Lacourt: "Je veux rester au sommet"

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Lacourt: "Je veux rester au sommet"
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Propulsé star de la natation française lors des derniers Championnats d'Europe de Budapest qui l'ont vu conquérir trois titres (50 et 100m dos, relais 4X100 4 nages), Camille Lacourt, médaillé d'argent mondial en fin d'année en petit bassin à Dubaï, n'entend pas s'endormir sur ses lauriers. Au moment d'attaquer les Championnats de France à Strasbourg, le Marseillais évoque ses ambitions.

Propulsé star de la natation française lors des derniers Championnats d'Europe de Budapest qui l'ont vu conquérir trois titres (50 et 100m dos, relais 4X100 4 nages), Camille Lacourt, médaillé d'argent mondial en fin d'année en petit bassin à Dubaï, n'entend pas s'endormir sur ses lauriers. Au moment d'attaquer les Championnats de France à Strasbourg, le Marseillais évoque ses ambitions. Que représente le titre de meilleur nageur européen que vous avez reçu en 2010 ? C'est très valorisant, ça fait plaisir surtout de la part de connaisseurs. J'étais flatté et agréablement surpris. Etait-ce un signe de l'appartenance à une élite des nageurs de dos de la planète ? Oui, il y a un peu de ça, de ma discipline et de mon sport aussi, ce sont surtout les résultats à Budapest qui ont fait ça. Maintenant, j'ai envie de durer plus longtemps qu'un one shot (sic) aux championnats d'Europe. C'est prometteur, il faut continuer. 2010, c'était la consécration. Qu'est-ce qui a contribué à ces trois titres ? Un travail qui a duré de nombreuses années, un peu coupé par les blessures, et puis il y a eu le moment où tout s'est enfin mis en place, bien réglé, et j'ai pu m'exprimer à mon meilleur niveau. 2010, c'est un bon souvenir, mais je suis passé à 2011 et je veux faire aussi de très bonnes choses cette année, et pendant longtemps. Qu'est-ce que vous entendez par "Tout s'est enfin mis en place" ? Toutes les conditions étaient réunies: pas de blessure, une bonne préparation, un travail efficace sur la musculation, un travail technique qui a commencé à aboutir. Un tout qui a fait que l'explosion est arrivée. Il faut rechercher en permanence le moyen de s'améliorer. "C'est plus facile d'arriver une première fois que de durer" Quels sont les domaines pour lesquels vous devez insister ? La musculation justement. Par rapport à mes collègues, je manque de force, j'y travaille. Aussi les départs, les virages, la technique, il y a toujours moyen de travailler, sur des détails. Les Mondiaux de Shanghai vous laissent aussi beaucoup d'ambitions après l'argent en petit bassin à Dubaï... Oui, d'autant que je me suis remis au travail depuis. J'ai encore plus travaillé par rapport à la période d'avant les championnats d'Europe. J'ai vraiment une grosse envie, mais il faudra d'abord se qualifier à Strasbourg. Comment jugez-vous la concurrence sur le dos en France ? Elle semble nettement moins dense que sur le 100 mètres nage libre par exemple. Il y a une grosse concurrence, mais je veux me concentrer sur moi-même. J'ai envie de retrouver les sensations des championnats d'Europe où j'étais intouchable, seul au monde. Je m'entraîne tous les jours pour ça. Il y a encore plus de motivation dans ma préparation. C'est plus facile d'arriver une première fois que de durer. Je veux rester au sommet. "Notre sport est noble" Qu'est-ce qui a changé depuis 2010 et votre nouvelle notoriété qui a dépassé la natation ? On vous a vu notamment dans le clip des Restos du coeur... Ce n'est pas courant pour la natation. Est-ce gênant ? Non, notre sport devrait être plus souvent comme ça. Les points positifs amènent de la sérénité pour les sportifs. Le négatif, il faut faire avec. Notre sport est noble et je crois que les gens prennent du plaisir à nous regarder, à nous entendre rigoler et parler de nos courses. J'espère que la natation va se faire une vraie place à l'avenir. C'est également une affaire d'état d'esprit que vous, les nageurs, dégagez, par rapport aux footballeurs par exemple... C'est vraiment le nombre d'heures de travail qui nous a fait arriver au plus haut niveau, on ne peut pas l'oublier, tellement c'est difficile. On est obligés d'être professionnels, concentrés, motivés tous les jours à l'entraînement. On ne peut pas avoir la grosse tête et devenir arrogant. Ça vous arrive tout de même de vous dire: "J'en ai plein les bottes, je n'ai pas envie de plonger"... Oui évidemment, j'ai eu des périodes comme celles-là. Se lever le matin en plein hiver à 6 heures pour aller plonger à 6h30, ce n'est pas évident, mais quand on arrive avec cette équipe-là qui a envie d'être la meilleure et de briller aux JO à Londres, c'est une expérience extraordinaire...