La longue journée de Citroën

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La longue journée de Citroën
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Citroën a vécu une bien difficile journée ce vendredi sur les routes d'Alsace à l'occasion de la première étape du rallye de France. Le septuple champion du monde, Sébastien Loeb, a abandonné sur casse moteur dès la troisième spéciale et ne repartira pas samedi alors qu'Ogier a dû laisser les commandes de l'épreuve l'après-midi à Dani Sordo. Simple coup de bluff ? Peut-être mais le Gapençais s'est également plaint de son moteur. Les mécaniciens et techniciens de la firme française s'apprêtent à passer une nuit agitée...

Citroën a vécu une bien difficile journée ce vendredi sur les routes d'Alsace à l'occasion de la première étape du rallye de France. Le septuple champion du monde, Sébastien Loeb, a abandonné sur casse moteur dès la troisième spéciale et ne repartira pas samedi alors qu'Ogier a dû laisser les commandes de l'épreuve l'après-midi à Dani Sordo. Simple coup de bluff ? Peut-être mais le Gapençais s'est également plaint de son moteur. Les mécaniciens et techniciens de la firme française s'apprêtent à passer une nuit agitée... Et dire qu'il reste près de 200 kilomètres, 189,05 en spéciales chronométrées pour être précis. La première étape du rallye d'Alsace s'est avérée riche en émotions ce vendredi et promet déjà d'entrer dans le livre d'or de la saison 2011. Dès la troisième spéciale, toutes les cartes étaient déjà rebattues. Loeb, le maître de l'asphalte, l'enfant d'Haguenau où l'épreuve doit faire une incursion dimanche, se voit privé de fête et de course devant le siens en raison d'un moteur cassé avant même que la première matinée de rallye ne soit achevée. "C'est très simple, j'ai un voyant de pression d'huile qui s'est allumé", expliquait-il. "Dans le doute, on a appelé à la radio pour savoir quoi faire. Mais on savait très bien ce qu'il fallait normalement faire. On s'est arrêté." Une surprise de taille, une énorme déception aussi pour le septuple champion du monde qui rêvait d'un doublé ici, là où il avouait avoir vécu le plus beau souvenir de sa carrière l'an passé. Même Ogier n'en revenait toujours pas lors de l'arrêt au parc d'assistance à la mi-journée: "Il s'est passé beaucoup de choses, hélas pas un très bon début de course pour nous puisque Seb' a dû abandonner, à priori pour un problème moteur. Il y a un peu plus de pression sur nos épaules, il faut impérativement qu'on marque de gros points pour l'équipe. C'est un peu inhabituel sur asphalte puisqu'il gagne la plupart des épreuves. Le voir hors-jeu est une surprise pour tout le monde." Ogier se plaint aussi du moteur Que dire alors de l'après-midi ? Alors que les Ford avaient elles aussi craqué sur cette dantesque ES 3 au Pays d'Ormont, Hirvonen et Latvala perdant plus d'une minute suite à des sorties de route, Ogier se met d'un coup à sérieusement baisser de rythme. Coup de bluff afin de ne pas ouvrir la route samedi même si le balayage n'est pas aussi rédhibitoire sur asphalte que sur terre ? La donné semblait plausible tant les écarts entre le trio Solberg, Sordo et Ogier étaient minimes. Mais à la fin de la septième spéciale, l'avant-dernière du jour, l'ancien champion du monde junior lâche une confidence inquiétante: "Quelque chose ne va pas sur la voiture. Je ne pilote pas si mal mais il m'est impossible d'aller vite. J'ai un mauvais feeling avec mon moteur." De quoi faire craindre une contagion et un mal chronique au niveau du moteur de la DS 3 et une peur bleue pour Olivier Quesnel, le patron des sports de PSA déjà soumis à une hécatombe des blocs des Peugeot 908 aux 24 Heures du Mans 2010. D'autant que Citroën avait confirmé dans l'après-midi l'abandon définitif de Loeb privé de SuperRally et de points éventuels via la dernière spéciale dimanche, signant le premier abandon de l'Alsacien sur casse moteur depuis la Catalogne en 2004. La dernière spéciale du jour semblait toutefois redonner un peu de baume au coeur aux hommes au Chevron, Ogier, sans doute à l'affut du moindre bruit suspect, ne concédant que 3"2 sur Dani Sordo, ultime leader d'une journée totalement folle. Mais le Gapençais s'obstine alors devant les caméras du WRC: "Ce n'est pas la puissance habituelle. On peut être plus rapide que ça". Au général, le Français, troisième à 1"8 du deuxième, Solberg, n'est qu'à 2"8 du pilote Mini. Et les Ford affichent encore un retard d'une minute. De quoi voir venir dans l'optique du championnat à condition que les inspections des mécaniciens ne révèlent pas un mal plus profond à l'heure de défier les neuf spéciales au programme de samedi. Un rendez-vous dantesque qui propose notamment deux long passages par le Ballon d'Alsace. Loin de l'euphorie du septième titre de Loeb l'an passé, Citroën s'apprête donc à vivre un week-end des plus stressants sur les routes alsaciennes...