Lakers, la fin d'une ère

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Lakers, la fin d'une ère
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Phil Jackson ne méritait pas une telle sortie. Pour ce qui était sans doute le dernier match de l'historique entraîneur à la tête des Lakers, les champions en titre ont explosé à Dallas, s'inclinant au final 4-0 face aux Texans lors des demi-finales de la Conférence Ouest. Un départ qui ne devrait pas être le seul au sein d'une franchise californienne qui va vite devoir se reconstruire pour retrouver les sommets.

Phil Jackson ne méritait pas une telle sortie. Pour ce qui était sans doute le dernier match de l'historique entraîneur à la tête des Lakers, les champions en titre ont explosé à Dallas, s'inclinant au final 4-0 face aux Texans lors des demi-finales de la Conférence Ouest. Un départ qui ne devrait pas être le seul au sein d'une franchise californienne qui va vite devoir se reconstruire pour retrouver les sommets. Il y a un début à tout. Depuis l'entame de sa carrière d'entraîneur en 1989, Phil Jackson n'avait jamais subi de "coup de balai" ("sweep" en V.O.) lors d'une série de play-offs au meilleur des sept manches. Les adieux d'un des plus grands coaches que la Ligue nord-américaine ait jamais connu (11 titres de champion, un record) n'ont pourtant pas ému les Mavericks, qui ont infligé aux Lakers une humiliante défaite (122-86) et facilement obtenu leur billet pour la finale de la Conférence Ouest (4-0). Une sortie de route peu glorieuse pour un "Zen Master" déjà regretté par ses troupes. "Il n'y en aura jamais d'autre comme lui, soupirait dans le vestiaire un Derek Fisher qui, à bientôt 37 ans, a encore affiché ses limites dimanche après-midi (5 points à 1/8 aux tirs et 1 passe). Il va nous manquer mais on veut juste qu'il soit heureux." Heureux, Jackson ne l'était visiblement plus depuis le début de cette série face à des Texans qui ont surpris leur monde en balayant littéralement les doubles champions en titre. On le vit notamment, lors du troisième match, reprendre vertement un Pau Gasol, il est vrai extrêmement décevant (18.8 points de moyenne à 53% de réussite en saison régulière, 12.5 points à 42% en play-offs), tentant de sauver ce qui pouvait encore l'être. Mais il faut croire qu'il était déjà trop tard. En quête d'un troisième titre consécutif, les Californiens, déjà poussifs contre les Hornets au premier tour, n'auront pas réussi à inverser la tendance dans une série entamée de la plus mauvaise des manières avec deux défaites consécutives au Staples Center, avant de subir le même sort à Dallas. Kobe Bryant et ses partenaires n'avaient pourtant pas été outrageusement dominés lors des trois premières manches (94-96, 81-93, 98-92), mais ils craquèrent systématiquement lors du money-time, une marque jusqu'alors déposée par les Mavs. Le quatrième et dernier match de cette demi-finale de Conférence Ouest aura lui surtout été celui d'un homme, Jason Terry, auteur d'un 9/10 à 3 points, record en play-offs égalé, pour 32 points en 25 minutes, et d'un quart-temps, le deuxième, remporté 36-16 par les locaux. Magic: "Faire exploser cette équipe et ramener de nouveaux visages" Une débâcle que peu avaient prédit, même après la série de cinq défaites de rang enregistrée début avril, mais qui va obliger les dirigeants de la franchise aux 16 titres de champion à faire un grand ménage au sein d'une équipe vieillissante, "qui est trop lente et n'a plus d'athlètes, commentait sur ESPN Magic Johnson avant cette ultime sortie. Le Dr. (Jerry) Buss (propriétaire du club, ndlr) devra probablement faire exploser cette équipe et ramener de nouveaux visages. Il faut choisir entre les deux grands (Andrew Bynum et Pau Gasol, ndlr). Lequel garder et lequel transférer ?" Critiqué pour cette prise de position, la figure emblématique du showtime n'a néanmoins pas tort. Hormis Bryant (malgré ses pires play-offs depuis 11 ans) et en dépit des contrats en cours, personne n'est intransférable. Agents libres en 2012, Chris Paul, Deron Williams et surtout Dwight Howard, dont le nom revient avec insistance, font partie des cibles privilégiées pour venir, à terme, bouleverser un effectif probablement méconnaissable dans quelques mois (ou plus, si un "lock-out" retarde ou annule le prochain exercice), et qui pourrait être emmené par Brian Shaw, jusqu'alors adjoint de Jackson et plébiscité par ce dernier ainsi que par les joueurs. "Cher fans des Lakers, merci pour cette grande saison, a posté Jeanie Buss, fille du bon docteur, dirigeante du club et compagne de Phil Jackson, sur son compte Twitter quelques minutes après ce lourd revers. Nous reviendrons. Le Dr. Buss sait comment régler les choses." Place aux grandes manoeuvres...