Lakafia: "Il y en a eu du travail"

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Lakafia: "Il y en a eu du travail"
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La fulgurante trajectoire de Raphaël Lakafia se prolonge en équipe de France. A 22 ans, l'invité surprise de la sélection de Marc Lièvremont pour la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 sept.-23 oct.) honorera samedi, à Bordeaux, face à l'Irlande sa première cape internationale. Une émotion majuscule que le Biarrot entend à la fois savourer et assumer sans crainte de mal faire.

La fulgurante trajectoire de Raphaël Lakafia se prolonge en équipe de France. A 22 ans, l'invité surprise de la sélection de Marc Lièvremont pour la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 sept.-23 oct.) honorera samedi, à Bordeaux, face à l'Irlande sa première cape internationale. Une émotion majuscule que le Biarrot entend à la fois savourer et assumer sans crainte de mal faire. Raphaël, quelle a été votre réaction à l'annonce de votre titularisation par Marc Lièvremont ? J'ai vécu ça avec beaucoup d'humilité. Je n'allais pas non plus exploser de joie dans la salle, c'est une joie personnelle que je vais partager avec mes proches. C'est vrai qu'on n'arrive pas en équipe de France sans faire de sacrifices, il y en a eu du travail parce qu'il y a un an et demi, j'étais très loin d'en être là. Je remercie surtout mes coéquipiers de Biarritz qui m'ont toujours bien m'entouré et qui ont fait qu'aujourd'hui, il m'arrive de belles choses. C'est vrai qu'ils y sont quasiment tous, on sera pas mal de Biarrots au coup d'envoi (cinq titulaires, Barcella, 23e homme, ndlr). C'est quelque chose de rassurant que de pouvoir évoluer aux côtés de joueurs que je connais et avec lesquels j'ai l'habitude d'évoluer, notamment Imanol (Harinordoquy) et Yach' (Yachvili), qui seront là pour m'entourer, c'est vrai que ça me rassure. On a pu vous présenter, à tort d'ailleurs, comme le bizuth de ce groupe France. Comment s'est passée votre intégration ? Je pense que c'était plus à moi d'aller vers le groupe que l'inverse. Mais le bizut, non, pas du tout (rires). Je l'ai lu plusieurs fois dans la presse, mais les seuls qui m'appellent le bizut, ce sont les journalistes. Il n'y a vraiment pas de notion de bizutage, à part peut-être emmener quatre cafés en fin de repas, ça va pas plus loin. Je savais que je venais entouré de pas mal de Biarrots, donc j'étais d'une manière un peu rassuré, sans compter que dans le reste de l'équipe, il y avait pas mal de joueurs que j'avais côtoyé avec France A ou dans les sélections de jeunes. Ça s'est fait naturellement et après cette intégration m'a facilité la vie dans le groupe. "Mon père, c'est mon repère" C'est acquis désormais, il vous tarde d'être au coup d'envoi ? Pour le coup, j'attends ça avec vraiment beaucoup d'impatience, de connaître mes premières minutes sous le maillot de l'équipe de France, ça commence vraiment à me tarder, surtout après cette longue préparation particulièrement éprouvante. Là, ça redescend tranquillement et j'aurais peut-être un peu de mal à trouver le sommeil la veille du match et même ce soir, mais ça fait partie du jeu et je commence à être habitué maintenant. Je dois dire que j'ai, non pas une petite, mais une grosse pensée pour ma petite île de Wallis-et-Futuna, ainsi que pour la Nouvelle-Calédonie, où j'espère qu'ils regarderont le match et qu'ils seront fiers de me voir évoluer sous le maillot de notre pays. Une pensée aussi pour votre papa, qui fut un grand champion et participa à de grands évènements (*) ? Il vous aide à surmonter ce genre de pression ? Bien sûr, c'est vrai que mon père, c'est mon repère, on échange beaucoup et il a toujours la bonne parole pour m'aider, me rassurer ou me remettre les pieds sur terre quand il le faut. Le soutien de mes parents et de mon frère (Pierre-Gilles Lakafia, ailier du Castres Olympique, ndlr), c'est quelque chose de primordial et évidemment, ils seront là samedi. (*) Marié à Laurence, ancienne discobole de niveau national, Jean-Paul Lakafia fut recordman de France du javelot (86,60 mètres), deux fois champion de France et douzième aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984.