Lavillenie seulement bronzé

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Lavillenie seulement bronzé
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Une médaille de bronze mondiale au goût amer. Renaud Lavillenie était arrivé à Daegu avec le costume du patron de la perche mondiale. Réconforté par l'élimination de Steven Hooker puis celle, prématurée, de Romain Mesnil en finale, le Clermontois pensait avoir fait le plus dur en passant 5,85m. Mais Pawel Wojciechowski, en or, et Lazaro Borges, en argent, ont tous les deux franchi 5,90m.

Une médaille de bronze mondiale au goût amer. Renaud Lavillenie était arrivé à Daegu avec le costume du patron de la perche mondiale. Réconforté par l'élimination de Steven Hooker puis celle, prématurée, de Romain Mesnil en finale, le Clermontois pensait avoir fait le plus dur en passant 5,85m. Mais Pawel Wojciechowski, en or, et Lazaro Borges, en argent, ont tous les deux franchi 5,90m. Renaud Lavillenie s'en souviendra longtemps. Il avait préparé toute la saison en vue de Daegu, enchaînant les meetings avec la première place de Diamond League à la clé. Mais une journée de concours reste un moment à part. Sûr de son fait, le Français n'avait pas tremblé lors des qualifications, au contraire de Steven Hooker, trop longtemps blessé et finalement incapable de passer la moindre barre. Voilà qui, supposément, ouvrait un peu plus la route vers le titre mondial. Bien entendu, Lavillenie répétait que le virtuel ne valait rien. Il ne pensait pas si bien dire. Le début de la finale lui a donné raison. Romain Mesnil, qu'il avait identifié comme un des athlètes à suivre, n'a pas trouvé la clé lors de la finale, terminant dans la moiteur de Daegu avec un zéro pointé. Le Clermontois a lui enchaîné les sauts avec une belle assurance. 5,65m puis 5,75m, pour ce qui semblait être une barre naturelle en vue d'un premier écrémage. Le visage soudainement plus fermé, Lavillenie a alors vu ses adversaires se transcender un à un, si bien qu'ils se sont retrouvés à sept à l'heure de tenter 5,85m ! L'amertume de Lavillenie Une affaire plus corsée que prévu. Le Polonais Pawel Wojciechowski sera le premier à se manquer, mais il va opter pour l'impasse en voyant le Français ainsi que Lukasz Michalski et Lazaro Borges (record national battu) passer cette barre. Ce trio sera finalement accompagné par Malte Mohr, qui passera à son troisième essai alors qu'il se trouvait dans l'obligation de franchir une autre barre pour grimper sur le podium. Cinq encore en course à l'heure de s'attaquer à 5,90m, c'est juste énorme ! Lavillenie a sans doute voulu en rajouter un peu plus, s'est un peu crispé et alors qu'il paraissait si juste dans ses trois premiers sauts, il va lui manquer un petit quelque chose. Jusqu'à ce troisième essai, sur lequel il sera bien plus haut mais trop loin, si bien qu'il est retombé sur la barre, voyant ses espoirs de titre filer. Car avant lui, Wojciechowski était passé et alors qu'il pensait rester en argent, le Cubain Borges va améliorer encore son record en franchissant lui aussi 5,90m. Comme un symbole, c'était la meilleure performance mondiale de l'année. Tout du moins officiellement puisque... Wojciechowski avait franchi 5,91m sans que ce saut ne soit homologué, à Szczecin il y a moins de 15 jours. Ce qui aurait dû mettre la puce à l'oreille. Et dire que le Polonais n'a intégré la finale qu'avec un saut à 5,50m... On se dit que c'était son année. "Il y a beaucoup d'amertume, peste le Français devant les caméras de France 3. Ça a été un gros concours, et je me retrouve à faire une petite erreur qui me coûte cher. Il n'a pas manqué grand-chose, mais il faut aussi dire que les deux perchistes qui me battent explosent leur record personnel." Lavillenie en verra d'autres. Une leçon à méditer pour l'avenir, notamment en vue des JO.