La piste de la peur

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La piste de la peur
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JO 2010 - Des athlètes ont renoncé à prendre la piste sur laquelle un lugeur est mort.

JO 2010 - Des athlètes ont renoncé à prendre la piste sur laquelle un lugeur est mort. Décriée depuis que le lugeur géorgien Nodar Koumaritachvili y a trouvé la mort durant un entraînement, le 12 février dernier, avant même l'ouverture officielle des Jeux Olympiques d'hiver 2010, la piste du Centre des sports de glisse de Whistler n'inspire toujours pas confiance malgré les modifications apportées par les organisateurs pour assurer sa sécurité. Lors des épreuves de bobsleigh, plusieurs incidents ont ainsi été répertoriés. Une situation qui a notamment poussé le pilote néerlandais Edwin van Calker à renoncer, mercredi, à s'aligner sur l'épreuve de bob à 4 prévue vendredi. "Certains disent que c'est une décision courageuse. D'autres que c'est de la peur. Je dois prendre soin de mes gars et je ne ferme pas les yeux. Pour moi, il ne s'agit pas d'une question de performance mais de survie", a-t-il regretté signant de fait le retrait de l'équipage néerlandais du concours. "C'est la conséquence de nombreux facteurs, dont son accident en bob à deux, l'accident tragique en luge masculine et des pressions familiales. Tout cela fait qu'Edwin n'a pas confiance dans son pilotage", a pour sa part analysé son entraîneur, Tom de la Hunty. Le CIO reconnaît sa responsabilité morale Un forfait qui, s'il ne concerne pas l'un des favoris au podium olympique, constitue toutefois un nouveau cas de désaffection après celui de la Lettonie alors que l'équipage australien a lui aussi signifié, mardi, son retrait de l'épreuve de bob à 4 après que deux de ses athlètes, Duncan Harvey et Duncan Pugh, ont été victimes d'un accident lors du concours à 2. L'équipe du Liechtenstein n'a quant à elle participé à aucune séance d'entraînement. Près de deux semaines après le drame dans l'épreuve de luge, le comité internationale olympique (CIO) a reconnu, jeudi, sa "responsabilité morale" dans l'accident précisant toutefois que "le CIO n'est pas légalement responsable de la piste" et rejetant la faute sur la fédération internationale. "La mort de Koumaritachvili laissera une ombre sur les Jeux. Elle fera partie des Jeux, tout comme ce qui s'était passé à Munich (prise d'otage de la délégation israélienne par des activistes palestiniens en 1972, ndlr), tout comme ce qui s'était passé à Atlanta (attentat à la bombe en 1996, ndlr)", a déclaré Jacques Rogge, le président du CIO, qui a prôné une révision des règlements des infrastructures pour les prochains Jeux d'hiver à Sotchi, en Russie, en 2014.