Lagisquet: "Que j'y sois ou pas..."

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Lagisquet: "Que j'y sois ou pas..."
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Potentiel candidat à la succession de Marc Lièvremont à la tête du XV de France au sein d'un staff que dirigerait Philippe Saint-André, Patrice Lagisquet, s'il ne dément pas son intérêt pour la fonction, met au rang des priorités la question de ces compétences élargies mises au service des Bleus. Mais à la veille de la reprise du Top 14, l'ancien arrière international préfère surtout privilégier son retour au BO dans un nouveau costume de Directeur sportif.

Potentiel candidat à la succession de Marc Lièvremont à la tête du XV de France au sein d'un staff que dirigerait Philippe Saint-André, Patrice Lagisquet, s'il ne dément pas son intérêt pour la fonction, met au rang des priorités la question de ces compétences élargies mises au service des Bleus. Mais à la veille de la reprise du Top 14, l'ancien arrière international préfère surtout privilégier son retour au BO dans un nouveau costume de Directeur sportif. Patrice, on vous dit potentiel candidat à la succession de Marc Lièvremont à la tête du XV de France au sein d'un staff dirigé par Philippe Saint-André. Votre réaction ? Cela fait des années que je réponds la même chose : le jour où l'on me posera la question, je réfléchirai, et je verrai bien si, éventuellement, cela m'intéresse ou non. La seule position que j'ai au sujet de l'équipe de France, c'est que ce qui compte, c'est l'association des compétences au sein du staff. C'est ce qu'il y aura de plus important dans les années à venir pour le XV de France... que j'y sois, ou que je n'y sois pas. Ce n'est pas le sujet ! D'autant plus qu'en me lançant dans une nouvelle aventure avec Biarritz, pour l'instant, je n'ai pas envie de sauter du train en marche. On verra... (sourire) Vous retrouvez, dans des fonctions toutes autres, le Biarritz Olympique après l'avoir quitté à l'issue de la saison 2008. Quel regard portez-vous sur l'évolution du club pendant ce laps de temps ? Biarritz a connu un début de saison compliqué il y a trois ans. Il y a eu quelques chamboulements, et l'arrivée de Monsieur Gonzalez a remis le BO sur les rails, a remis en place certaines valeurs. Le club s'est reconstruit petit à petit pour se hisser en finale de Coupe d'Europe et se qualifier sur les deux tableaux (H Cup / Top 14, ndlr) la saison dernière. C'est tout de même une belle performance. "Le lien affectif avec le BO est clair..." N'avez-vous éprouvé aucun regret après avoir quitté le club ? Le BO, et le rugby pro de manière plus générale, vous ont-ils manqué ? Non, car j'allais voir tous les matches à Biarritz (avec le cabinet d'assurance, nous étions partenaires). Donc je n'avais pas de manque. Après, le lien affectif avec le club est clair : je pouvais regarder d'autres équipes jouer, je ne m'énervais pas souvent. Mais quand je regardais les matches du BO, là, ça me tenait à coeur. Quand je voyais que ça n'allait pas bien, ça me faisait un peu mal au coeur, c'était difficile à vivre. En quoi le projet du BO vous a-t-il de nouveau séduit ? Le fait de pouvoir mettre en place un nouveau fonctionnement, avec une nouvelle structure, un nouveau staff, un projet de jeu complètement différent de celui que j'avais mis en place il y a un petit peu plus de 10 ans, voilà ce qui m'a intéressé. Le fait que l'on ait certaines ambitions, qu'on puisse les partager avec les joueurs et tous donner le meilleur de nous-mêmes. Mais ce qui m'a motivé, c'est surtout l'idée de partir sur une nouvelle structure, une nouvelle aventure, totalement différente de celle que j'avais vécue. Avoir un staff très soudé et le plus efficace possible, pour moi, c'est ça le plus important. Et que l'on partage énormément avec les joueurs. Ne craigniez-vous pas d'éprouver de nouveau cette lassitude que vous aviez connue il y a trois ans ? Non, car j'ai vraiment retrouvé de la fraîcheur. Et là, je fonctionne avec un staff élargi, on peut partager plein de choses. Ce qui peut être compliqué en revanche, c'est de confronter les idées un peu novatrices à la réalité du terrain car parfois, on a un idéal de jeu, et lorsqu'on le confronte à la réalité de la compétition, ça ne fonctionne pas toujours !... Aurait-il été envisageable pour vous de devenir directeur sportif d'un autre club que Biarritz ? J'ai eu des contacts, directs ou indirects, mais ce n'était pas envisageable. Ma vie est organisée sur Bayonne (mon cabinet d'assurance, l'association (*), etc), j'habite à Anglet...Je ne suis pas vraiment « mobile », et le rugby, pour moi, n'est toujours qu'une passion. Ce n'est pas mon socle de vie. Vous savez, le rugby pro est assez versatile... Comme tout sport pro, ça peut s'arrêter rapidement. Je préfère donc garder des bases solides. Lorsque l'on a un palmarès tel que le votre (Patrice Lagisquet a mené Biarritz au titre de Champion de France à 3 reprises : en 2002, 2005 et 2006, ndlr), n'y a-t-il pas, quelque part, l'appréhension de ne pas réussir à faire aussi bien qu'avant ? Je ne me suis même pas posé la question... C'est une nouvelle aventure. De toute manière, pour moi, le haut niveau, c'est la recherche de l'excellence, des meilleurs résultats possibles. Mais pas obligatoirement des titres. On verra jusqu'où l'on ira... Après, quand on y a goûté, ça donne toujours envie ! Mais travailler, évoluer, avancer : c'est ce qui est le plus important. "Construire pour essayer de franchir un cap" Biarritz a vécu l'an passé une saison aussi exaltante que frustrante (élimination en quart de finale de H Cup par le Stade Toulousain, et en quart de finale de Top 14 par l'ASM Clermont Auvergne, ndlr)... Le club était plutôt content d'être sur les deux tableaux. Ce qui est frustrant, c'est d'avoir perdu ces deux matches, alors qu'à un moment donné, on s'est dit que ça pouvait passer. Maintenant, ce qui est important, c'est de construire pour essayer de franchir un cap, tout simplement. Quelles promesses pour ce BO cru 2011 ? Pour l'instant, nous sommes plutôt satisfaits. Il manque actuellement dix joueurs partis à la Coupe du Monde. Les jeunes ont un très bon état d'esprit, et ça bosse bien. On est juste un peu contrariés par quelques petits bobos, qui ne nous permettent pas d'utiliser tout le monde. On sort d'une préparation physique intense, et il y a toujours une période charnière un peu compliquée, le temps que tout le monde assimile la charge de travail. Sur la période des matches amicaux, nous ne tournons donc pas à plein, mais nous bossons bien. L'état d'esprit du groupe est intéressant, le potentiel des joueurs aussi. Le fait qu'il s'agisse d'une année de Mondial fausse forcément le début de championnat. Ne redoutez-vous pas ces deux premiers mois de compétition ? Même si toutes les équipes sont, plus ou moins, logées à la même enseigne... Je n'ai pas envie de vivre cette période en me lamentant et en me plaignant parce qu'il nous manque dix joueurs. Il y a d'autres clubs à qui il manquera énormément de joueurs. Notre volonté c'est d'avancer, de construire, et je pense qu'actuellement, nous avons un groupe qui doit nous permettre de bien vivre ce début de championnat. (*) Chrysalide est une association de soutien aux personnes Trisomiques, handicapées mentales et leurs familles. Patrice Lagisquet en est le président-fondateur. (asschrysalide@wanadoo.fr)