La Liga rime avec Barça

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La Liga rime avec Barça
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Double champion en titre, le FC Barcelone est bien parti pour réaliser la passe de trois. C'est le sentiment laissé par la formation catalane à l'issue d'une première partie de saison marquée notamment par une claque infligée au Real. Si Villarreal tente d'exister derrière le duo, le FC Séville a étrangement lâché prise. Et David Trezeguet de renaître à Alicante.

Double champion en titre, le FC Barcelone est bien parti pour réaliser la passe de trois. C'est le sentiment laissé par la formation catalane à l'issue d'une première partie de saison marquée notamment par une claque infligée au Real. Si Villarreal tente d'exister derrière le duo, le FC Séville a étrangement lâché prise. Et David Trezeguet de renaître à Alicante. Barça-Real, évidemment Doit-on finalement s'en lasser ? La rivalité entre le FC Barcelone et le Real Madrid peut effectivement user à la longue, même chez les plus grands passionnés de football, tant elle dure depuis des lustres. Chaque saison, la Liga nous sert le même menu: Barça ou Real comme entrée, plat ou dessert. Cela dit, quand on voit le jeu développé par la formation catalane, on oublie assez rapidement le manque d'intérêt du championnat espagnol. Les hommes de Pep Guardiola écrasent à nouveau la Liga par la richesse du jeu estampillé Barça. Le collectif, les passes courtes et les mouvements perpétuels du bloc, le tout soutenu par la technique et l'énorme talent des joueurs, font que les Blaugrana ont remporté 14 de leurs 16 matches de championnat, pour une seule défaite, concédée à domicile devant le promu Hercules de David Trezeguet (voir plus bas) lors de la 2e journée (0-2). En tête en cette fin d'année, Abidal et ses camarades champions du monde (Villa, Piqué, Busquets, Xavi, Iniesta, Pedro, Puyol, Victor Valdes) possèdent deux points d'avance sur un Real qu'ils ont encore corrigé cet automne. Le fameux Clasico, le vrai, a accouché d'une toute petite souris. Le 29 novembre, au Nou Camp, l'équipe de Mourinho a été battu 5-0 sans donner la moindre impression de pouvoir contrarier, ne serait-ce que quelques minutes, son adversaire. On pensait sincèrement que le coach portugais, comme il l'avait fait quelques mois plus tôt en Ligue des champions avec l'Inter, serait en mesure de briser la belle machine catalane. Ce sera peut-être pour le 17 avril à l'occasion de la 32e journée. En attendant, le duo va continuer de dominer la Liga. Comme d'habitude... Mourinho impuissant ? S'assoir sur le banc du Real Madrid signifie poser ses fesses sur un siège éjectable permanent. Même en cas de titre à la fin de la saison, le risque de se faire débarquer est loin d'être exclu, demandez à Capello ou Schuster virés respectivement en 2007 et 2008 après un sacre national. Jose Mourinho connaît très bien les pratiques du grand d'Espagne mais aucun défi ne lui fait peur, au contraire, il en demande toujours plus. Champion au Portugal, en Angleterre, en Italie, deux fois vainqueur de la Ligue des champions, le Portugais veut inscrire la Liga à son palmarès et enrayer au passage la suprématie du Barça, l'ennemi numéro un. Cela tombe bien, c'est également la mission que lui ont confiée les pontes du club madrilène, Florentino Perez, le président, en tête. Responsable à part entière du domaine sportif, l'entraîneur du Real a fait venir l'été dernier Ricardo Carvalho, Ozil, Khedira et Di Maria, appartenant tous d'ailleurs à son onze type. Les résultats ont été à la hauteur des attentes escomptées jusqu'au Clasico. Après la claque reçue en Catalogne (5-0), les Madrilènes ont perdu la tête de la Liga et les tensions en interne ont commencé à poindre, si l'on en croit les medias espagnols. Les relations entre Mourinho et Jorge Valdano, le directeur général, ne seraient pas très bonnes, voire exécrables. «Mou», comme le surnomme la presse espagnole (et italienne avant elle), reprocherait au champion du monde 1986, comme au président Perez, de ne pas assez défendre les joueurs. Un manque d'implication de la part de ses dirigeants que Mourinho a notamment évoqué après le dernier match de Liga de l'année contre le FC Séville (1-0). Il aurait même menacé de quitter Madrid si Valdano n'était pas remercié. Souhaitons pour les joueurs que ces désaccords en coulisse n'affectent pas leurs performances. Les Barcelonais ne s'en plaindront pas. Messi, toujours au top On ne s'en lassera pas. Si les «anciens» évoquent souvent Maradona comme le plus grand joueur de tous les temps, l'actuelle génération n'a pas de mal à lui opposer Lionel Messi. Argentin comme «El Pibe de Oro», le génie catalan continue d'imprégner tout son talent sur la formation de Pep Guardiola même si celle-ci puise sa force, on le sait, dans un superbe collectif. Mais quand la belle machine blaugrana tend à voir ses rouages coincer, les individualités viennent au secours. Et pour perforer une défense, Messi et son art du dribble est certainement le plus fort. Co-leader avec Cristiano Ronaldo (Real) du classement des buteurs, Leo Messi a frappé 17 fois en 14 matches de Liga avec cinq doublés et un triplé. Un bilan statistique complété par ses performances en Ligue des champions (six buts pour six matches disputés) et en coupe d'Espagne (un but en deux matches), soit au total 24 réalisations en 22 rencontres. Trezegol, le retour Soyons honnêtes, on ne s'y attendait pas vraiment. Et l'on s'est trompé. David Trezeguet a démontré que malgré les années, sa soif de jouer et de marquer était intacte. On aurait pu comprendre aisément qu'après 10 saisons passées à la Juventus Turin et autant, ou presque, au plus haut niveau international, une lassitude morale et physique s'installerait. De plus, son transfert conclu l'été dernier à Hercules, à 32 ans, était inscrit dans la case inconnue. Chez le promu, l'ancien Monégasque est redevenu Trezegol, inscrivant huit buts en 14 matches et autant de titularisations. C'est un de plus que lors de sa dernière saison sous les couleurs bianconeri (7 en 12 participations). Cette sorte de renaissance espagnole a regonflé le moral de l'ancien international. Champion du monde et d''Europe avec Laurent Blanc, l'homme aux 71 capes et 34 buts a lancé un message à son ancien coéquipier, avouant être toujours à la disposition de l'équipe de France. Sa dernière sélection remonte au 26 mars 2008, contre l'Angleterre. Séville, hors du coup Les Sévillans nous avaient habitués à mieux ces dernières saisons. Classée parmi les meilleures de la Liga derrière le Barça et le Real, l'équipe de Frédéric Kanouté et Luis Fabiano (fortement courtisé par l'OM l'été dernier) vit cette année un parcours plutôt pénible. Onzième du classement au moment de la trêve des confiseurs, la formation entraînée par Gregorio Manzano ne compte que six victoires en 16 rencontres pour huit défaites, deux fois plus que la saison dernière après autant de matches. Quatrième la saison dernière, le FC Séville devra cravacher pour espérer atteindre en fin d'exercice une place qualificative pour une compétition européenne. Et dans ce domaine, les affaires n'ont pas été plus brillantes avec cette élimination piteuse au tour préliminaire de la Ligue des champions face aux Portugais de Braga (0-1, 3-4).