La Volvo Ocean Race pour les nuls

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La Volvo Ocean Race pour les nuls
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C'est reparti pour un tour du monde... La Volvo Ocean Race, anciennement baptisée Whitbread Round the World Race, s'élance samedi d'Alicante en Espagne. Un tour du monde en équipage et avec escales auquel participe pour la première fois depuis 1993-1994 une équipe française, Groupama, menée par Franck Cammas. Découvrez tout ce qu'il faut savoir à la veille du coup d'envoi de la 11e édition.

C'est reparti pour un tour du monde... La Volvo Ocean Race, anciennement baptisée Whitbread Round the World Race, s'élance samedi d'Alicante en Espagne. Un tour du monde en équipage et avec escales auquel participe pour la première fois depuis 1993-1994 une équipe française, Groupama, menée par Franck Cammas. Découvrez tout ce qu'il faut savoir à la veille du coup d'envoi de la 11e édition. Histoire Comme souvent dans la légende maritime, le tour du monde en équipage avec escales naît d'une inspiration et d'une rencontre. On est en 1969 et Robin Knox-Johnston vient de remporter la Sunday Times Golden Globe, ce premier tour du monde en solitaire sans escale qu'il sera le seul à boucler. Navigateurs attentifs de ce morceau de bravoure, Guy Pearce et Anthony Churchill imaginent un tour du monde en équipage avec escales suivant les grandes routes maritimes d'autrefois. L'idée séduit deux hommes : le Colonel Bill Whitbread et l'Amiral Otto Steiner, membre de la Royal Naval Sailing Association, qui, selon la légende, valident ce projet dans un pub enfumé de Portsmouth en 1971. La Whitbread Round the World Race est née. La première édition a lieu en 1973. Le 8 septembre, 17 bateaux et 167 navigateurs quittent le Solent en direction du Cap, en Afrique du Sud. Seuls 14 concurrent bouclent ce tour du monde passé par Sydney (Australie) et Rio de Janeiro (Brésil). Et si c'est un ketch de 77 pieds qui passe la ligne en tête après 144 jours de course - Great Britain II, skippé par Chay Blyth - la victoire revient, en temps compensé, au 65 pieds mexicain Sayula II skippé par Ramon Carlin. Suivront, tous les quatre ans, neuf autres éditions, de plus en plus sélectives, qui attirent de grands noms de la voile comme Eric Tabarly, Peter Blake, Grant Dalton ou encore Paul Cayard. Jusqu'en 1990, la course est ouverte à tous les monocoques. En 1993, deux classes sont distinguées, les « Maxi » (25,90 m) et « WOR60 », monocoques de 60 pieds (18,28 m). L'édition suivante, seuls les WOR60 (qui deviendront les Volvo Open 60) sont au départ, remplacés en 2005 par des Volvo Open 70 (monocoques de 21,34 m). En 2001, la « Whitbread », rachetée par le constructeur automobile suédois, devient la Volvo Ocean Race. Le parcours et les règles Au fil des éditions, le parcours a évolué. Les quatre premières éditions ne comptent que quatre étapes, avec départ et arrivée de Portsmouth. Puis Southampton accueille le départ des quatre éditions suivantes, les deux premières comptant six étapes, la troisième neuf et la dernière, qui se finit à Kiel, dix. En 2005, double révolution, le village départ quitte le Royaume-Uni pour l'Espagne (Vigo). C'est aussi la première fois que sont organisées des régates dans les ports de chaque escale (dit courses in-ports), ces régates rapportant des points au classement (environ 20% du total), un format reproduit en 2008. Comme lors de la précédente édition, cette 11e levée partira d'Alicante en Espagne. L'in-port race est programmée samedi. Le départ de la première étape en direction du Cap (Afrique du Sud) sera donné une semaine plus tard. Suivront huit autres étapes, entre Le Cap et Abu Dhabi (départ le 11 décembre), entre Abu Dhabi et Sanya (départ le 14 janvier), entre Sanya et Auckland (départ le 19 février), entre Auckland et Itajaí (départ le 18 mars), entre Itajaí et Miami (départ le 22 avril), entre Miami et Lisbonne (départ le 20 mai), entre Lisbonne et Lorient (départ le 10 juin) et enfin entre Lorient et Galway (départ le 1er juillet). Chaque étape rapporte cinq points par concurrent (avec six participants, le vainqueur d'étape marquera donc 30 points, le deuxième 25 et ainsi de suite). Chaque régate en port rapporte un point par concurrent (6 points pour le premier, 5 pour le deuxième et ainsi de suite). La Volvo Ocean Race 2011-2012 se conclura à Galway par une régate en port le 7 juillet 2012, soit après plus de huit mois de compétition. La Whitbread et la France Course aux forts accents britanniques, la « Whitbread », qui a conquis les Néo-Zélandais, les Suédois ou encore les Néerlandais, soient des durs au mal, n'a jamais transporté le public français, comme la Route du Rhum ou le Vendée Globe. La France est pourtant le pays le plus représenté lors de la première édition avec six équipages, dont Grand Louis d'André Viant, Kriter de Michel Malinovsky ou encore Pen Duick VI d'Eric Tabarly, une course marquée par la disparition de Dominique Guillet. En 1977, ils sont encore trois concurrents français, dont Gauloise II d'Éric Loizeau, puis quatre en 1981, une troisième édition dont Alain Gabbay prend la deuxième place sur son sloop Charles Heidseick III. Il faut attendre 1986 pour voir la seule victoire française à ce jour, oeuvre de Lionel Péan et de son équipage sur L'Esprit d'équipe (un monocoque de 17,60 m). Eric Tabarly est le dernier à présenter un équipage tricolore, La Poste, lors de l'édition 1993-1994 (7e). Mais Sidney Gavignet peut se targuer d'avoir inscrit son nom au palmarès de l'épreuve en tant que chef de quart sur ABN Amro en 2006. Une édition à laquelle participait également Sébastien Josse en tant que skipper sur l'autre bateau néerlandais, ABN Amro II, quatrième d'une épreuve au cours de laquelle il aura eu la douleur de perdre un homme en mer. Franck Cammas et Groupama Pour la première fois depuis l'édition 1993-1994, un équipage français est donc de retour sur la « Whitbread ». Spécialiste du multicoque, Franck Cammas, qui a conclu 12 années de succès par un doublé retentissant à la barre de son maxi-trimaran en 2010, le Trophée Jules-Verne en équipage et la Route du Rhum en solo, a décidé de se lancer dans une nouvelle aventure avec son sponsor de toujours, Groupama. Une vraie révolution pour l'intéressé qui n'avait plus fait de monocoque à haut niveau depuis sa victoire sur la Solitaire du Figaro en 1997. A 38 ans, l'Aixois débarque dans un monde de spécialistes, comme peut l'être la Coupe de l'America en match-racing. Un risque ? "Sur cette course autour du monde en équipage, il n'y a jamais eu de projet aussi abouti en France, et même à l'étranger, avec cette culture, cette expérience cumulée de personnes que Franck a été cherchées", disait Thomas Coville à l'heure de rejoindre cette équipe. Pour sauter le pas, Cammas, pragmatique, s'est entouré de marins français pour leur connaissance du large (Coville, Israël, Nélias, Caudrelier...) mais aussi étrangers pour leur expertise de la Volvo Ocean Race (Foxall, Marsh, Krite, Stromberg, Harmer). Il a confié la conception de son VO70 à Juan Kouyoumdjian, architecte vainqueur des deux dernières éditions, un bateau imaginé pour le large. Les autres concurrents Jamais la course n'aura compté aussi peu de concurrent sur la ligne de départ. Outre Groupama, il n'y aura que cinq bateaux engagés pour cette 11e édition. Deuxième en 2009 (avec Sidney Gavignet à bord), Puma est de retour sur la course, toujours avec Ken Read aux manettes d'un plan Juan Kouyoumdjian. Un concurrent sérieux comme le sera Camper with Emirates Team New Zealand, qui, comme son nom l'indique, n'est autre que la fameuse équipe néo-zélandaise, menée sur cette campagne par Chris Nicholson. Telefonica, qui comptait deux bateaux lors de la précédente édition, ne fera plus qu'un, un concentré de talents dirigé par Iker Martinez, double médaillé olympique et deuxième de la Barcelona World Race. Deux nouvelles nationalités feront également leur apparition sur l'épreuve, les Emiratis d'Abu Dhabi Ocean Racing et les Chinois Team Sanya, deux équipages à première vue exotique mais sur lesquelles il faudra compter, pour preuve la présence du Britannique Ian Walker aux commandes du premier et celle du Néo-Zélandais Mike Sanderson, double vainqueur de la course, à la barre du second.