La France entre raison et ambition

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La France entre raison et ambition
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Meilleure nation européenne en 2010, forte de sa moisson de 21 médailles obtenues à Budapest lors des Championnats d'Europe, l'équipe de France espère s'inscrire dans cette dynamique et conserver ce statut à Shanghai, théâtre des Mondiaux 2011. Mais dans un contexte beaucoup plus relevé, l'encadrement tricolore appelle à la raison à un an des Jeux Olympiques de Londres.

Meilleure nation européenne en 2010, forte de sa moisson de 21 médailles obtenues à Budapest lors des Championnats d'Europe, l'équipe de France espère s'inscrire dans cette dynamique et conserver ce statut à Shanghai, théâtre des Mondiaux 2011. Mais dans un contexte beaucoup plus relevé, l'encadrement tricolore appelle à la raison à un an des Jeux Olympiques de Londres. De Budapest à Londres, la France fait escale cet été à Shanghai, reposant le pied sur le sol chinois, trois ans après les JO de Pékin qui avaient sacré Alain Bernard et envoyé Laure Manaudou à la retraite. Depuis le visage de l'équipe de France a quelque peu changé: l'Antibois fait face à une concurrence accrue de requins-sprinteurs, le sourire de maman Manaudou sur le retour a été remplacé par celui de Camille Lacourt, la nouvelle belle gueule de la natation tricolore, et Camille Muffat a pris le relais de l'ancienne icône sur le terrain des performances féminines. Surtout, la France est devenue l'été dernier à Budapest la première natation européenne au terme d'une démonstration de force lors de l'Euro en grand bassin (21 médailles dont huit titres), un statut auquel elle a fait honneur en décembre à Dubaï lors des Mondiaux en petit bassin (cinquième nation avec huit médailles dont trois titres). Dans un autre contexte, forcément plus relevé, qui plus est en Chine qui rêve chez elle de marcher sur les plates-bandes des Etats-Unis, Lionel Horter, le responsable technique de cette équipe de France, souhaite que sa troupe "confirme ses résultats de l'été dernier" sans demander l'impossible à un an des Jeux Olympiques. "L'enjeu pour nous est d'être dans la bonne tendance. Il y a la même différence d'écart entre un championnat d'Europe et un championnat du monde qu'entre un championnat de France et un championnat d'Europe. On sait qu'on a une équipe forte, peut-être la plus belle que la France n'a jamais connue, avec des jeunes de talent et des nageurs expérimentés qui savent dynamiser le groupe. On va essayer de tirer notre épingle du jeu." Un titre, au moins... Avec quelles ambitions ? L'entraîneur de Sébastien Rouault (400m, 800m, 1500m, 4x200m NL) à Mulhouse laisse la parole à Christian Donzé, le DTN "dont c'est la responsabilité politique d'affichage de parler de ce genre de choses". Lequel, s'il ne goûte pas l'exercice, s'y plie: "Je pense qu'un championnat du monde réussi, c'est un titre. A Rome (lors des Mondiaux 2009, ndlr), on avait réussi un bon bilan comptable sans titre (six médailles dont trois en argent et trois en bronze, ndlr), on doit avoir la même ambition au niveau comptable mais avec un titre." Depuis 1973 et la création des Mondiaux, seules les nageuses françaises sont parvenues à faire résonner La Marseillaise (Maracineanu, 200m dos, en 1998 ; Figuès, 200m nage libre, en 2005 ; Manaudou, 400m, en 2005 et 2007, 200m en 2007). La retraite de Manaudou a laissé un vide en 2009 que Camille Muffat, recentrée sur les épreuves de nage libre et enfin libérée par son titre en petit bassin sur 200m à Dubaï, espère combler après avoir retenu les erreurs du passé. "Je sais dans quel état il ne faut pas être, je sais à quoi il ne faut pas penser", souligne la Niçoise, passée à côté à Budapest, démoralisée au point d'envisager de tout plaquer mais aujourd'hui impatiente d'ouvrir le bal sur 400m dimanche. "Physiquement, mentalement, je n'ai aucun doute. Je vais essayer de ne pas faire une montagne de ces Championnats du monde. Ce n'est rien de très différent d'un meeting. Il est temps de savoir gérer cette pression." Comme il serait temps que les garçons se hissent à leur tour sur la plus haute marche d'un podium mondial. "Je ne me prends pas pour un prophète mais ce premier titre masculin va arriver tôt ou tard", espère Lionel Horter. Les atouts tricolores sont nombreux, tant collectivement (relais 4x100 NL, 4x100 4 nages et 4x200 NL) qu'individuellement avec Yannick Agnel (200 et 400m nage libre), Fabien Gilot (100m nage libre), Frédérick Bousquet (50m nage libre), Sébastien Rouault (800 et 1500m nage libre), Hugues Duboscq (100 et 200m brasse) ou encore Camille Lacourt (50 et 100m dos), le seul Bleu à se présenter à Shanghai en tête des bilans mondiaux. "Je m'entraîne six heures par jour pour être en tête des bilans, je ne vais pas rougir aujourd'hui d'être arrivé. Mais à la veille de la compétition, tous les bilans s'annulent. Il va falloir être bon. Je ne veux surtout rien regretter", dit le Narbonnais du Cercle des Nageurs de Marseille. "Ça fait plaisir d'être suivi par beaucoup de gens mais je n'ai pas envie de me mettre plus de pression que cela, ça ne pourrait que me faire du mal." Et le dossiste de se faire le premier supporteur du relais 4x100m nage libre après y avoir mis le feu fin juin: "J'espère vraiment que ce 4x100 va enfin gagner ce titre. Ils ont le potentiel. J'aimerais beaucoup qu'ils gagnent, que ce soit pour eux ou pour l'équipe de France qui partirait sur une belle lancée." Jusqu'à Londres et les JO 2012...