La passion sans la raison ?

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La passion sans la raison ?
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Poussifs depuis le début de saison avec une victoire en deux levées, Bayonne et Toulon ont l'occasion de s'étalonner, vendredi soir, dans l'un des chocs de cette 3e journée de Top 14. Le recrutement ronflant de ces deux formations, avec des internationaux de poids venus des quatre coins d'Europe, leur permet d'espérer tirer leur épingle du jeu cette saison. A condition de ne pas retomber dans les travers du passé...

Poussifs depuis le début de saison avec une victoire en deux levées, Bayonne et Toulon ont l'occasion de s'étalonner, vendredi soir, dans l'un des chocs de cette 3e journée de Top 14. Le recrutement ronflant de ces deux formations, avec des internationaux de poids venus des quatre coins d'Europe, leur permet d'espérer tirer leur épingle du jeu cette saison. A condition de ne pas retomber dans les travers du passé... Du Sud-Ouest au Sud-Est, des bords de l'Atlantique à ceux de la Méditerranée, l'Aviron Bayonnais et le Racing Club de Toulon épousent une même et sinusoïdale trajectoire depuis plusieurs mois. Privés de barrages l'an dernier, à cause notamment d'une politique sportive quelque peu illisible, ces deux ambitieux aux dents longues n'ont pas l'intention de connaître pareille mésaventure au printemps prochain. Et se sont donné les moyens de leurs ambitions. Cette nouvelle ligne directrice s'est en effet traduite cet été par un renforcement de leur effectif, avec l'arrivée de plusieurs cadors internationaux, venus apporter leur expérience et leur talent à des postes clés et déficients. Des recrues, qui pour la plupart, devront attendre la fin du Mondial en Nouvelle-Zélande pour prouver leur valeur... Car depuis le début de saison, l'Aviron et le RCT sont bien obligés de faire sans leurs prestigieux renforts, Cédric Heymans et Mike Philips pour l'un, Alexis Palisson, Bakkies Botha et Matt Giteau pour l'autre. Sans compter les absences de plusieurs cadres pour des motifs aussi variés que ceux entrevus dans les carnets d'école. Au total, c'est une dizaine de forfaits avec lesquels les deux formations ont dû composer depuis leur entrée en lice dans ce Top 14, avec un bilan mitigé d'une victoire pour une défaite. Un démarrage très moyen pour lequel Christian Gajan, directeur sportif du club basque, et Mourad Boudjellal, président du club varois, ne se trouvent aucune excuse. Tout en espérant une rapide réaction. Boudjellal : "Aujourd'hui, le mal est peut-être fait" S'il n'y a pas encore péril en la demeure bayonnaise, le revers concédé sur le terrain du promu Bègles-Bordeaux (18-6), reste encore en travers des gorges. Les messages de prudence et d'humilité prônés par le groupe à l'aulne de cette nouvelle saison n'ont pas vraiment trouvé écho en Gironde, ce qui a eu le don d'agacer au plus haut point Gajan sitôt le match fini: "Ce revers est une déception à la hauteur de la qualité de l'adversaire. Je pensais qu'il n'y avait pas de petites équipes dans ce championnat, c'est le cas". Le manager basque a même trouvé l'explication de ces premiers maux: "C'est l'embourgeoisement peut-être dans lequel nous nous sommes installés, joueurs et staff. C'est la première des choses à rectifier". Autant dire que ces luxueux fauteuils de sénateurs ont été mis à la déchetterie et que les entraînements ont été surveillés de très près cette semaine. Peut-être pas autant que sur la Rade, où l'actualité du club a été accaparée par le coup de tabac essuyé lundi par l'entraîneur Philippe Saint-André. Aux yeux du président Boudjellal, PSA, propulsé successeur de Marc Lièvremont à la tête du XV de France avant même le début d'exercice, est en effet subitement passé du statut d'intouchable à celui de paria. La cause ? Une claque infligée par Clermont à Mayol (0-17) dont le boss du RCT a imputé entièrement la charge à son homme de terrain et à ses méthodes d'entraînement. "Peut-être qu'aujourd'hui, le mal est fait. Peut-être qu'aujourd'hui, le discours de Saint-André ne porte plus comme il portait avant", assénait-il samedi dernier. Difficile de travailler dans ces conditions même si Saint-André, soutenu par le syndicat, a promis de "mouiller le maillot jusqu'au bout". Avant de certainement payer l'addition sur l'autel du rendement...