Lamy Chappuis: "Cette pression me plaît"

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Lamy Chappuis: "Cette pression me plaît"
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A 25 ans, il a déjà tout gagné, titre olympique et mondial complété par deux gros globes de cristal. Jason Lamy Chappuis repart pour un nouvel hiver de combiné nordique avec l'ambition d'asseoir encore un peu plus sa domination. Face à une nouvelle génération talentueuse, le Jurassien assure ne pas avoir eu de perte de motivation durant l'été et savoure le calendrier complet concocté par la FIS.

A 25 ans, il a déjà tout gagné, titre olympique et mondial complété par deux gros globes de cristal. Jason Lamy Chappuis repart pour un nouvel hiver de combiné nordique avec l'ambition d'asseoir encore un peu plus sa domination. Face à une nouvelle génération talentueuse, le Jurassien assure ne pas avoir eu de perte de motivation durant l'été et savoure le calendrier complet concocté par la FIS. Jason, l'an passé, vous aviez avoué avoir eu du mal à repartir après votre titre olympique. Expliquez-nous du coup comment vous avez fait pour vous remotiver après un titre de champion du monde, un nouveau globe de cristal et une telle domination ? L'été s'est bien passé. Je n'ai pas eu ce coup de moins bien comme après les JO où il s'est passé tellement de choses durant les mois qui ont suivi mon titre olympique, des choses incroyables, qu'il y avait eu en effet un peu de démotivation. Je l'ai moins ressenti cette année. J'ai eu aussi moins de sollicitations, c'était une année plus normale malgré le titre de champion du monde. J'avais aussi l'expérience de l'année précédente, ce qui m'a aidé aussi à traverser cette phase-là. L'entraînement a repris fin mai avec les copains. On n'est plus que quatre en équipe de France mais on a pu enchaîner les stages. Il y a eu un peu de fatigue en juillet mais c'était normal. Pas de victoires cet été sur les Grand Prix d'été en revanche. Je n'étais pas loin, mais j'ai terminé à chaque fois 5e, 3e, 7e. Il me manquait un petit quelque chose mais il ne faut pas tout dévoiler, pas tout leur montrer tout de suite (rires). Comment avez-vous vécu ce circuit d'été ? A-t-on les mêmes sensations ? C'est important pour la confiance, pour se frotter aux autres nations, avoir l'esprit de compétition. Mais il est difficile de s'y fier, on est souvent en préparation et à des phases différentes. Certains l'ont bien préparé, arrivent en forme, d'autres pas du tout et viennent juste pour voir, étant en plein cycle de musculation et n'ayant donc pas de jambes. On voit au moins un peu le niveau des autres. La progression a été constante durant l'été. Techniquement, on arrive à travailler les mêmes choses, été comme hiver, que ce soit en fond avec le ski sur roulettes ou en saut sur plastique. Arrivez-vous aujourd'hui en compétition avec la même pression qu'avant ou votre palmarès vous permet-il d'aborder cette Coupe du monde avec moins de stress ? On va dire qu'une manche de Coupe du monde paraît plus banale aujourd'hui. Par rapport à mes débuts où j'arrivais stressé sur les manches, cela devient plus une habitude. Mais j'aime bien avoir cette petite pression, cette excitation avant le jour J, donner le meilleur de moi-même me plaît. La compétition aussi en général. "Rydzek est très solide" Pour entretenir la flamme, il y a aussi des changements, de nouveaux formats de course instaurés par la fédération. Quel est votre regard là-dessus ? Tout n'est pas encore finalisé mais c'est très intéressant. On voit en plus que la FIS a envie que ça bouge. L'hiver dernier, on n'avait eu que sept week-ends de Coupe du monde, c'était vraiment trop peu. Cet hiver, on aura 13 week-ends avec de nouveaux formats, des épreuves par équipes, des sprints par équipes de deux et ce nouveau format qu'on appelle course à pénalité. On l'a testé cet été, c'était intéressant. Expliquez-nous un peu l'intérêt de cette nouvelle course... Pour faire clair, au lieu de convertir en secondes le retard, on partira en mass-start tous ensemble en fond, mais on aura des tours de pénalité en fonction du retard pris en saut. Il n'y aura plus de note technique en saut mais tout de même des juges pour pénaliser un raté au télémark. Ce qui est vraiment intéressant est que l'on peut faire ces tours de pénalité quand on veut. Tactiquement, on peut donc choisir de le faire au début quand on est frais et rester dans le groupe, à l'aspiration derrière, ou bien rester devant pour être à la bagarre et le faire à la fin. Cela va être intéressant. Certains de vos adversaires ont peiné à confirmer après Vancouver, d'autres comme les Allemands ont brillé. De l'extérieur, le jeune Rydzek paraît très fort, confirmez-vous qu'il s'agira d'un adversaire costaud cet hiver ? Oui, Rydzek a encore été très solide cet été. Il sera à surveiller comme son compère Frenzel. Ce sont les deux jeunes qui arrivent. Mais je pense que les Américains seront plus présents. Les années précédentes, ils ont fait des impasses pour se concentrer sur les JO ou les Mondiaux. Voilà deux équipes solides. Mais n'oublions pas les Norvégiens, toujours présents avec Moan ou Kosklien. Et puis les Français ! Justement, comment vont vos camarades de l'équipe de France ? Une nouvelle fois, le relais est passé tout près d'une médaille aux derniers Mondiaux. Forcément frustrant, mais le retour de plus de manches par équipe en Coupe du monde ne devrait-il pas vous aider à progresser ? Ah oui, ça va être intéressant pour nous. On commence à se mettre dans la peau de l'éternel quatrième qui n'arrivera jamais à ramener cette médaille. Faire plus de relais, apprendre, se caler, montrer aux autres qu'on peut le faire sera important.