Lavillenie: "Ma vie a changé le 21 juin 2009"

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Lavillenie: "Ma vie a changé le 21 juin 2009"
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Champion d'Europe en titre que ce soit en salle ou en extérieur, Renaud Lavillenie veut conserver son titre en indoor ce week-end à Bercy. Malgré une concurrence accrue sur la scène européenne, le perchiste tricolore espère bien briller devant son public et dans une compétition qu'il voit avant tout comme une étape avant les Mondiaux prévus cet été en Corée du Sud.

Champion d'Europe en titre que ce soit en salle ou en extérieur, Renaud Lavillenie veut conserver son titre en indoor ce week-end à Bercy. Malgré une concurrence accrue sur la scène européenne, le perchiste tricolore espère bien briller devant son public et dans une compétition qu'il voit avant tout comme une étape avant les Mondiaux prévus cet été en Corée du Sud. Comment vous sentez-vous avant cette compétition ? Je suis plutôt en forme. Je suis prêt mentalement. J'ai bien débuté la saison (il a déjà réalisé 5,93m, ndlr). C'est une compétition que j'ai bien préparé cet hiver, du mieux possible en tout cas. Est-ce un réel objectif dans votre saison ? Mon objectif de l'année, ce sont les Mondiaux cet été en Corée du Sud. Mais avant, il y a ces championnats d'Europe. C'est une étape importante, d'autant que ça se passe à Paris. On veut profiter de l'effet Barcelone et on a tous à coeur de briller à la maison. C'est donc une très bonne étape, un bon moyen de lancer la saison, même si les conditions seront bien sûr différentes par rapport aux Mondiaux. Qu'est-ce qui différencie une compétition en salle d'une compétition à l'extérieur ? En salle, on peut se concentrer uniquement sur le sportif. Il n'y pas de problèmes de conditions climatiques. En extérieur, cela peut dépendre du positionnement du sautoir, il y a plusieurs paramètres qui entrent en ligne de compte. Après, bien sûr, il y a l'intérêt médiatique. En salle, on ne s'en fout pas, mais pas loin. Regardez Teddy à Doha ! Il est champion du monde et bat le record du monde et on n'en a presque pas parlé. En ce qui me concerne, j'ai gagné mon premier titre en salle (les championnats d'Europe de Turin en 2009, ndlr), on en a parlé deux jours. Quand j'ai dépassé les six mètres, on en a parlé quatre mois. "Important de se jauger" Que visez-vous à Bercy ? Le championnat ou une barre ? Un championnat n'est pas un meeting. L'objectif, c'est de gagner. Il y a quinze jours, c'étaient les championnats de France, c'est toujours important de gagner ces compétitions. Le plus important dans une carrière, ce sont les concours en championnat, pas en meeting. On juge avant tout la carrière d'un sportif sur ses résultats en championnat. La concurrence semble être montée d'un cran, qu'en pensez-vous ? Les meilleurs mondiaux sont en Europe, à part Hooker et quelques Américains. Il n'y a que treize centimètres entre le 1er mondial et le 6e, Romain Mesnil, qui a réalisé 5,80m. Les adversaires qui sont à Bercy, je les retrouverai aux Mondiaux, donc c'est important de se jauger. Romain Mesnil a déclaré forfait à Bercy en raison de la piste qui rebondit trop selon lui. Qu'en pensez-vous ? C'est le seul à avoir déclaré forfait pour ça. Il y a peut-être un léger temps de suspension, mais ça ne m'a pas gêné du tout. Il n'y a pas de raisons. On sera tous dans le même cas de figure. Je pars du principe qu'un championnat d'Europe, surtout à la maison, ça ne se refuse pas. Vous me voyez dire: "La piste ne me convient pas à Londres pour les JO 2012, je préfère attendre Rio 2016" ? Même si c'était un meeting, je serais venu à Bercy. La piste ne sert qu'une fois dans l'année, mais toutes les conditions sont réunies pour faire de bons championnats d'Europe. "A Barcelone, vous étiez tous sur Christophe" Comment aborderez-vous les qualifications (prévues vendredi avant la finale samedi) ? Tous les plus grands ont un jour manqué leurs qualifs. Si on veut remporter un titre, il faut savoir surmonter les qualifs. Je suis déjà passé par là. Il faut savoir rester concentré. Je vais les attaquer comme un concours, me donner à fond et ne pas faire de calculs. Je préfère commencer à 5,50, 5,60 et passer deux, trois barres pour garder du jus, plutôt que me faire peur et faire 7 ou 8 essais. Mais je ne suis pas inquiet. J'ai été plus régulier cet hiver que la saison dernière. Votre vie a-t-elle changée depuis Barcelone ? Non, pas du tout (rires). Elle a changé le 21 juin 2009, et depuis, pas de grands changements. A Barcelone, vous (les médias) étiez tous sur Christophe (Lemaître), il n'y en avait plus pour les autres, dont moi. Comment l'avez-vous vécu ? C'est un sentiment partagé. Il a fait quelque chose d'exceptionnel, mais ça n'était pas le seul champion d'Europe, on était tous dans ce cas là. Quand je vois tout ce que j'avais eu en 2009 après le record de France, on m'attendait un petit peu. Je savais que si je n'étais pas champion d'Europe à Barcelone, tout le monde me descendait et si je gagnais, c'était normal. Ça m'a permis d'être tranquille, d'être moins sollicité. Il faudra être gentil avec Christophe, si vous voulez qu'il fasse encore des perfs. Il est bien revenu en France et on espère tous qu'il fera une très belle performance à Bercy, mais c'est parfois difficile à gérer. Ce qui est bien c'est que maintenant, nous sommes plusieurs Français à pouvoir jouer la gagne. Ça permet de partager la pression.