La FIFA à l'heure des choix

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La FIFA à l'heure des choix
@ Montage Reuters
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COUPE DU MONDE - Les pays hôtes de 2018 et 2022 sont désignés jeudi. Les forces en présence.

Malgré les affaires qui l'ont secouée ces derniers jours, la FIFA a décidé de maintenir à ce jeudi l'annonce de la désignation des pays hôtes pour les éditions 2018 et 2022 de la Coupe du monde. Mercredi, l'instance internationale a entendu les représentants des pays candidats pour l'édition 2022 : l'Australie, la Corée du Sud, le Qatar, les Etats-Unis et le Japon. Jeudi matin, c'est au tour des candidats à la Coupe du monde 2018 : Belgique/Pays-Bas, Espagne/Portugal, Angleterre et Russie. Europe1.fr a listé les "plus" et les "moins" des huit dossiers.

2018 : la bataille de l'Europe

Belgique/Pays-Bas, "small is beautiful"

Les + :
La taille. Avec 13 des 22 membres du comité exécutif issus de "petites nations", la Belgique et les Pays-Bas peuvent capitaliser sur leur statut de "petit pays". Demandez donc au président de l'UEFA, Michel Platini, si le vote des petits pays n'est pas important dans le cadre d'une élection...
La position. Situés en plein coeur de l'Europe, la Belgique et les Pays-Bas, qui ont l'expérience commune de l'Euro 2000 organisé ensemble, peuvent se targuer d'être le carrefour du continent. Le même genre d'argument que Lille pour les JO 2004...

Les - :
L'instabilité politique. La FIFA aime les choses claires et carrées. Et depuis juin dernier, on en peut pas dire que la situation politique en Belgique soit très rassurante de ce point de vue...
Le mot de Blatter. Il y a un an, le président de la FIFA Sepp Blatter a qualifié la candidature de "sympathique". C'est un peu comme en amour, être qualifié de "sympathique" n'est jamais très bon signe...

Espagne/Portugal, le football-roi

Les + :
Le savoir-faire. Mondial 1982, JO 92 (Espagne), Euro 2004 (Portugal). A chaque décennie, la péninsule a montré ses qualités d'organisatrice. 2018 serait la suite logique.
La passion. Barcelone, Madrid, Lisbonne, Porto... Espagnols et Portugais vivent et respirent football. La FIFA estime même à 3,7 millions le nombre de billets potentiellement vendus. Soit 300.000 de mieux qu'en Angleterre.

Les - :
La liaison Madrid-Lisbonne. La ligne TGV entre les deux capitales n'en est qu'à l'état de projet. Et l'opposition au parlement portugais réclame le gel des grands investissement publics...
Les soupçons de collusion. Les deux pays se seraient mis d'accord pour voter pour le Qatar pour l'édition 2022. Et vice-versa. La FIFA a passé l'éponge sur ces rumeurs, mais peut-être pas tous leurs membres...

Angleterre, retour au berceau

Les + :
Le pays du football. L'Angleterre, où est né le football, n'a plus accueilli la Coupe du monde depuis 1966. Dans le même laps de temps, le Mexique et l'Allemagne l'ont organisée deux fois...
Des soutiens sans faille. Du Premier ministre, David Cameron, à l'ancien capitaine David Beckham, tout le monde politique et sportif est derrière "England2018". Cette "unanimité" avait servi les intérêts de Londres 2012.

Les - :
La BBC. La chaîne publique anglaise a diffusé lundi un documentaire stigmatisant les comportements des présidents de la confédération africaine et sud-américaine entre 1989 et 1999. C'est elle aussi qui avait révélé que deux membres du comité exécutif avaient tenté de monnayer leur voix. Bref, FIFA et BBC, ça fait deux...
Lord Triesman. Président du comité de candidature, il a dû démissionner après avoir proféré des accusations de corruption contre ses concurrents espagnols et russes. Ça non plus, ce n'est pas très bien vu.

Russie, la real politik

Les + :
Vladimir Poutine. Même s'il ne sera pas du déplacement à Zurich jeudi, "pour ne pas faire pression", le Premier ministre russe a apporté un soutien sans faille à la candidature de son pays. Et il a déjà Sotchi 2014 dans sa besace...
Des prix cassés. Le problème de la Russie, ce sont les distances. Alors, certaines compagnies aériennes ont déjà annoncé des prix réduits sur les déplacements vers les villes-hôtes, toutes situées dans la partie européenne.

Les - :
Les longues distances. Malgré les prix réduits, les supporters de football ont-ils l'habitude de se déplacer en avion entre deux matches ? La réponse est non.
Les stades. Le stade Luzhniki est le seul stade à pouvoir accueillir, en l'état, des matches de Coupe du monde. Et encore, il faudra changer la pelouse, synthétique, pour du gazon naturel...

2022 : les USA pas en terrain conquis

Australie, territoire vierge

Les + :
Une première. Comme le CIO en 2016 avec le Brésil, la FIFA pourrait être tenté de "marquer le coup" en offrant à l'Océanie sa première Coupe du monde de l'histoire.
Le confort. L'Australie offre des garanties d'organisation et de sécurité quasiment optimales. Deux arguments de poids.

Les - :
Les horaires. Les grandes affiches à 6h30 du matin, ça vous excite ? Non. La FIFA, qui sait que ses principaux marchés sont en Europe en aux Amériques, a forcément à l'esprit ce décalage horaire un poil "négatif"...
Les températures. Durant l'hiver austral, les températures peuvent chuter jusqu'à -10°C. Une Coupe du monde avec bas, gants et bonnets, on a quand même un peu de mal à l'imaginer...

Corée du Sud, la vague rouge

Les + :
Le soutien populaire. Un match de Coupe du monde vécu sur grand écran dans les rues de Séoul, mêmes les plus réfractaires au ballon rond se laissent charmer. De la pure communion (folie ?) collective.
Tout est prêt. Co-organisateur en 2002, la Corée du Sud dispose déjà de tous les atouts dans sa manche, stades comme réseau de transport.

Les - :
Vingt ans. C'est la durée qui sépare la Coupe du monde 2002 de celle de 2022. La FIFA peut juger, à raison, que ce délai est beaucoup trop court pour être honnête...
La Corée du Nord. Les tensions politiques avec le voisin pourraient plomber définitivement la candidature sud-coréenne. Et dire que le président Han Sung-joo avait promis d'impliquer le Nord dans l'organisation de la compétition...

Qatar, sous climatiseur

Les + :
Une candidature "citoyenne". Les stades construits pour le Mondial seront démontées après le Mondial... pour être ensuite offert à des pays en développement.
Une candidature "chaleureuse". Le Qatar est le plus petit pays à s'être jamais porté candidat. Une aubaine pour communiquer sur le peu de déplacements des supporters, qui pourraient ainsi facilement assisté à deux matches par jour.

Les - :
Trop petit. Le Qatar présente une superficie de 11.400 km2. Vous imaginez une Coupe du monde qui ne se déroulerait qu'en Île-de-France ? Non ? Et bien, la FIFA non plus.
Trop chaud. 45° C. C'est une température courante en juin et juillet au Qatar. Même si le pays met en avant des stades climatisés fonctionnant à l'énergie solaire, cela risque de poser des soucis de déshydratation. Y compris pour les supporters anglais.

Etats-Unis, 28 ans après

Les + :
La Coupe du monde 1994. Annoncée comme un flop, cette édition reste celle qui a attiré le plus de spectateurs, avec 69.000 spectateurs de moyenne par match.
Les Etats-Unis. Stades fonctionnels, aéroports multiples, hôtels de premier choix, réseau routier optimal, sponsors officiels , Coca-cola, les Etats-Unis en somme.

Les - :
Une cible. La sécurité est toujours un enjeu fort dès qu'il s'agit d'organiser une compétition sur le sol américain. L'incertitude sur la situation géopolitique en 2022 pourrait être préjudiciable au dossier.
Le soccer. Malgré sa forte implantation chez les femmes et certaines minorités, hispaniques notaemment, le "soccer" demeure un sport mineur dans la culture américaine par rapport aux géants que sont le base-ball ou le football américain.

Le Japon, passé et futur

Les + :
Techno. Des images en relief des matches projetées sur des terrains à l'autre bout du monde, c'est le projet un peu fou proposé par le Japon, qui a énormément misé sur la 3D. Les membres (relativement âgés) du comité exécutif de la FIFA y seront-ils sensibles ?
Didactique. Les Japonais veulent inviter lors de cette Coupe du monde plusieurs milliers d'enfants dans l'archipel, avec visite des sites des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki.

Les - :
Trop tôt ? La candidature japonaise, axée sur les nouvelles technologies, intervient peut-être un peu tôt. Un peu tôt aussi après la co-organisation avec la Corée du Sud de l'édition 2002.
Trop mous ? Le manque de charisme des défenseurs du dossier avaient, semble-t-il, joué un tour à la candidature de Tokyo pour les JO de 2016. Mêmes causes, mêmes effets ?