d'une arme". Pour que de telles mesures soient mieux comprises et acceptées par les joueurs, les entraîneurs et les dirigeants, la DNA transmet aux clubs des briefings hebdomadaires, qui leurs permettent d'être "informés presqu'en temps réel de nos travaux et de nos constats", précise Layec. L'arbitrage à cinq, oui, la vidéo, pas question Mais le chantier de la DNA est bien plus vaste. Pour l'heure, trois axes ont été évoqués en août dernier lors du rassemblement entre les arbitres et les acteurs du football français. Elles concernent la protection des joueurs, du jeu et de l'arbitre. "J'ai trouvé que nous avions une évolution négative de la fonction de l'arbitre avec une tension palpable entre la fin de saison passée et la cinquième journée avec un pic de fautes invraisemblables. Aujourd'hui, il faut donner une meilleure image de l'arbitre et cela passe par respecter celui qui a le sifflet à la bouche", explique l'ancien arbitre international. Mais pour ce faire, les hommes en jaune pourront-ils compter sur le soutien de la technologie ? Bien évidemment, le débat sur la vidéo anime toujours autant le corps arbitral avec ses avantages et ses inconvénients. Selon la DNA, la vidéo aurait peut-être pu éviter six cas litigieux depuis le début de la saison. Mais le jeu en vaut-il la chandelle pour un procédé très onéreux estimé à 300 000 euros ? Pour l'heure la Fédération Internationale de Football (FIFA) ne veut en aucun cas entendre parler de la vidéo et semble préférer vouloir généraliser l'arbitrage à cinq. Depuis quelques mois, la FIFA, sûrement échaudée par quelques affaires retentissantes, comme la main de Thierry Henry en barrages de la Coupe du monde face à l'Irlande, semble décidée à apporter quelques retouches et a notammment accepté de mettre en place l'arbitrage à cinq, avec un arbitre placé derrière chaque but. Ce système, qui est testé depuis un an en Ligue Europa, vient d'arriver dans l'hexagone et est utilisé pour les matches de Coupe de la Ligue. Mais pour le voir arriver en Ligue 1 , ce ne sera pas avant mai 2012, date à laquelle l'instance internationale rendra son verdict pour l'utilisation ou non de l'arbitrage à cinq en compétition officielle. Affaire à suivre...