Lacourt: "C'est étrange..."

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Lacourt: "C'est étrange..."
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La page glorieuse de Budapest et de ses trois titres européens cet été est définitivement refermée pour Camille Lacourt qui, bousculé depuis un trimestre non seulement par la concurrence étrangère, mais aussi française, est conscient de la précarité de sa situation à la veille des Mondiaux de Dubaï. Dans un petit bassin qu'il maîtrise mal, le Marseillais serre les dents en attendant des jours meilleurs.

La page glorieuse de Budapest et de ses trois titres européens cet été est définitivement refermée pour Camille Lacourt qui, bousculé depuis un trimestre non seulement par la concurrence étrangère, mais aussi française, est conscient de la précarité de sa situation à la veille des Mondiaux de Dubaï. Dans un petit bassin qu'il maîtrise mal, le Marseillais serre les dents en attendant des jours meilleurs. Camille, votre bilan personnel à Chartres, le week-end dernier, est tout juste passable, alors que vos concurrents, à l'image d'un Stanislas Donets à Eindhoven (*), ont placé la barre plutôt haut ? Oui, bien sûr, j'ai suivi, ce sont deux très grosses performances. Je pense qu'il était particulièrement très en forme à cette occasion, ce qui n'était pas forcément mon cas ce week-end. Je pense que ce sera difficile à Dubaï s'il nage à ce niveau, maintenant, je ne vais pas le laisser gagner non plus, ni aller là-bas pour faire de la figuration. A Chartres, Jérémy Stravius et Benjamin Stasiulis, notamment double champion de France (200 et 100m dos), ont prouvé qu'ils pouvaient être de très sérieux rivaux pour vous... Bien sûr, c'est de toute façon, je crois, ce qui nous a tous fait progresser jusqu'ici et arriver au niveau qui est le nôtre aujourd'hui, on se tire la bourre à toutes les compétitions, on veut toujours être devant les deux autres et c'est pareil pour chacun d'entre nous. Je pense que ça nous tire vers le haut et qu'on arrive à obtenir de bons résultats grâce à ça. "Dubaï, c'est plutôt un challenge" On vous a vu vous essayer sur 200m en ce début de saison, ça vient petit à petit ? Non, pas vraiment (sourire). C'est surtout du petit bain, le 200m, on l'essaye à chaque fois depuis le début de la saison, ça n'est encore jamais passé, mais on va encore le travailler. Ce qui me manque, concrètement, c'est 75 mètres. Je l'ai déjà dit plusieurs fois, c'est une nage différente que ce soit en petit ou en grand bassin, peu importe d'ailleurs, il ne faut pas nager comme je peux nager sur du sprint et aujourd'hui, je n'arrive pas à nager deux minutes avec une telle intensité d'effort. Il faut que je change ma nage pour utiliser moins d'énergie pour donc tenir ces deux minutes. Est-ce que votre vie a beaucoup changé depuis Budapest ? Oui, c'est vrai qu'on me reconnaît dans la rue, c'est beaucoup plus de sollicitations médiatiques. C'est vrai qu'entre les entraînements avant, je n'avais pas grand-chose à faire, maintenant, ça change un petit peu, j'ai toujours quelques sollicitations et j'essaye de m'en accommoder le mieux possible. On essaye de gérer ça avec le bassin. Il est certain que mon premier trimestre n'a pas été forcément exceptionnel et je sais qu'en janvier, je vais faire une rentrée avec beaucoup plus d'envie et de motivation qu'en septembre. C'est étrange, ça change, mais ça fait plaisir aussi. Ça signifie aussi justement mettre le holà sur ces nombreuses sollicitations ? Oui, je crois que les deux vont de paire pour pouvoir plus récupérer. Mais même sans cela, le petit bassin, ce n'est pas là où je suis le plus à l'aise et avec le retour du grand bain, la motivation va remonter aussi pour cette raison. On va vous attendre au tournant désormais. Ressentez-vous une pression particulière avant ce rendez-vous de Dubaï ? Non, encore une fois, pour moi, le tournant, c'est Shanghai cet été (Mondiaux en grand bassin, du 24 au 31 juillet 2011, ndlr), ce n'est pas Dubaï. Ce n'est pas ma spécialité, donc ce sera plus difficile de gagner parce que je connais beaucoup moins la course qu'en grand bain, mais éviter la confrontation, ce n'est pas mon style. Ça peut aider à gérer sa course sans vraiment m'occuper de mes adversaires, ce que je n'avais pas réussi à faire lors de la dernière Coupe du monde à Berlin notamment. De toute façon, dans toute compétition, si on s'investit vraiment, je suis sûr qu'on peut apprendre. Je suis sûr qu'en championnats du monde, on peut apprendre énormément. Dubaï, c'est plutôt un challenge, une belle compétition avec de la grande concurrence, ça va être un peu un jeu et on va essayer de jouer, de prendre du plaisir et d'être le mieux placé sans trop de pression. (*) Le Russe Stanislas Donets a signé le doublé 50-100m dos à l'Euro d'Eindhoven, en petit bassin, il y a deux semaines, avec à la clé un nouveau record d'Europe sur le 50m en 22"74, seul chrono sous les 23 secondes en 2010 (49"35 sur 100 m). A titre de comparaison, Lacourt a nagé en 23"64 sur 50m dos (7e mondial) à Chartres et en 50"88 sur 100 m dos (6e).