La philo selon Zidane

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La philo selon Zidane
@ REUTERS
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Le Qatar, son coup de boule, l’argent, etc. Zidane raconte tout dans un entretien à l’Equipe.

"Zizou" n'est pas le meilleur "client" de la presse. Il s’exprime rarement. Alors quand il accorde une interview fleuve au journal L’Equipe, ses paroles méritent d’être disséquées avec attention. Sa carrière, son altercation avec Materazzi, le Qatar : Europe1.fr vous compile les meilleurs extraits.

Le Qatar. Début décembre, la FIFA désignait le petit émirat du Golfe persique pour organiser la Coupe du monde de football en 2022. Quelques semaines plus tard, le quotidien australien Herald Tribune révélait que l’ancien numéro dix avait touché plus de 15 millions d’euros pour soutenir cette candidature. Faux et archi-faux selon "Zizou". "On a parlé de dix, onze, douze, treize millions d’euros… Je vais le dire clairement : c’est n’importe quoi. Ce n’est pas le quart de ces sommes". Alors combien ? "Pour des raisons de confidentialité, je ne peux pas vous le dire", avance Zidane avant de conclure : "je n’ai pas fait ça pour l’argent".

Alévêque et Noah. Après ces accusations, l’humoriste Christophe Alévêque avait violemment critiqué l’attitude de Zidane. Petite piqûre de rappel : "ce mec est un panneau publicitaire qui a trois neurones (…).Ce mec est une pute ! Ambassadeur de Danone... Qu’il crève dans le yaourt !". Des mots qui n’avaient pas plu à Zidane. Réponse immédiate du champion du monde avec une assignation en justice en prime pour Alévêque. Mercredi, il persiste et signe : "des gens essaient de pourrir mon nom pour faire parler d’eux. Cette hypocrisie m’insupporte". Quant à Yannick Noah, lui aussi, avait été très virulent avec l’ancien footballeur. Le chanteur avait estimé que ce soutien au Qatar "puait du cul". Zidane l’a appelé pour s’expliquer "directement avec lui".

Le coup de boule. Comment interviewer Zidane sans lui parler de son fameux coup de tête dans la poitrine de Marco Materazzi le jour de la finale de la Coupe du monde 2006. L’Equipe lui a demandé s’il était prêt à pardonner. Réponse sans équivoque de Zidane : "je ne veux pas m’excuser parce que j’ai été provoqué. Ce serait tendre une seconde fois la joue". Une petite pointe de regret quand même : "je ne suis pas fier de ce que j’ai fait". Mais Zidane fait comprendre qu’il est temps de tourner la page. Sa conclusion est directe : "je ne vais pas m’éterniser là-dessus".

Zidane-Materazzi, 930

© REUTERS

Les "cons" de l’équipe de France. En décembre, Michel Platini avait donné son avis sur l’épisode du bus de Knysna. "C’est des cons. Je les aurais suspendus à vie", avait déclaré l’ancien capitaine des Bleus à So Foot. "Zizou" n’est pas du même avis que "Platoche". S’il ne veut pas pardonner à Materazzi, il est prêt en revanche à donner l’absolution aux "mutins" de Knysna. "Ils ont payé, ils ont été sanctionnés", plaide Zidane. Et de poursuivre : "vous ne pouvez pas condamner plusieurs personnes à vie. Tout le monde a droit a une seconde chance".

La politique. Quand des footballeurs comme Lilian Thuram ont souvent donné leur avis sur la politique intérieure française, Zinédine Zidane, lui, est toujours resté discret. "Parfois, il vaut mieux se taire. Il vaut mieux faire les choses et ne pas en parler". Cette fois non plus, "Zizou" ne lâchera rien sur la situation politique française. Rien ou presque : "lorsqu’il y a des trucs qui ne vont pas, par exemple dans les quartiers, on pointe souvent les Arabes du doigt". Un commentaire qui mériterait plus ample explication. Mais Zidane ne s’étend pas sur le sujet. Il ne parle pas non plus des événements récents en Tunisie ou en Egypte. Fidèle à sa philosophie, il reste discret.

Le Brésil. Juste un dernier mot sur son expérience des France-Brésil. Un sujet sans polémique où il est beaucoup plus loquace. "A chaque fois que je parle du Brésil, j’ai un grand souvenir". Normal non ? Face à la Seleçao, "Zizou" glisse un petit conseil aux Bleus de Blanc : "il ne faut surtout pas les laisser jouer. Il faut aller les chatouiller".