Lavillenie: "Je suis confiant"

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Lavillenie: "Je suis confiant"
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Malgré sa contre-performance lors de l'Euro par équipes à Stockholm (5,50 m en indoor), Renaud Lavillenie est serein à l'heure d'aborder le meeting de Nancy vendredi. Concentré sur l'objectif des Mondiaux, le perchiste français ne s'inquiète pas pour sa préparation, qui ne serait vraiment perturbée qu'en cas de mauvais résultats répétés lors des réunions à venir.

Malgré sa contre-performance lors de l'Euro par équipes à Stockholm (5,50 m en indoor), Renaud Lavillenie est serein à l'heure d'aborder le meeting de Nancy vendredi. Concentré sur l'objectif des Mondiaux, le perchiste français ne s'inquiète pas pour sa préparation, qui ne serait vraiment perturbée qu'en cas de mauvais résultats répétés lors des réunions à venir. Renaud, on vous a quitté à Stockholm dans une salle, un gymnase... Comment vous sentez-vous après deux concours très difficiles par la force des choses, à New York (ndlr, trois échecs à 5,42 m) puis en Suède ? Ça va. Quand je suis rentré à Clermont, il faisait beau, 30°C... Ça m'a permis de refaire de bonnes séances et de remettre un peu de soleil dans mon coeur, un soleil que je n'avais plus vu depuis deux compétitions. Je suis assez confiant pour la suite, j'ai vu les prévisions pour Nancy et il va faire beau. C'est déjà une bonne chose de gagnée ! Au niveau psychologique, pour la suite de la saison, New York et Stockholm ne vont pas vous faire cogiter ? Si ça s'était passé fin juillet, ça aurait eu une incidence. Là, c'est mi-juin, je suis encore dans ma préparation et je ne suis pas vraiment prêt pour la compétition. C'était du bonus si j'y arrivais, mais je ne perds pas grand-chose, donc il n'y a aucun souci pour la confiance. J'attends juste d'avoir de bonnes conditions sur une compétition, et d'être en forme, ce qui commence vraiment à arriver. Si je suis amené à reproduire les mêmes choses sur les deux prochaines sorties, peut-être que je cogiterai, mais je suis confiant. Je pense que je vais vite reprendre le dessus par rapport à ce que je suis capable de proposer. On va déjà avoir le verdict à Nancy. N'est-ce pas trop frustrant par rapport à votre potentiel ? J'aurais pu faire quelque chose de correct si j'étais réellement en période de compétition, donc deux ou trois semaines plus tard. Les Mondiaux sont dans deux mois, j'ai encore largement le temps. C'est pour ça qu'il n'y a pas de problème à ce sujet-là. Après Nancy, il y aura Lausanne le 30 juin, donc le retour en Diamond League. Ça se présente comment ? Plutôt bien. Je serai fixé à Nancy, et puis les séances s'affinent, se présentent de mieux en mieux. Même si ça ne s'est pas encore vu en compétition, il y a de l'amélioration au niveau de ma gestion, de mes échauffements... J'attendrai réellement d'avoir les conditions pour pouvoir m'exprimer à mon niveau, mais j'ai confiance pour la suite. "Daegu, quoi qu'il se passe, on ne l'oubliera pas" Vous dites que vous êtes en mode "préparation". Mais pour préparer quoi, alors ? Les Mondiaux ! On est en juin, il y a beaucoup de débats et de questions. Mais au mois de septembre, on aura oublié Stockholm ou Paris, qu'on l'ait gagné ou pas... Par contre, Daegu, quoi qu'il se passe, on ne l'oubliera pas. C'est tout simple. Les JO de Londres, c'est encore trop loin ? Chaque chose en son temps. Pour le moment, je m'entraîne pour ma saison 2011, et l'objectif c'est Daegu. En 2012, ce sera Londres, mais c'est dans plus d'un an. Comment abordez-vous ces Mondiaux, justement ? Vous pouvez déjà dire que Steven Hooker sera votre principal adversaire ? Oui, ça fait déjà deux ans que je le dis ! Mais il ne sera pas tout seul, il y a Malte Mohr, Brad Walker et Maksym Mazuryk qui reviennent aussi... Je pense qu'on est au moins cinq ou six à être en quête d'une médaille, et on peut presque décrocher l'or tous les six. On a l'impression que c'est plus dense cette année, qu'il y a plus de bonnes performances plus tôt... Oui et non. Si on regarde, il y a eu des perf', certes, mais il y en a eu une par athlète. Personne n'a aligné deux fois 5,80 m, sauf moi. Walker a fait 5,84 m, Mohr 5,81 m, et après ce sont des perf' à 5,70 m ou moins (ndlr, certains ont tout de même réussi à sauter entre 5,70 m et 5,80 m, voir encart). On est tous un peu dans le même cas, dans une période de préparation. Le jour où on est dans de bonnes conditions, on va réussir quelque chose. Mais ce n'est pas assidu parce qu'on n'est pas encore explosif, le physique est plus dans la période foncière. Dès qu'on le sollicite un peu trop, on tient trois sauts et après il n'y a plus rien... C'est ce qui s'est passé pour moi sur les dernières compétitions. On pourra tirer un premier bilan mi-juillet, on sera à un mois des Mondiaux et tout le monde devrait se rapprocher de son niveau. Pour l'instant, on s'entraîne et on fait les compétitions, parce que le calendrier veut ça aussi... "Je préfère être champion que d'avoir le record et pas de podiums" D'ici là, il y a le meeting Areva, au Stade de France. Devant le public français, c'est important de réussir, de remplir un peu son rôle de porte-drapeau ? C'est sûr, parce que les gros événements d'athlétisme en France, on les compte sur les doigts de la main chaque année. On a eu l'Euro en salle de Bercy cet hiver, on va avoir le meeting Areva ensuite. C'est forcément un événement qu'on ne veut pas louper, même si on sait qu'à Saint-Denis, on ne sait jamais à quoi s'attendre. On a déjà tout eu au niveau des conditions: de la pluie, du vent ou une météo plutôt bonne. Là, au niveau de la date, c'est nettement mieux. Début juillet, on est censé être bien prêt pour les compétitions, on peut espérer sortir une perf'. En plus, je sais que j'aurai le soutien du public. Je me souviens de l'an dernier, il y avait plus de 50 000 personnes et quand on était en bout de piste, tout le monde avait les yeux rivés sur nous. Ça donne une force supplémentaire par rapport à un meeting à l'étranger. Est-ce qu'on a plus envie de gagner, est-ce qu'on construit sa compétition en fonction du public ? Pas forcément, mais on sait qu'on ne va rien lâcher jusqu'au dernier essai pour continuer à faire partie de cette fête. Surtout quand on est français, où on en prend encore plus plein les yeux. C'est un des plus grands stades sur le circuit de la Diamond League, c'est une course particulière. Si on la rate, la déception sera un peu plus grande, parce qu'on passe à côté d'un événement qu'on n'a pas envie de manquer. Il y a souvent du monde, des proches qui sont là, des personnes qui n'ont pas l'habitude de nous voir, et on essaie de les régaler. C'est aussi un moment pour frapper un grand coup aux yeux des adversaires ? Je pense que c'est plus impressionnant de gagner à l'étranger. L'emporter chez soi, dans l'absolu, c'est presque plus facile. On connaît l'environnement, on a moins de déplacements... On est dans des conditions de performances nettement plus élevées. Quand on part sur un territoire complètement inconnu, c'est là qu'on marque le plus de points. C'est quand même le cas à Paris, mais tout dépend aussi de la performance et du concours. Sinon, il n'y a qu'à gagner les Mondiaux pour marquer les esprits... (Rires) Oui, de toute façon, c'est sûr, il n'y aura que cette compétition qui marquera ! Pour terminer, est-ce que vous pensez aux 6,16 m en vous levant le matin ? Non, je n'y ai jamais pensé en me levant d'ailleurs (rires) ! Là, je suis axé sur ma préparation, je veux déjà essayer de franchir à nouveau 6 m avant les 6,16 m. Comme je l'ai déjà dit, tant mieux si ça se passe, mais ce n'est pas mon cheval de bataille. Je préfère être champion du monde et champion olympique que d'avoir le record du monde et de ne pas être sur les podiums.