Lacourt et Stravius, pour la vie

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Lacourt et Stravius, pour la vie
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Après la nouvelle déception de Yannick Agnel sur 200 m (5e), l'équipe de France a vécu un moment d'histoire mardi, aux Mondiaux de Shanghai. On guettait un doublé tricolore sur 100 m dos, Camille Lacourt et Jérémy Stravius ont fait encore mieux qu'à Budapest l'an dernier. Les deux nageurs, ex aequo à l'arrivée, offrent aux Bleus leurs deux premières médailles d'or aux championnats du monde depuis leur création en 1973 !

Après la nouvelle déception de Yannick Agnel sur 200 m (5e), l'équipe de France a vécu un moment d'histoire mardi, aux Mondiaux de Shanghai. On guettait un doublé tricolore sur 100 m dos, Camille Lacourt et Jérémy Stravius ont fait encore mieux qu'à Budapest l'an dernier. Les deux nageurs, ex aequo à l'arrivée, offrent aux Bleus leurs deux premières médailles d'or aux championnats du monde depuis leur création en 1973 ! Personne ne savait qui allait gagner, Aaron Peirsol le premier. "Si Camille Lacourt nage au même niveau que l'été dernier, s'il se sent aussi bien, il sera difficile à battre", avait ainsi déclaré le quintuple champion olympique, tout en admettant que "si Jérémy Stravius nage bien, s'il peut reproduire ce qu'il a fait lundi, alors il peut gagner". Personne ne savait qui allait gagner, et tout le monde avait raison. Camille Lacourt et Jérémy Stravius ont réalisé une performance aussi rarissime au plus haut niveau que magnifique de symbole: devenir tous les deux champions du monde, dans le même temps de 52"76. Depuis le temps que la natation française masculine attendait un titre international, la première aura donc été grande, très grande. Franchement, ça valait le coup d'attendre 14 éditions... "Je regarde le temps de Jérémy et je vois qu'il y a aussi un 1 devant, disait Camille Lacourt après la course. Donc, je regarde encore mon nom pour voir si je ne me suis pas trompé de ligne. Et je vois qu'on est tous les deux n°1. C'est une double joie, c'est vraiment super." Vraiment, oui. Surtout à un an et un jour des JO. Lacourt: "Le voir lever les bras à côté de moi, c'est super" Le règlement de la Fina prévoit de ne pas aller plus loin que le centième de seconde pour départager les égalités. Et ce n'est pas plus mal comme ça. Mardi, toute la France de la natation bénit même ce barème. Après Roxana Maracineanu (200 m dos en 1998 à Perth), Laure Manaudou (400 m en 2005 à Montréal, puis 200 m et 400 m en 2007 à Melbourne) et Solenne Figuès (200 m en 2005 à Montréal), les deux compères inscrivent donc leur nom dans les livres d'histoire du sport français. Amis, ils seront désormais liés pour la vie après cette double performance exceptionnelle. "On s'était dit qu'on allait partager La Marseillaise", poursuivait Lacourt. Stravius avouait lui sa surprise: "Deux d'un seul coup, c'est difficile à croire. Sur le coup, je me suis dit: "Ce n'est pas possible". C'est une course surprenante, je ne m'attendais pas à gagner." Et le Picard est même parvenu à avouer une once de déception, tout en se montrant fataliste: "J'aurais pu être un centième devant comme un centième derrière. Au moins là, on est quitte. Je me dis que je suis champion du monde et que personne ne m'a battu." A l'arrivée, les deux n'en revenaient pas. Dans l'eau, Lacourt s'est montré plus démonstratif que Stravius, hébété. En même temps, il y avait de quoi.