La FFR veut son Grand Stade

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La FFR veut son Grand Stade
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L'ambition du rugby français n'est pas seulement portée par les Bleus de Lièvremont. Jeudi, depuis le CNR de Marcoussis, Pierre Camou, le président de la Fédération française (FFR), a acté la première phase d'un projet qui doit à l'horizon 2017 permettre de doter la FFR, soucieuse d'acquérir son indépendance, d'un Grand Stade de 80 000 places pour un coût estimé à 600 millions d'euros.

L'ambition du rugby français n'est pas seulement portée par les Bleus de Lièvremont. Jeudi, depuis le CNR de Marcoussis, Pierre Camou, le président de la Fédération française (FFR), a acté la première phase d'un projet qui doit à l'horizon 2017 permettre de doter la FFR, soucieuse d'acquérir son indépendance, d'un Grand Stade de 80 000 places pour un coût estimé à 600 millions d'euros. "Soyons raisonnables, exigeons l'impossible." Comme il aime à le rappeler, Pierre Camou, en tant qu'ancien de mai 68, ne se fixe pas de limites et n'hésite pas à voir grand pour le rugby français. "Je crois que le rugby et la Fédération de rugby sont une entreprise", a déclaré ce jeudi, depuis le CNR de Marcoussis, le président de la FFR, au cours d'une conférence de presse destinée à confirmer la volonté de la Fédération de se doter de son propre stade afin d'assurer son indépendance. Une enceinte que Camou espère voir surgir de terre à l'horizon 2017 moyennant un coût de 600 millions d'euros. "Je crois qu'une entreprise, pour grandir, doit avoir son outil de travail, doit avoir la maîtrise d'elle-même, et l'outil de travail est le début de la maîtrise", a poursuivi un Pierre Camou presque lyrique. "Je crois que pour grandir, une fédération, comme une entreprise, doit être libre et indépendante. Elle ne doit pas en permanence demander la permission. La vision que je porte, c'est une vision à 50 ans." Etranglée par la convention qui la lie au Consortium Stade de France jusqu'en 2013, la FFR aspire, à l'instar de ses homologues celte ou anglaise, à disposer de sa propre enceinte. Cette ambition déclarée pourrait passer pour une manière de dénoncer ladite convention, véritable fil à la patte, qui a fait perdre à la Fédération la moitié des recettes des matches du XV de France, dont la plupart se jouent à Saint-Denis, soit environ 160 millions d'euros en dix ans ! "Imaginez ce que nous aurions pu faire avec", lâche Serge Blanco. 4 premières villes candidates L'ancien président de la Ligue, maître d'oeuvre de la première phase du projet approuvé jeudi par le comité directeur, nie, à l'instar de Camou, toute velléité de conflit avec le Consortium, "mais on n'a pas envie d'être un rugby SDF". Et Blanco de rappeler notamment qu'en 2009, la finale du Top 14 avait dû être décalée de mai à juin parce que le Stade de France, où elle doit être disputée aux termes de la convention avec le consortium, avait été réservé à... un concert de Johnny Hallyday. Les deux hommes ont précisé que quatre municipalités étaient d'ores et déjà intéressées: Massy, Sénart, Bondoufle et Marne-la-Vallée, toutes situées en région parisienne. Quatre premiers candidats qui ont proposé onze sites au total, mais Pierre Camou a souligné que le projet ne se limitait pas à l'Ile-de-France et que d'autres candidatures seraient examinées si elles se présentaient. On voit mal toutefois comment le projet pourrait s'avérer fiable, notamment en matière de financement, en dehors de l'Ile-de-France. Un "business-plan" dont Camou, en tant qu'ancien banquier, précise qu'il a été pensé sans aucune subvention publique, même si elles sont les bienvenues... En l'état actuel, le stade du rugby français, dont le seuil de rentabilité, selon les premières études, se situerait autour de 17 à 20 manifestations par an, matches de rugby ou autres, devrait proposer 80 000 places, avoir un toit et une pelouse rétractables et des "espaces diversifiés pour tout public". "Nous voulons bâtir un stade, une agora, une enceinte sportive, culturelle et artistique pour l'ensemble du sport français", souligne encore Camou, soucieux du caractère multifonctionnel de la future enceinte. "En 1999, à Rodez, lorsqu'on avait proposé 40 millions d'euros pour le futur CNR de Marcoussis, on nous avait pris pour des fous", rappelle-t-il. "Si nous n'avons pas d'utopie raisonnée, qu'est-ce qu'on construit ? Si le rêve ne nous habite pas, que devient-on ? Si l'ambition n'est pas là avec une volonté affirmée, raisonnée, que sommes-nous ?" Si soulever la Coupe William-Webb-Ellis en Nouvelle Zélande l'an prochain en est un, le rugby français ce jeudi a fait un autre rêve...