La France prend un avertissement

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La France prend un avertissement
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C'est sur un très maigre bilan d'une médaille, de bronze pour l'équipage de Claire Leroy en match-racing, que l'équipe de France olympique s'apprête à revenir de Perth (Australie), où s'achèvent dimanche les Mondiaux ISAF. Si la délégation tricolore est parvenue à qualifier un représentant pour les JO de Londres dans les dix séries olympiques, elle a encore du pain sur la planche pour monter sur le podium dans sept mois à Weymouth...

C'est sur un très maigre bilan d'une médaille, de bronze pour l'équipage de Claire Leroy en match-racing, que l'équipe de France olympique s'apprête à revenir de Perth (Australie), où s'achèvent dimanche les Mondiaux ISAF. Si la délégation tricolore est parvenue à qualifier un représentant pour les JO de Londres dans les dix séries olympiques, elle a encore du pain sur la planche pour monter sur le podium dans sept mois à Weymouth... "Nous espérions faire la fête ce soir, mais ce ne sera pas le cas car demain, on se lève tôt et on travaille !" A peine connus les résultats français samedi lors de l'avant-dernière journée des Mondiaux ISAF de Perth, Jean-Pierre Champion, président de la Fédération française de voile, a donné le ton. Avec une seule médaille à son tableau de chasse, l'équipe de France est passée à côté de la compétition, elle qui vise ni plus ni moins que six breloques dans sept mois lors des Jeux olympiques de Londres. Certes, l'objectif premier, qui était de qualifier la France dans toutes les séries pour les Jeux, est rempli, mais «au rabais», dans la mesure où hormis Claire Leroy, passée tout près de la finale en match-racing féminin (nouvelle discipline olympique à Londres) et qui s'est bien reprise en remportant le bronze, les fers de lance tricolores ont déçu. La journée de samedi aura été particulièrement noire, puisqu'elle n'a permis qu'au seul Julien Bontemps de décrocher sa place pour la Medal Race, l'ultime manche de chaque série réunissant les dix premiers au classement et comptant double dans le classement final. Et encore, le médaillé d'argent des Jeux de Pékin, seulement dixième, ne prend que la dernière place qualificative, un résultat en-deçà de ses ambitions en débarquant en Australie. Même si le podium lui sera inaccessible, Julien Bontemps aura au moins le mérite de disputer la Medal Race, au contraire de Jean-Baptiste Bernaz, 12e en Laser, de Manu Dyen et Stéphane Christidis, qui ont dégringolé au 18e rang en 49er, mais également des tandems Ingrid Petitjean-Nadège Douroux et Camille Lecointre-Mathilde Geron, 11e et 13e en 470 féminin. La semaine dernière, c'est le Laser Radial (féminin) qui avait apporté son lot de déceptions, Sophie de Turckheim et Sarah Steyaert, seulement 21e et 22e, passant complètement à côté de leur sujet, alors qu'elles font partie des meilleures spécialistes mondiales de la série. C'est grave, docteur ? La sélection olympique annoncée le 6 janvier Pour Philippe Gouard, le directeur technique national, la concurrence interne explique en partie ces résultats décevants, le but pour certains sélectionnés étant aussi de terminer devant leurs rivaux français pour figurer dans la sélection finale pour les Jeux qui sera annoncée le 6 janvier: "Les sélections ont perturbé le Mondial. Les duels franco-français nuisent au résultat. On avait dit qu'on ne voulait pas ça, mais c'est malheureusement inévitable et ça entache le résultat final. En 470 féminin, c'est très clair aujourd'hui. Elles font toutes les deux des manches de 18 ou 19 et se suivent. Il y avait beaucoup d'enjeux sur ce Mondial: d'une part, la pression normale d'un Mondial, d'autre part, la sélection de la nation et enfin, la sélection individuelle." Résultat: certains ont passé plus de temps à se marquer qu'à tenter de jouer le résultat final, et du coup, le bilan est très mitigé avec une seule médaille pour Claire Leroy, et six séries sur dix terminées dans le Top 10 (Claire Leroy en match-racing, Nicolas Charbonnier-Jérémie Mion et Vincent Garos-Pierre Leboucher, 5e et 6e en 470 masculin, Charline Picon 5e en planche féminine, Julien Bontemps, au moins 10e en planche masculine, Jonathan Lobert 6e en Finn, Xavier Rohart-Pierre-Alexis Ponsot et Guillaume Florent-Pascal Rambeau, 7e et 9e en Star). De quoi alerter Jean-Pierre Champion, patron de la FFV: "Il y a beaucoup de déception et un peu d'amertume. Après la victoire sur le Coupe du monde 2010, nous montrons nos faiblesses cette année. C'est à nous de les corriger. C'est échec peut-être salutaire, mais ce n'est pas agréable du tout." L'échec conduira-t-il Philippe Gouard à revoir ses ambitions à la baisse, lui qui avait convoqué la presse début novembre pour lui présenter un objectif très ambitieux de six médailles olympiques (du jamais vu depuis... 1900) ? Toujours est-il que l'intéressé a deux semaines pour débriefer cet échec et annoncer sa sélection (*) pour les JO. "Je vais faire un point avec les coureurs et les entraîneurs avant leur départ et je referai un point le 4 janvier pour annoncer les sélectionnés le 6 janvier. Mon objectif est de donner tous les sélectionnés, mais si je pense qu'il n'y a pas de possibilité de médaille dans une série ou une autre, je reporterai." Une chose est certaine: après le 6 janvier, il sera temps pour les sélectionnés olympiques de ne penser qu'à une chose: Weymouth... (*) La sélection probable: Julien Bontemps (planche RS:X), Charline Picon (planche RS:X), Jonathan Lobert (Finn), Claire Leroy (match-racing féminin), Nicolas Charbonnier-Jérémie Mion ou Vincent Garos-Pierre Leboucher (470 masculin), Ingrid Petitjean-Nadège Douroux ou Camille Lecointre-Mathilde Geron (470 féminin), Xavier Rohart-Pierre-Alexis Ponsot ou Guillaume Florent-Pascal Rambeau (Star), Jean-Baptiste Bernaz (Laser), Sophie de Turckheim ou Sarah Steyaert (Laser Radial), Manu Dyen-Stéphane Christidis (49er).