Lamy Chappuis, le grand saut

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Lamy Chappuis, le grand saut
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Le grand tremplin d'Holmenkollen, théâtre de la deuxième épreuve individuelle des Mondiaux, doit permettre à Jason Lamy Chappuis de creuser l'écart sur les meilleurs fondeurs du plateau. Une médaille mondiale, la troisième de sa carrière, est à ce prix. Un titre, le seul manquant à son palmarès, encore plus. Rendez-vous est pris !

Le grand tremplin d'Holmenkollen, théâtre de la deuxième épreuve individuelle des Mondiaux, doit permettre à Jason Lamy Chappuis de creuser l'écart sur les meilleurs fondeurs du plateau. Une médaille mondiale, la troisième de sa carrière, est à ce prix. Un titre, le seul manquant à son palmarès, encore plus. Rendez-vous est pris ! "Jason s'est rassuré, il m'a dit qu'il avait plus de jambes." Cette analyse du patron du combiné nordique français, Nicolas Michaud, après l'épreuve par équipes de lundi reste la petite éclaircie d'un début de Mondiaux bien sombre pour le clan tricolore. Seulement 15e de l'épreuve du petit tremplin samedi après avoir totalement craqué en fond, Jason Lamy Chappuis s'attaque ce mercredi, à son troisième défi, le deuxième en individuel. Une compétition, où, une fois encore, le saut jouera un rôle capital. En difficulté sur les skis depuis le début des Mondiaux, comme sur certaines manches de Coupe du monde, le Jurassien sait qu'il n'a pas le droit à l'erreur sur le tremplin. Même si la forme observée samedi, sur ses cinq kilomètres de fond lors de l'épreuve par équipes, est un petit encouragement, sauter haut, sauter loin est devenu une obligation sous peine de voir les fusées à ski revenir bien vite dans son rétroviseur. Pour cela, le grand tremplin d'Oslo (HS 134/K120) offre un cadre idéal pour les gros sauteurs capables d'y créer une sérieuse différence. Impressionnants Allemands Alors qu'il n'avait pu partir qu'avec 32 secondes d'avance après son saut sur le petit tremplin, le Français pourrait s'élancer avec plus d'une minute d'avance sur la concurrence au vu des entraînements effectués mardi, Magnus Moan excepté. Pour obtenir ce matelas considéré comme suffisant par le champion olympique et son encadrement, il lui faudra une nouvelle fois dépasser la barre des 130 mètres (136,5 mètres réalisés mardi). Des adversaires qui devraient être une nouvelle fois les Norvégiens, rêvant de sacres à domicile, et les Autrichiens, survoltés par leur titre par équipes et portés par un Félix Gottwald encore performant à 35 ans. Le meilleur fondeur du plateau sera une nouvelle fois à surveiller, prêt à effectuer une énième remontée fantastique. Mais il ne sera pas seul. Les Allemands semblent en effet bâtir une équipe prometteuse. Derrière le champion du monde du petit tremplin, Eric Frenzel, bon fondeur à seulement 22 ans, se dresse aussi le talentueux Johannes Rydzek, même pas 20 ans. Ces deux jeunes peuvent en plus s'appuyer sur l'expérience des Tino Edelmann ou Bjoern Kircheisen, plus rodés au circuit Coupe du monde. Jason, en nouveau patron d'une Coupe du monde qu'il s'apprête à remporter pour la deuxième fois consécutive, n'est donc plus le jeunot. Il est devenu la proie. Sur la route de Sotchi, le grand tremplin d'Holmenkollen pourrait donc être celui du rebond, tant physique que psychologique. Le cap est important. A Jason de montrer qu'il peut incarner le favori capable de tout... même de renverser des débuts poussifs sur la neige norvégienne en écartant de sa trace jeunes loups affamés et rivaux expérimentés.