La France a son "Big Two"

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La France a son "Big Two"
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De trois têtes d'affiche, elles sont passées à deux. Sans Teddy Tamgho, qui a déclaré forfait pour une légère blessure, l'équipe de France comptera avant tout sur Christophe Lemaitre et Renaud Lavillenie pour la tirer dans son sillage, ce week-end lors des championnats d'Europe par équipes. Alors que Lemaitre, en pleine bourre, va tripler 100 m, 200 m et 4x100 m, Lavillenie devra assurer l'or.

De trois têtes d'affiche, elles sont passées à deux. Sans Teddy Tamgho, qui a déclaré forfait pour une légère blessure, l'équipe de France comptera avant tout sur Christophe Lemaitre et Renaud Lavillenie pour la tirer dans son sillage, ce week-end lors des championnats d'Europe par équipes. Alors que Lemaitre, en pleine bourre, va tripler 100 m, 200 m et 4x100 m, Lavillenie devra assurer l'or. Pour l'un, il s'agira de surfer sur la vague. Pour l'autre, il faudra juste éviter de la reprendre en pleine face. Christophe Lemaitre et Renaud Lavillenie seront les incontestables stars de l'équipe de France ce week-end à Stockholm, à l'occasion des championnats d'Europe par équipes. Un "Big Two" qui aurait dû être un "Big Three", si Teddy Tamgho n'avait pas décliné l'invitation mercredi, par mesure de précaution après une petite blessure à la cheville droite. Rien de bien méchant, ce qui laisse surtout penser que l'absence de son principal rival, le Britannique Phillips Idowu, a démotivé le Français pour cette épreuve de triple saut qui ne sera probablement pas la plus excitante de la saison. Tamgho n'aidera donc pas l'équipe de France, et laisse ses deux camarades porter l'étendard français le plus haut possible. Très loin de la meilleure performance mondiale sur 100 m - réalisée en 9"79 par Tyson Gay à Clermont, en Floride - Christophe Lemaitre n'en est pas moins le représentant n°1 de l'athlétisme français. Face à Dwain Chambers, l'Annécien sera largement favori en Suède. En pleine bourre, le champion d'Europe en titre a accroché Usain Bolt et Asafa Powell à Rome, lors du meeting de Diamond League, le 26 mai dernier. Quand les deux Jamaïcains terminaient respectivement en 9"91 et 9"93, le Français prenait la troisième place en 10" pile. Surtout, Lemaitre reste sur un nouveau record de France, réalisé à Montreuil en 9"96 le 7 juin. Lavillenie: "Cette année va me permettre d'en découdre""9"96, je n'y croyais pas moi-même, nous indiquait-il au lendemain de sa performance. Faire 9"96 dans ces conditions et avec des fautes techniques, c'est encourageant. Il faut que je travaille notamment la fin de course pour mettre du rythme." Grâce à ce temps canon, Lemaitre s'est définitivement envolé en tête des bilans européens de l'année, dont il avait déjà pris le commandement grâce à son temps à Rome. Mais Daegu, c'est demain, et Lemaitre pointe à 17 centièmes de la meilleure performance mondiale de l'année de Gay. "Ce sera le plus audacieux et le plus rapide qui entrera en finale des Mondiaux. On va tous tout faire pour être au top. Mais ce n'est pas forcément le plus rapide qui gagne, on l'a vu dans le passé." Alors que Lemaitre aura l'occasion de frapper un nouveau coup ce week-end, en triplant comme à ses belles heures barcelonaises avec des participations au 100 m, au 200 m et au relais 4x100 m, Lavillenie devra lui simplement confirmer. Cette finale évoquée par Lemaitre, le perchiste n'a presque même pas à y penser. En tout cas pas pour y participer. Mais juste pour la gagner. Terrassé samedi dernier par un vent contraire à New York, qui l'a cloué à une barre de 5,45 m, Lavillenie va surtout chercher à se rassurer. "Je n'ai pas encore de titre mondial, donc je suis un peu en retrait par rapport à Hooker là-dessus mais sur le bilan de la saison passée, j'arrive à équivalence, nous confiait ainsi le perchiste au lendemain de ses 5,83 m à Montreuil, soit la meilleure performance de l'année. Cette année va me permettre d'en découdre." L'Allemand Malte Mohr a les moyens de l'inquiéter à Stockholm, lui qui a franchi une barre à 5,81 m, le 6 mai à Doha. Mais Lavillenie, bien sûr, pense avant tout à Daegu. Et à Steven Hooker. "A entendre le monde de l'athlétisme, on me place avec Hooker comme leader de la discipline, il n'y pas de raison que je me mette en retrait. C'est sûr que c'est excitant et grisant de se dire que je suis numéro 1 mondial, on fait tout pour y rester, c'est stimulant." Dimanche, toute autre place que la première serait donc considérée comme un véritable échec. Comme Lemaitre, Lavillenie est devenu l'homme à battre. Au moins en Europe.