La Vieille Dame à l'âge critique

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La Vieille Dame à l'âge critique
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Alors qu'elle s'apprête à achever une deuxième saison ratée, la Juventus Turin est partagée entre l'impatience des tifosi, qui réclament la tête du coach Del Neri et des résultats immédiats, et la sagesse de son propriétaire, John Elkann, qui préfère la continuité et la réussite sur le long terme. Alors nouvelle rupture ou pérennité ? Le déplacement des Bianconeri à la Lazio Rome (35e journée), lundi, aidera sans doute les dirigeants à préciser leur choix.

Alors qu'elle s'apprête à achever une deuxième saison ratée, la Juventus Turin est partagée entre l'impatience des tifosi, qui réclament la tête du coach Del Neri et des résultats immédiats, et la sagesse de son propriétaire, John Elkann, qui préfère la continuité et la réussite sur le long terme. Alors nouvelle rupture ou pérennité ? Le déplacement des Bianconeri à la Lazio Rome (35e journée), lundi, aidera sans doute les dirigeants à préciser leur choix. "Il faudra trois ans pour que la Juve redevienne compétitive". Rendez-vous est pris par John Elkann, président d'Exor, propriétaire du club turinois. Lors d'une assemblée d'actionnaires, jeudi, le petit-fils du mythique Gianni Agnelli n'a pas vendu du rêve aux tifosi bianconeri. Et pour cause. La Juventus est en passe de terminer sa deuxième saison de suite à la 7e place. Autrement dit, "ciao" la Ligue des champions, et peut-être même la Ligue Europa. Un classement indigne, qu'elle n'avait plus occupé depuis l'exercice 1990-91, dans un championnat à 18 équipes - à l'exception de sa rétrogradation en Serie B en 2006-07, suite au Calciopoli. Mais si la Juve en est là, cela n'a rien à voir avec les conséquences du scandale des matches truqués. Troisième, puis deuxième de Serie A après sa remontée en 2007, la Vieille Dame n'a sombré qu'en 2009. Décidés à renouveler une équipe vieillissante, les dirigeants turinois ont prôné la rupture. Ils se sont peu à peu débarrassés de leurs cadres (Cannavaro, Camoranesi, Trezeguet) et surtout du coach Claudio Ranieri, pourtant artisan du retour en force de la Juve parmi l'élite, mais cible du vestiaire et des tifosi. Remercié à deux journées de la fin de l'exercice 2008-09, malgré des résultats probants, il avait été remplacé par Ciro Ferrara, lui-même viré huit mois après. Après l'intermède Alberto Zaccheroni en fin de saison dernière, les dirigeants avaient décidé de faire confiance à Luigi Del Neri, auteur de bons résultats avec le Chievo Vérone et la Sampdoria de Gênes. Mais le "mister" n'a guère fait mieux que ses prédécesseurs. Au point que les tifosi réclament son départ et que les médias italiens lui promettent la porte dès juin prochain. Buffon: "Del Neri mérite d'être confirmé" Roberto Mancini (Manchester City), André Villas Boas (FC Porto), Antonio Conte (Sienne) et Walter Mazzarri (Naples) sont annoncés par La Gazzetta dello Sport comme successeurs potentiels. John Elkann, lui, est plus prudent: "Je ne me prononce pas. Ce qui compte le plus, c'est la stabilité. Tout remettre en cause chaque année rend plus difficile la mise en place d'une équipe. Il faut du temps pour avoir une équipe plus jeune et plus compétitive. La Juve n'est pas encore rodée. Le renforcement de l'équipe est à l'étude." D'autant qu'au contraire de Ranieri à l'époque, Del Neri bénéficie du soutien du vestiaire. Notamment celui, et pas des moindres, du capitaine, "Gigi" Buffon. "C'est toujours le coach qui paye. Ça m'énerve. Nous devons battre la Lazio pour convaincre le club que nous avons un entraîneur courageux qui mérite d'être confirmé", a-t-il déclaré sur Sky Sports. Convaincre le club est une chose. Mais les tifosi... "Le message que je veux leur envoyer est d'avoir confiance", insiste Elkann. Et d'être patients.