Lakafia, coeur Pacifique

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Lakafia, coeur Pacifique
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Premier joueur français de l'histoire à débuter une Coupe du monde avec une seule cape au compteur, Raphaël Lakafia poursuit son irrésistible ascension chez les Bleus. Le Wallisien paraît plus que jamais dans son élément en Nouvelle-Zélande, comme en équipe de France, proche de ses origines qu'il a accepté de nous faire découvrir. Le témoignage sensible d'un dur sur le terrain.

Premier joueur français de l'histoire à débuter une Coupe du monde avec une seule cape au compteur, Raphaël Lakafia poursuit son irrésistible ascension chez les Bleus. Le Wallisien paraît plus que jamais dans son élément en Nouvelle-Zélande, comme en équipe de France, proche de ses origines qu'il a accepté de nous faire découvrir. Le témoignage sensible d'un dur sur le terrain. Un peu plus près des racines Depuis qu'il a débarqué avec les Bleus en Nouvelle-Zélande, Raphaël Lakafia détonne, et pas seulement parce qu'il est propulsé dès le premier match de l'équipe de France dans cette Coupe du monde au rang de titulaire face au Japon. Car dans le paysage très cosmopolite d'Auckland, il n'est pas rare qu'on le confonde avec un Samoan ou un Tongien, si ce n'est ce maillot bleu, qui coupe court à toute méprise. Ajouté à cela un anglais quasi-parfait, appris auprès d'un ami néo-zélandais, qui devrait faire de lui rapidement la coqueluche des médias locaux -il est en page intérieur du supplément rugby du New Zealand Herald ce mercredi-, et le Biarrot semble plus à l'aise que jamais. Il faut dire que Lakafia, qui tient ses origines wallisiennes de son père, Jean-Paul Lakafia -ancien recordman de France du javelot (86,60m) en 1985- s'est rapproché de ses racines auquel, on s'en souvient, il avait tenu à rendre hommage dès sa première cape à Bordeaux. "Dès que je suis arrivé ici, j'ai pensé que je m'étais rapproché de Wallis ou de la Nouvelle-Calédonie, où je me suis rendu il y a très longtemps. Je ne sais pas si je jouerai contre la Nouvelle-Zélande ou les Tonga, mais je suis vraiment très heureux de jouer contre des nations du Pacifique, c'est certain que ces matches me tiennent à coeur." La famille, c'est sacré Ici tout le renvoie à ce qu'il a de plus cher. Totalement en prise avec les nombreuses manifestations, de la culture maori notamment, dont ont été gratifiés les Bleus depuis leur arrivée en Nouvelle-Zélande, Lakafia s'imprègne de ce cadre familier pour mieux se ressourcer, à l'image de la cérémonie d'accueil de l'équipe de France à Bastion Point, où au milieu de ses coéquipiers un brin déstabilisés, rien, ou presque, ne lui était vraiment étranger, à commencer par ce hongi, tête contre tête. "Je le sentais en connexion avec tout ce qui se passait autour de lui, confirme son partenaire de club, Fabien Barcella. Il est presque chez lui, comme à la maison..." La famille, comme une boussole, un cocon, auquel il ne cesse de se référer: "Avant les matches, j'ai toujours une pensée pour ma famille qui est très loin, mais ne serait-ce que pour mes parents parce que j'ai envie qu'ils soient fiers de moi. Je sais que dans les îles, la notion de famille est très importante et de savoir qu'ils entendent mon nom à vingt-mille kilomètres, c'est un énorme plaisir." Et ses parents, qui s'apprêtent à le rejoindre, auront l'opportunité de le voir évoluer dans cette Coupe du monde. Pour son plus grand bonheur: "Je sais qu'il tarde aussi à mes parents de venir me rejoindre parce qu'ils n'ont pas eu de vacances de l'été. Ce voyage leur tient vraiment à coeur." Même s'il manquera Pierre-Gilles, le grand-frère complice (24 ans, ailier à Castres): "Il ne peut pas, ça m'aurait fait tellement plaisir qu'il soit là, il est toujours derrière moi, à me soutenir, mais il a de grosses échéances face à lui." Le Top 14 pour l'un, la Coupe du monde pour l'autre... Métis, sa force "Je sais que ma force, c'est d'être métis, dans la vie de tous les jours comme au rugby." C'est dit calmement, mais avec une force de persuasion qui impressionne chez un jeune homme de son âge. Pourtant, Lakafia mesure sa chance d'avoir été doté de cette double culture: "On a eu la chance d'avoir cette double éducation, à la fois à l'européenne, rigoureuse transmise par ma mère, et une éducation polynésienne, très proche de la famille. Ça reste le plus important avant le rugby, avant tout le reste... Avant de rentrer sur le terrain, j'ai toujours l'impression que ça décuple mes forces, alors que l'éducation européenne me permet d'essayer très rigoureux que ce soit à l'entraînement ou dans la vie en général. Et je le vis d'autant mieux que je n'ai pas l'impression d'avoir le cul entre deux chaises (sic). D'une certaine façon, je ne prends que les bons côtés, je suis doté, je le sais, d'un gabarit hors du commun et cette rigueur dans la vie. Maintenant, je ne vais pas faire pour autant le porteur de drapeau, ce qui ne m'empêche pas d'en être fier." Ça, on l'avait en effet compris.