La victoire et c'est tout

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La victoire et c'est tout
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Au terme d'une partie bien terne, le XV de France a pris le meilleur sur l'Argentine (15-9), lors de son deuxième test-match d'automne à Montpellier. Brouillons dans les phases offensives, les Tricolores ont trouvé leur salut grâce à la botte de Parra, aidé par un drop de Traille. L'affront de Buenos Aires n'est pas vraiment lavé. Place désormais à l'Australie samedi prochain au Stade de France.

Au terme d'une partie bien terne, le XV de France a pris le meilleur sur l'Argentine (15-9), lors de son deuxième test-match d'automne à Montpellier. Brouillons dans les phases offensives, les Tricolores ont trouvé leur salut grâce à la botte de Parra, aidé par un drop de Traille. L'affront de Buenos Aires n'est pas vraiment lavé. Place désormais à l'Australie samedi prochain au Stade de France. Cette fois, la pluie aura bon dos... Le ciel montpelliérain ayant eu le bon goût de retenir ses averses pour le coup d'envoi de ces retrouvailles entre cousins latins, les conditions, si ce n'est un ballon sans doute glissant, étaient au moins correctes ce samedi, à La Mosson. Où la victoire (15-9) aura été au rendez-vous pour les Bleus, qui ne pourront pourtant décemment pas se contenter de cette purge moche à pleurer... Non, les joueurs de Marc Lièvremont n'ont pas lavé l'affront de Buenos Aires et du stade Velez-Sarsfield, subie il y a cinq mois en tournée. Et c'est peu de le dire tant les Bleus ont semblé empruntés dès qu'il a fallu donner un minimum d'ampleur à leur jeu. Les Pumas ont perdu un match, mais Contepomi et sa bande repartent de l'Hérault avec autrement plus de certitudes sur la façon de faire déjouer leurs adversaires à un an de probables retrouvailles en quarts de finale de la prochaine Coupe du monde. Car le problème posé par l'Argentine reste entier côté français, où le pari du concours de biscottos, organisé par les sélectionneurs, a fini par faire « pschiiit »... Au point de voir Sébastien Chabal partout et même jouer au pied ! Un moyen peut-être, mais certainement pas une fin en soi. En France, on a des muscles, mais on en viendrait presque à dire qu'on n'a plus beaucoup d'idées en magasin. Chabal met la tête... et le pied Ah, les sélectionneurs ont voulu de l'impact, du lourd, du costaud ! Et bien les Bleus leur en donnent dans une entame tout feu tout flamme, pas toujours très maîtrisée, mais qui met les déboulés de Chabal en vitrine et place Dusautoir et ses coéquipiers dans le sens de la marche. Damien Traille a de l'envie à revendre, mais l'ouvreur bodybuildé de ce XV de France s'échine à attaquer la ligne, au détriment de la continuité du jeu. L'esprit d'initiative tricolore n'en est pas moins récompensé: première incursion dans les 22 mètres adverses et première pénalité transformée par Morgan Parra face aux barres (3-0, 11e). Un réalisme dont l'Argentine peut aussi se targuer, Felipe Contepomi, sur un en-avant tricolore, convertissant sa première tentative (3-3, 17e). De part et d'autre, l'envie de se défier physiquement semble prendre le pas sur l'expression collective. Les enchaînements sont trop rares et la bataille des rucks, comme souvent dans ces confrontations, fait rage. Les buteurs sont mis à contribution, mais ni Parra, qui touche du bois dans une position moyenne (19e), ni le Parisien Martin Rodriguez Gurruchaga sur la ligne médiane (22e) ne trouvent la cible. Souvent décousu, le combat âpre attendu ne fait pas défaut, et les Bleus, remis devant au score par un Parra cette fois réglé (6-3, 26e), s'y filent et repoussent les Pumas sur leur ligne d'essai. Un effort colossal sur penaltouche des avants tricolores, poussés par 32 000 spectateurs, qui met le pack adverse à la faute, mais ne valide pas l'essai que refuse la vidéo (29e). La Mosson, nettement plus séduisante au soutien de son équipe que lorsqu'elle siffle les buteurs argentins, réclame la poursuite de l'épreuve de force, mais les Tricolores préfèrent capitaliser sur Parra (9-3, 32e). Chaque mètre est un Everest à gravir et lorsqu'Aurélien Rougerie enrhume Contepomi pour percer la muraille argentine au coeur, c'est le soutien de la famille bleue qui manque cruellement (38e). A chercher à gagner à tout prix le combat physique, les Bleus n'ont-ils pas oublier de jouer? La question taraude ses supporters à la pause... D'autant que la crispation saisit tout un stade à la reprise quand Parra rate à nouveau les perches (44e) des 40 mètres, là où Contepomi sanctionne la faute au sol de Dusautoir sous ses poteaux (9-6, 47e). Il faut le drop de Traille dans la foulée pour retrouver un semblant de sérénité (12-6, 49e). Mais pour le reste, autant l'admettre, le jeu des trois-quarts français reste toujours porté disparu. Rien ou si peu à se mettre sous la dent... Alors ? Alors les gros, relancés par les rentrées de Ducalcon et de Thion, qui en mêlée fermée offrent trois points supplémentaires à Parra (15-6, 60e). Mais la menace, toujours incarnée par Contepomi, prompt à sanctionner les trop nombreux écarts de la défense tricolore, ici illustrée par Yohann Huget, pèse toujours (15-9, 62e), suffisamment pour empêcher ce tout petit XV de France de se libérer pour de bon. Le pensum durera bien jusqu'au bout et la victoire, n'en déplaise aux Bleus, est tout sauf belle.