Lacourt: "Avec les tripes"

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Lacourt: "Avec les tripes"
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Triple médaillé d'or à Budapest l'été dernier (50 m dos, 100 m dos, 4x100 m 4 nages), Camille Lacourt, élevé au rang de star nationale bien au-delà des bassins, se savait attendu à Shanghai où il portait la lourde responsabilité d'être la meilleure chance de titre de la délégation française. Le dossiste marseillais a répondu présent, décrochant sa première médaille d'or mondiale comme... Jérémy Stravius.

Triple médaillé d'or à Budapest l'été dernier (50 m dos, 100 m dos, 4x100 m 4 nages), Camille Lacourt, élevé au rang de star nationale bien au-delà des bassins, se savait attendu à Shanghai où il portait la lourde responsabilité d'être la meilleure chance de titre de la délégation française. Le dossiste marseillais a répondu présent, décrochant sa première médaille d'or mondiale comme... Jérémy Stravius. Quelle a été votre réaction en regardant le tableau des résultats ? La première chose que j'ai vue, c'est mon nom, avec le petit 1 devant. Donc j'explose de joie. Ça a été difficile depuis lundi (ndlr, séries et demi-finales), donc vraiment ravi d'avoir gagné. Et je vois la même réaction à côté de Jérémy. Donc je regarde le temps de Jérémy et je vois qu'il y a aussi un 1 devant. Donc, je regarde encore mon nom pour voir si je ne me suis pas trompé de ligne. Et je vois qu'on est tous les deux n°1. C'est une double joie, c'est vraiment super. Aviez-vous imaginé un tel scénario ? On s'était dit qu'on allait partager La Marseillaise. Pour être honnête, on n'imaginait pas que ça allait être pour cette raison. Le bonheur est-il le même que si vous aviez été seul sur la première marche du podium ? Ce n'est pas un titre partagé en deux, ce sont deux titres. Il n'y a rien à regretter. On est tous les deux champions du monde. "Frustrant de ne pas être à 100%" Etes-vous conscient d'avoir écrit l'histoire de l'équipe de France qui attendait ce titre masculin depuis la création des Mondiaux en 1973 ? La fenêtre était fermée, on a décidé de l'ouvrir en grand et de s'y engouffrer tous les deux. Maintenant, la porte est ouverte pour le 100 mètres nage libre. Je les connais bien tous les deux (Fabien Gilot et William Meynard), ils peuvent faire pareil. Ce titre a-t-il été dur à aller chercher ? Je savais que je n'étais pas au meilleur de ma forme mais qu'il m'en restait quand même sous le pied. Combien ? Je ne sais pas. J'avais vu Jérémy très fort (meilleur temps en 52"76, ndlr). C'est assez frustrant de se savoir pas au meilleur de sa forme. Il a vraiment fallu que j'aille chercher au plus profond de moi-même pour aller chercher cette place. Vous l'avez senti revenir sur vous ? Oui, j'ai surtout senti que je n'avançais plus et que tout le monde revenait sur moi. Les bras voulaient arrêter, les jambes voulaient arrêter, il n'y a que la tête qui voulait continuer d'avancer. Je me suis jeté sur ce mur. Cette médaille, je suis allée la chercher avec les tripes. Les attentes autour de vous expliquent-elles ces difficultés ? Je savais qu'il fallait confirmer et que j'étais très attendu. Mais je n'étais pas à 100% donc c'est un peu frustrant. Je sais que l'année prochaine, je ferai tout pour être mieux préparé.