Labit: "Chabal en profite grassement"

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Labit: "Chabal en profite grassement"
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Les propos de Sébastien Chabal qui a fustigé, avant la sortie de son autobiographie (*) mercredi, le niveau de l'arbitrage français et dénoncé la bienveillance dont bénéficient certains clubs comme Biarritz ou Castres, ont suscité de nombreuses réactions au sein du rugby hexagonal. Co-entraîneur du CO, Laurent Labit n'a pas apprécié la sortie médiatique du joueur du Racing et lui fait savoir.

Les propos de Sébastien Chabal qui a fustigé, avant la sortie de son autobiographie (*) mercredi, le niveau de l'arbitrage français et dénoncé la bienveillance dont bénéficient certains clubs comme Biarritz ou Castres, ont suscité de nombreuses réactions au sein du rugby hexagonal. Co-entraîneur du CO, Laurent Labit n'a pas apprécié la sortie médiatique du joueur du Racing et lui fait savoir. Vous restez sur un succès étriqué (16-13) mais ô combien important face à Biarritz en vue de la qualification pour les phases finales. Etes-vous soulagé ? Oui bien sûr, il y a du soulagement, mais il y a surtout une grosse satisfaction au vue du travail que l'on a réalisé cette saison. L'an dernier, pour certains, on avait été un peu la surprise et on avait bénéficié de tout un tas de paramètres qui ont fait que l'on s'était retrouvé en barrages. Et là, cette saison, on a pris un certain plaisir à prouver à tout le monde que l'on avait notre place parmi les favoris du championnat. Malgré un Top 14 encore plus relevé et des équipes qui se renforcent de plus en plus, le CO est toujours là, à une journée de la fin, parmi les trois premiers. Doutiez-vous de cette confirmation ? Après la défaite l'an dernier en barrage face à Toulouse (12-35, ndlr), on s'était promis avec tous les joueurs de revenir et de goûter de nouveau à des matches comme celui-là. On a attaqué la saison avec cet objectif en tête, avec de nouveaux joueurs qui nous ont rejoints aussi et avec l'appui des instances dirigeantes du club. On a tous travaillé pour pouvoir accéder aux phases finales et se qualifier encore pour la H-Cup qui est une compétition importante sportivement et médiatiquement pour le club, pour nos partenaires. A l'arrivée, c'est une grosse satisfaction dans ce championnat hyper-compliqué, où nous luttons avec nos moyens malgré tout, de se retrouver avec les plus grosses écuries. Vous vous déplacez à Perpignan lors de la dernière journée (prévue le 7 mai prochain) avec quel objectif ? La gagne ? (En cas de victoire, le CO peut espérer se qualifier directement pour les demi-finales ou au moins être assuré de recevoir lors du match de barrages) Tous les matches de Top 14 sont compliqués. Ce sera encore le cas lors de ce dernier match, qui sera le dernier des Catalans à domicile, avec le départ de leur manager (Jacques Brunel, pressenti pour devenir sélectionneur de l'Italie) et de quelques joueurs. Ce sera un match difficile, mais on va mettre le maximum d'énergie et de force dans ce match et dans la préparation, car on ne sait pas ce qui peut se passer du côté du Racing et de Clermont. Il ne faut pas oublier que si on remporte le match à Perpignan, on peut aussi accéder directement aux demi-finales. "Il était en vacances à Marcoussis en train de préparer le voyage en Italie" Un mot sur les déclarations de Sébastien Chabal, qui a durement critiqué l'arbitrage français, qu'il accuse notamment de protéger Castres, en raison de la proximité qu'entretient le président de la Ligue nationale de rugby (LNR) Pierre-Yves Revol avec le CO, dont il a été le président de 1989 à 2008. Qu'en pensez-vous ? Je ne veux pas entrer dans la polémique, mais pour un personnage comme ça, qui est quand même la personne en France qui vit le plus du rugby, c'est dommageable de sa part de cracher dans la soupe et de mettre notre sport un peu dans la mauvaise lumière, car c'est le premier à en profiter grassement. C'est mon premier point de vue. Je tiens aussi à rappeler que l'on a perdu le match Racing Métro-Castres (13-20, le 12 février dernier, ndlr) en raison notamment d'un carton jaune (adressé à Steve Malonga pour un plaquage à retardement) sur lequel il n'y avait sûrement pas faute. On a pris un essai à 14 et on perd de sept points. Ce jour-là, lui n'était pas là. Il ne s'en rappelle donc sûrement pas. Il était en vacances à Marcoussis en train de préparer le voyage en Italie (où le XV de France s'est incliné 21-22 le 12 mars). Quand on veut parler comme ça, il faut avoir des arguments. Je pense qu'aujourd'hui, ils (les joueurs et les dirigeants du Racing) sentent un peu la pression, car avec les moyens qu'ils ont, peut-être qu'ils n'ont pas les résultats escomptés. Il ferait mieux de se concentrer sur ce qu'il a à faire plutôt que regarder ailleurs. Et vous, quel est votre point de vue sur l'arbitrage français ? On en a déjà débattu. Beaucoup de choses ont été faites du point de vue de l'arbitrage. Les arbitres sont les premiers à travailler sur eux. On est tous d'accord pour dire qu'on est quand même dans le sport qui est le plus compliqué à arbitrer. Même pour les spécialistes, une phase de jeu peut être vue différemment. Il y a beaucoup d'interprétations possibles. Notre sport est déjà très compliqué à arbitrer, il faut donner plus de moyens aux arbitres pour qu'ils soient plus professionnels. Pas que les arbitres de centre, les arbitres assistants aussi. C'est un travail qui va se faire sur la durée. Le rugby s'est professionnalisé, il dispose désormais de structures. Il faut encore travailler sur le domaine arbitral, mais ils vont passer le cap. Il faut peut-être leur laisser le temps, mais des fautes il y en aura toujours. (*) "Ma petite étoile", éditions Flammarion, 19,90 euros.