Laporte retient Bastareaud

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Laporte retient Bastareaud
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Contrairement aux propos tenus par l'intéressé dans les colonnes de La Provence où il réaffirmait son désir de rejoindre Toulon, Mathieu Bastareaud aurait finalement décidé de rester au Stade Français. C'est du moins ce qu'avance ce mardi, en marge de la présentation du nouveau projet parisien, Bernard Laporte, le nouvel homme fort du Stade Français, pas mécontent de son coup.

Contrairement aux propos tenus par l'intéressé dans les colonnes de La Provence où il réaffirmait son désir de rejoindre Toulon, Mathieu Bastareaud aurait finalement décidé de rester au Stade Français. C'est du moins ce qu'avance ce mardi, en marge de la présentation du nouveau projet parisien, Bernard Laporte, le nouvel homme fort du Stade Français, pas mécontent de son coup. Mathieu Bastareaud reste aussi déroutant sur un terrain qu'en dehors. Ce mardi matin, du moins le jour où il a accordé cet entretien à La Provence, le centre international n'avait encore qu'une idée en tête: rejoindre Toulon où il avait hâte "d'évoluer aux côtés de tous les grands joueurs qui composent le groupe toulonnais" et de progresser sous la direction de Philippe Saint-André. A midi, l'un des grands oubliés de la Coupe du monde, avec Sébastien Chabal et Yannick Jauzion, était bel et bien parisien, au moins la saison prochaine et peut-être même jusqu'au terme de son contrat en 2013, à en croire Bernard Laporte, nommé administrateur du Stade Français la veille et présent ce mardi au côté de Max Guazzini pour dévoiler le nouveau projet du club parisien. "Mathieu est très content de rester au club. On a eu lundi une discussion très franche, très honnête avec lui. Les choses sont claires, nettes et précises. Le discours lui a plu", a déclaré l'ancien entraîneur du club (1995-1999), devenu sélectionneur du XV de France (1999-2007) puis secrétaire d'Etat aux Sports (2007-2009) avant de faire son retour au printemps pour le sauver de la relégation administrative. "En gros, il m'a effectivement dit qu'il voulait me conserver", expliquait Bastareaud dans les colonnes du quotidien régional. "Je comprends son point de vue. Or, je ne veux pas ça. (...) Il existe une solution pour que toutes les parties soient gagnantes: le Stade Français est en droit de me demander des indemnités, mais le RCT est prêt à les payer. Or, le Stade Français refuse. On en est donc là. C'est bloqué." Cheika confirmé, Laussucq et Ledesma dans le staff Ce n'est plus d'actualité à écouter un Laporte qui avait été le premier à l'appeler en équipe de France pour une tournée en Nouvelle-Zélande en 2007 avant qu'il ne déclare finalement forfait. Le nouvel administrateur du club parisien se félicite en tout cas d'avoir retourné son joueur en lui faisant entendre ce qu'il attendait: "Si tu n'étais pas bon, je te laisserai partir et je pense que tu es un très grand joueur, à nous de t'accompagner pour aller plus haut. Le passé, c'est le passé. Il n'y a pas de rapport de force puisqu'il est sous contrat..." Et l'ancien demi de mêlée de Bègles d'ajouter, perfide: "Je lui ai dit des choses désagréables sur Toulon qui ont fini de le convaincre..." Bastareaud continuera donc de goûter à la ferveur de Mayol dans la peau de l'adversaire. Et continuera de s'entraîner sous les ordres de Michael Cheika, confirmé dans ses fonctions. Malgré la friture sur la ligne entre les deux hommes. "C'est bien simple, je ressens qu'il ne veut pas de moi, rappelait-il dans La Provence. S'il comptait vraiment sur moi la saison prochaine, il me l'aurait dit, non ? Je n'ai plus aucune discussion avec lui depuis le mois de janvier lorsque je lui avais fait part de mon désir de partir. À ce moment-là, il ne m'avait rien répondu. C'est curieux, ne trouvez-vous pas ? En général, quand on tient ce genre de discours à son coach, il essaye de vous retenir. Pas lui." Curieux comme un simple entretien a suffi à faire changer d'avis l'intéressé, lequel a peut-être été rassuré par les arrivées dans le staff de Christophe Laussucq, double champion de France (1998 et 2000) sous le maillot du Stade Français avant d'aller voir ailleurs (Bègles-Bordeaux, Bourgoin, Pau, Castres, Leicester) puis d'embrasser la carrière d'entraîneur en 2008 à Brive, et de Mario Ledesma, le talonneur argentin champion de France l'année dernière avec Clermont. A moins que ce ne soit l'arrivée de Byron Kelleher - l'ancien All Black était soumis ce mardi à la traditionnelle visite médicale-, la tête d'affiche d'un recrutement encore loin d'être bouclé, à défaut de celle de Frédéric Michalak, "à deux doigts de signer" selon Laporte avant de rejoindre les Sharks. Si Olivier Milloud (Bourgoin), qui signe pour un an, Jérôme Fillol (Racing-Métro 92), qui effectue son retour, Felipe Contepomi (Toulon) et Paul Sackey (Toulon) sont venus rejoindre Paul Warwick (Munster) au rayon des arrivées, le club parisien enregistre également les signatures du pilier du Leinster Stan Wright, du pilier argentin Francisco Tetaz, du pilier de Bordeaux-Bègles Julien Turini, du troisième ligne de l'UBB Arthur Chollon, du deuxième ligne américain Scott Lavala et de l'ailier ou arrière samoan Paul Williams ; il reste aussi à la recherche d'un préparateur physique, d'un talonneur, d'un deuxième-ligne, de deux ou trois troisième-ligne, d'un ailier et plus encore pour pallier les départs de Mauro Bergamasco, Juan Manuel Leguizamon (Lyon), James Haskell, Noel Oelschig, Lionel Beauxis (Toulouse), Ollie Phillips (Brive ?), Guillaume Boussès, Arnaud Marchois (Lyon) ou encore Hugo Southwell, dont les contrats n'ont pas été renouvelés. Une vague de départs et d'arrivées qui confirme que le Stade Français est en phase de reconstruction. Bastareaud, qui a lui-même besoin de se reconstruire, y participera. Avec enthousiasme ou contraint et forcé ? Pour Bernard Laporte, Mathieu Bastareaud va rester"