La révolte des Italiens ?

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La révolte des Italiens ?
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Vainqueur au sommet de l'Etna dimanche, Alberto Contador a peut-être déjà remporté le Tour d'Italie à l'issue de la première semaine. L'Espagnol dispose en effet d'une avance confortable sur ses principaux rivaux et notamment les Transalpins Vincenzo Nibali et Michele Scarponi. Les leaders de la Liquigas et de la Lampre vont-ils allier leurs forces pour tenter de faire chuter le Castillan de son piédestal ?

Vainqueur au sommet de l'Etna dimanche, Alberto Contador a peut-être déjà remporté le Tour d'Italie à l'issue de la première semaine. L'Espagnol dispose en effet d'une avance confortable sur ses principaux rivaux et notamment les Transalpins Vincenzo Nibali et Michele Scarponi. Les leaders de la Liquigas et de la Lampre vont-ils allier leurs forces pour tenter de faire chuter le Castillan de son piédestal ? Vincenzo Nibali et Michele Scarponi n'ont pas vraiment dû apprécier comme il se doit la première journée de repos du Tour d'Italie 2011 prévue ce lundi. Car les deux coureurs italiens, candidats déclarés à la victoire finale dans ce Giro, ont connu une première semaine de course plutôt pénible, à l'issue de laquelle Alberto Contador est sorti comme le grand vainqueur. Ce n'est pas forcément une surprise de retrouver l'Espagnol avec le maillot rose sur le dos, tant celui-ci était considéré à juste titre comme le favori numéro un de l'épreuve, mais l'écart qu'il a déjà creusé - plus d'une minute - sur ses poursuivants en une seule montée, qui plus est plutôt roulante, celle de l'Etna dimanche, laisse songeur sur la capacité des autres coureurs à rivaliser avec le lauréat du Giro 2008. Pourtant peu à son aise mercredi lors de l'étape des Strade Bianche, puis vendredi lors de la première arrivée au sommet du Montevergine di Mercogliano, Contador, qui avait déjà grappillé de précieuses secondes samedi dans le final de l'étape de plat reliant Sapri à Tropea, a placé dimanche une attaque décisive à 6,8 km du sommet de l'Etna, qui a laissé sur place tous ses outsiders. Scarponi a bien tenté de réagir et est même parvenu à recoller au triple vainqueur du Tour de France avant d'être lâché et de perdre même huit secondes sur Nibali. Ce dernier, natif de Messine d'où avait été donné le départ de cette neuvième étape, comptait briller devant ses supporters. Mais le Sicilien n'a pas été en mesure de suivre le coureur de la Saxo Bank et n'a pu que limiter les dégâts. Quatrième et cinquième à 1'21" et 1'28" de Contador, les deux Italiens n'ont désormais plus beaucoup d'espoir de lui ravir le maillot rose. Une coalition contre Contador ? A moins qu'ils parviennent à s'associer pour faire chuter l'Espagnol. Les deux équipes dont ils sont les leaders, la Liquigas et la Lampre, auront encore beaucoup d'occasions pour espérer déstabiliser la Saxo-Bank de Contador, notamment lors de la 14e étape prévue samedi prochain avec les ascensions du Monte Crostis et du Monte Zoncolan, et lors de l'avant-dernier jour avec l'ascension vers Sestriere. Si les deux coureurs parviennent à unir leurs efforts, associés à d'autres candidats au podium tels que Roman Kreuziger (Astana) ou David Arroyo (Movistar), pour attaquer à tour de rôle l'Espagnol, ce dernier pourrait se retrouver dans une position bien délicate. Reste à savoir si les coureurs italiens, qui auront aussi à coeur de remporter une étape et d'assurer la meilleure place possible, parviendront à s'entendre sur une telle tactique plutôt que de jouer uniquement leur carte personnelle ? Habitué à avoir ce statut d'homme à battre, Alberto Contador a cependant l'expérience pour gérer ce type de situation et peut espérer arriver avec une avance confortable lors du contre-la-montre de Milan qui clôturera l'épreuve. "Je ne pensais pas prendre le maillot rose aujourd'hui, confiait le Madrilène dimanche à l'issue de son coup d'éclat. L'important était de faire la différence par rapport aux autres coureurs. Mais dès mardi, tout peut encore arriver". Volontairement prudent, le coureur de 28 ans sait qu'il ne devra pas se relâcher s'il veut remporter son sixième Grands Tours. A Scarponi, Nibali et consorts de prouver qu'ils sont en mesure de venir le titiller.